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Les experts financiers recommandent – Anne-Marie Girard-Plouffe

3 juin 2013 | Anne-Marie Girard-Plouffe

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Selon nous, compte tenu de leur avoir actuel, Marc et Sophie ne sauraient aspirer à prendre leur retraite avant l’âge de 62 ans dans le cas de Marc et de 63 ans dans le cas de Sophie, soit dans 10 ans.

À l’heure actuelle, les deux conjoints ne peuvent quitter leur emploi et doivent poursuivre l’accumulation d’un capital pour financer leur vie à la retraite. Pour atteindre leur objectif de revenu annuel brut combiné à la retraite, soit 157 500 $, ils devront continuer de s’astreindre à une discipline d’épargne rigoureuse.

D’ici 2023, ils veilleront à se faire un devoir de verser chaque année la cotisation maximale autorisée dans leurs REER respectifs, ainsi que dans des CELI. En outre, également dans une perspective d’épargne et d’accumulation de capital, l’entreprise devrait augmenter son produit annuel, lequel, ajouté à la valeur actuelle estimative de 800 000 $, deviendra accessible au moment de la vente de l’entreprise. Le couple devra attendre le moment de la retraite pour effectuer la vente et récupérer ce capital, qu’il investira judicieusement. Selon leur espérance de vie, l’inflation, leur profil d’investisseur et les rendements projetés, les résultats pourront varier.

Outre cette discipline d’épargne, trois autres outils s’offrent au couple pour mettre toutes les chances de son côté dans la poursuite de ses objectifs financiers : le régime enregistré d’épargne-invalidité, l’assurance-vie et l’inclusion d’une rente viagère dans la répartition de ses placements à la retraite.

Sans plus attendre, compte tenu du handicap d’Ariane qui n’est pas mentalement apte, Marc et Sophie, une fois les règles respectées, devraient mettre en place pour son bénéfice un régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI) afin de profiter des allégements fiscaux et financiers qui s’y rattachent et de parer à ses besoins futurs.

Le REEI est un régime d’épargne à long terme qu’administre l’Agence du revenu du Canada (ARC) et qui est destiné à aider les Canadiens handicapés et leurs familles à économiser pour l’avenir. Ariane sera bénéficiaire du REEI dans le futur.

Compte tenu de la condition de leur fille, qui l’empêche de travailler et de subvenir à ses besoins, Marc et Sophie peuvent établir le REEI pour elle, sous certaines conditions. L’un des avantages de ce régime est qu’il permettrait au couple d’y transférer, lorsqu’il aura sécurisé ses revenus de retraite, une partie de ses REER pour garantir la qualité de vie d’Ariane, quoi qu’il arrive.

Par ailleurs, les contributions au REEI peuvent être complétées par une Subvention canadienne pour l’épargne-invalidité, et par un Bon canadien pour l’épargne-invalidité.

Dans le cadre de la Subvention canadienne pour l’épargne-invalidité, le gouvernement verse une subvention de contrepartie qui peut atteindre 300 %, selon le montant de la cotisation et le revenu familial du bénéficiaire. Le montant annuel maximal de la subvention est de 3 500 $, et la limite à vie est de 70 000 $. Les subventions sont versées dans le REEI jusqu’à la fin de l’année civile au cours de laquelle le bénéficiaire atteint l’âge de 49 ans.

Le Bon canadien pour l’épargne-invalidité est un montant que le gouvernement du Canada verse dans le REEI des Canadiens à faible revenu et à revenu modeste. Si Ariane est admissible au Bon, elle pourrait recevoir jusqu’à 1 000 $ par année, selon le revenu familial. La limite cumulative à vie du bon est établie à 20 000 $. Comme dans le cas de la Subvention canadienne pour l’épargne-invalidité, le Bon canadien pour l’épargne-invalidité est versé chaque année dans le REEI du bénéficiaire, jusqu’à la fin de l’année civile au cours de laquelle celui-ci atteint l’âge de 49 ans. Il est à noter qu’Ariane n’est pas tenue de cotiser au REEI pour avoir droit au Bon.

En souscrivant dès maintenant un REEI pour Ariane, il sera en outre possible de récupérer rétroactivement les bons et subventions dont Ariane ne se sera pas prévalue. De plus, il est possible pour les parents de transférer dans ce régime des sommes provenant de leur REER, de leur vivant ou au décès. Cet élément est essentiel et mérite d’être soigneusement analysé.

Marc et Sophie seraient également bien avisés de souscrire dès maintenant une assurance-vie permanente payable au premier décès d’un des deux parents, afin de parer à toute éventualité et de protéger la qualité de vie du parent survivant et d’Ariane en cas de décès prématuré avant la retraite. Advenant le décès d’un des deux conjoints, cette assurance compensera la perte de capital qui découlera de la perte du conjoint et préservera la sécurité financière des survivants.

Par ailleurs, au moment de la retraite, si les deux conjoints sont toujours vivants, l’assurance-vie pourra être utilisée à une autre fin, en l’occurrence celle de remplacer le capital versé pour la souscription d’une rente viagère prescrite sans garantie par une partie des capitaux issus de la vente de l’entreprise. Cette diversification assurera une base de revenu stable au couple.

En respectant rigoureusement la stratégie d’épargne proposée, le couple devrait pouvoir se constituer un capital dont le produit lui permettra, de pair avec les prestations (maximales, selon notre hypothèse) du Régime des rentes du Québec et de la Sécurité de vieillesse, et la rente viagère, de se constituer le revenu de retraite qu’il souhaite.

Le couple pourra ainsi aspirer à la concrétisation de son projet de retraite, tout en sachant que la qualité de vie d’Ariane sera préservée, quoi qu’il arrive.


 
Anne-Marie Girard-Plouffe, Pl. Fin., AVA, TEP, FCSI

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