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Les experts financiers recommandent – Sterling Rempel

20 octobre 2014 | Sterling Rempel | Commenter

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C’est dommage que le mari d’Élise soit décédé sans laisser de testament… et ce serait encore plus dommage qu’Élise fasse de même! A-t-elle un testament, une procuration perpétuelle et des instructions personnelles? Si elle devenait inapte, son fils aurait-il le pouvoir de s’occuper de ses affaires? Je réglerais ces questions le plus rapidement possible.

Un autre sujet de préoccupation : si Élise continue à dépenser au même rythme que par le passé, elle va s’enfoncer financièrement.

Lorsqu’ils manquent de liquidités, la plupart des gens pensent à réduire leurs dépenses. Mais il y a aussi la possibilité d’augmenter les revenus. Le salaire de 40 000 $ d’Élise semble peu élevé. Elle devrait penser à proposer ses services à d’autres cabinets, ou même à regarder dans son propre cabinet; elle pourrait occuper un poste mieux rémunéré.

Par ailleurs, une personne de moins habitant maintenant chez elle, il serait donc possible de louer une partie de la maison, par exemple à un étudiant en médecine, comme son fils. Un revenu de location l’aideraient à rembourser son prêt hypothécaire.

Élise pourrait en outre envisager de vendre sa maison et d’utiliser le produit pour acheter un condo, mais dans la plupart des marchés immobiliers canadiens, elle n’économiserait pas forcément beaucoup d’argent.

Je ne recommanderais pas un prêt hypothécaire inversé pour sa résidence, même si cette option comporte plusieurs avantages. Entre autres : la possibilité d’habiter la maison jusqu’à son décès ou de la vendre et d’obtenir jusqu’à 50 % de la valeur de la maison sans avoir à faire de paiement hypothécaire, ni de payer les intérêts et le capital dans l’intervalle.

Cependant, j’entrevois un problème. Si elle déménage (par exemple pour aller dans un foyer de soins de longue durée) ou meurt, il faudra payer au prêteur 100 % du capital plus l’intérêt couru. À cause des coûts de démarrage et des taux d’intérêt plus élevés, les prêts hypothécaires inversés sont plus coûteux que les prêts hypothécaires et produits de crédit traditionnels. Ainsi, dans une perspective de planification successorale, dans les faits, la maison d’Élise ne compterait plus comme actif.

Une marge de crédit sur valeur domiciliaire (MCVD) est une option plus flexible. Élise aurait accès aux fonds dont elle a besoin à court terme. Elle pourrait emprunter sur la MCVD ou la rembourser lorsqu’elle a l’argent. En fin de compte, son fils hériterait de la valeur restante de la maison.

Dans la situation actuelle, si Élise n’a pas accès à la valeur de sa maison et prend sa retraite aujourd’hui, elle ne disposera que de 25 500 $ par année après impôt comme revenu de retraite, et ce, jusqu’à l’âge de 90 ans (en tenant compte d’un rendement de 5 % et d’une inflation de 2,5 %). C’est environ la moitié de son objectif de 50 000 $ par année. En retardant sa retraite à 65 ans, toutefois, ses placements auront le temps de croître et elle aura droit à des versements de la RRQ plus élevés, ce qui lui donnera un revenu annuel de 42 000 $ par année jusqu’à 90 ans. Ce montant devrait être suffisant compte tenu du fait que ses dépenses correspondent actuellement environ au même montant.

Si Élise veut atteindre son revenu de retraite cible, toutefois, elle devra retarder sa retraite à 70 ans. Devrait-elle le faire? Je peux vous donner une réponse d’ordre financier, mais seule Élise sait si elle a envie de travailler plus longtemps.

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