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Épargne

Les experts financiers recommandent – David Myers

15 novembre 2013 | Commenter

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David Myers
Directeur régional des ventes
Distribution et marketing de l’individuelle
Financière Sun Life

Il serait intéressant de savoir si l’épargne non enregistrée de Jean et de Lucie provient d’un héritage ou de leur épargne personnelle. Les revenus et objectifs montrent que le boni de Jean n’est certainement pas la source unique de leur épargne. Leur solide base financière leur permet de supporter des dépenses supplémentaires pour l’achat de diverses assurances. Le couple fait preuve de prudence et de rigueur dans ses décisions d’ordre financier.

Jean sait très bien qu’une maladie grave affecterait considérablement leur situation financière – il a d’ailleurs l’exemple d’un de ses amis qui vient d’avoir une crise cardiaque. Jean est certainement prêt à acheter une couverture suffisante d’assurance maladie. Un contrat d’assurance maladies graves (AMG), assortie d’une option de transformation en assurance de soins de longue durée (ASLD), procurerait un montant forfaitaire s’il souffrait d’une maladie couverte par le contrat, telles un cancer, une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral. Par la suite, il aura la possibilité de transformer la totalité ou une partie de son contrat d’AMG en ASLD, lorsque ses besoins en soins de santé évolueront. Une AMG de 250 000 $, avec remboursement des primes à la date d’expiration du contrat ou lors de l’annulation de ce dernier, lui reviendrait à 10 000 $ par an et pourrait être convertie en une ASLD procurant une indemnité hebdomadaire de 1 250 $. Jean pourra défrayer une bonne partie du coût de l’ASLD, dès l’âge de 65 ans, grâce au remboursement des primes.

Je lui poserais quelques questions pour en savoir davantage sur son régime collectif, notamment la couverture qu’il lui restera à la retraite. Cette couverture et une assurance temporaire supplémentaire contribueraient à répondre aux besoins de revenu de Lucie – puisque le salaire de Jean sera la source principale de revenu pour les 15 prochaines années. Mais ils doivent aussi envisager une solution plus permanente.

Si Jean et Lucie devaient décéder aujourd’hui, l’impôt à payer se chiffrerait aux alentours de 500 000 $, compte tenu de leurs actifs enregistrés actuels et du gain considérable sur leur chalet. Ce fardeau fiscal s’alourdira encore durant les premières phases de leur retraite.

Jean et Lucie pourraient souscrire un contrat d’assurance vie permanente avec participation qui leur permettrait de toucher éventuellement des participations. Je leur recommanderais une assurance conjointe payable au dernier décès. Les primes annuelles seraient de 12 000 $. Le couple pourrait opter pour un dégrèvement de la prime, coïncidant avec le départ à la retraite de Jean, si les valeurs non garanties du contrat générées par les participations sont suffisantes dans 15 ans.

Un capital nominal de 500 000 $ fournirait un capital-décès appréciable et permettrait de défrayer l’impôt successoral au décès du second conjoint. Les participations non garanties, générées par le contrat, pourraient servir à acheter des tranches supplémentaires d’assurance libérée – le capital-décès pourrait ainsi suivre le rythme du fardeau fiscal. Le contrat avec participation offre aussi bien plus qu’une protection contre l’impôt. En effet, la croissance de la valeur de rachat peut servir, d’une part, à augmenter le revenu de retraite au moment venu, et, d’autre part, à contribuer à l’héritage des générations futures, ce qui est beaucoup plus important.

Jean et Lucie devraient se fixer un objectif de financement de la retraite de l’ordre de 85 % des dépenses actuelles liées à leur style de vie. Il est important de comparer ce montant aux dépenses actuelles liées à leur style de vie, car il est évident que ce couple sait épargner et ne dépense pas tout son revenu après impôt. Ce montant est de l’ordre de 135 000 $ après impôt. Il leur faut donc cotiser le maximum à leurs REER, tous les ans jusqu’à la retraite, pour parvenir à ce montant, compte tenu de leur épargne actuelle et d’un taux de croissance modéré. Le boni annuel de Jean contribuera aux cotisations aux REER.

Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) est lui aussi un outil évident de planification. À première vue,
5 500 $ par an n’a l’air de rien, mais s’il leur reste actuellement des droits de cotisation non utilisés et qu’ils versent le maximum jusqu’à l’âge de 82 ans, ils accumuleront plus d’un million de dollars. Ils pourraient cotiser à ce compte en transférant à un CELI une partie des fonds non enregistrés qu’ils détiennent actuellement.

J’opterais pour une répartition prudente des actifs, compte tenu de l’âge et des actifs de Jean et de Lucie : 60 % en actions et 40 % en produits à revenu fixe, par souci de diversification et de croissance potentielle. Je suggèrerais de diviser les fonds entre un portefeuille géré/équilibré, des fonds individuels comportant des actions canadiennes et des actions de croissance américaines et des fonds d’obligations canadiennes. Le revenu que produiront ces fonds peut être réinvesti pour atteindre l’objectif de constitution d’actifs pour la retraite.

J’établirais aussi un fonds d’urgence de 77 500 $ (correspondant au salaire de six mois, après impôt), et je suggèrerais de prélever les fonds sur le compte conjoint d’épargne non enregistrée de Jean et de Lucie.

Pour les enfants et petit-fils, je conseillerais une stratégie adaptée à chacun des membres de la famille :

  1. Tous les parents veulent que leurs enfants ne manquent de rien sur le plan financier, mais il faut aussi veiller à ce qu’ils apprennent à établir un budget, ceci est très important. Jean et Lucie pourraient donner un bon départ à leur fils et lui apprendre en même temps la valeur de l’argent en prenant à leur charge la moitié de son prêt étudiant, soit 40 000 $.
  2. Pour se montrer équitables vis-à-vis de leurs deux enfants et s’assurer que Marie puisse poursuivre ses études à temps partiel, ils pourraient prévoir 40 000 $ pour couvrir les frais de son programme universitaire. Une partie de ces fonds pourrait lui être versée comme revenu mensuel.
  3. Commencer à cotiser à un REEE pour Max et profiter au maximum de la Subvention canadienne pour l’épargne-études pour faire fructifier les fonds plus rapidement. Souscrire aussi un contrat d’assurance vie pour Marie, au cas où il lui arriverait quelque chose, et désigner Max comme bénéficiaire.

Les trois derniers éléments sont optionnels car ils obligent le couple à revoir ses objectifs de retraite à la baisse, du fait des dépenses supplémentaires de 120 000 $. Jean et Lucie méritent bien de récolter le fruit de leur dur labeur.

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