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Les experts financiers recommandent – Kenneth Stratton

29 janvier 2015 | Kenneth Stratton | Commenter

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Kenneth Stratton, CIM, FCSI
Vice-président principal, gestionnaire de portefeuille, PCG
Raymond James ltée

Il ne faut pas avoir froid aux yeux pour investir en restauration, car le démarrage d’entreprise dans ce domaine a un taux d’échec élevé. Ce type « d’investissement » comportait déjà un risque, qui a été amplifié par le manque d’expérience de Rémi et de Jean-François dans cette industrie. Leur point de départ consistait à séparer la partie non liquide à risque élevé de leur portefeuille – un pari à faible probabilité de réalisation – de leurs placements dans les marchés financiers.

La finance comportementale les décrirait comme des investisseurs touchés par une classique aversion au risque. De la même manière qu’on n’oublie pas qu’un four chaud peut brûler, une grande perte d’argent rappelle instinctivement aux investisseurs d’éviter de commettre le même impair – conduisant aux erreurs par omission. Dans le cas qui nous occupe, le couple adopte un profil de risque trop prudent dans ses investissements et ne pourra pas, par conséquent, atteindre ses objectifs de retraite.

Bien que Rémi et Jean-François démontrent peu d’enthousiasme vis‑à‑vis du risque, leur valeur patrimoniale, leur revenu stable et leur horizon de placement leur permettraient une plus grande exposition au risque. La solution pour eux consiste à faire le deuil de l’argent englouti dans le restaurant et de reconnaître qu’en mettant en place un plan intégré, ils atteindront probablement leurs objectifs à long terme. Mais, tout d’abord, il faut éteindre le sentiment de culpabilité et cesser de se blâmer. Pour y arriver, je pose différentes questions comme :

  • Comment vous, Rémi et Jean-François, prenez-vous une décision financière?
  • Quels sont les principes clés qui guident vos décisions en matière d’investissement?
  • Quelles ont été vos meilleures et vos pires décisions en matière de finance et d’investissement?
  • Quel est votre degré de confiance quant à votre capacité de financer votre style de vie à la retraite?

Atteindront-ils leurs objectifs d’épargne courante et de placement? Ne connaissant pas l’historique complet d’emploi ni celui d’épargne de chacun d’eux, j’ai choisi une approche prudente qui présume (i) qu’ils ne se qualifient pas pour le Régime de pensions du Canada (RPC) ni pour la Sécurité de la vieillesse (SV), (ii) que leurs habitudes d’épargne sont stables d’une année à l’autre (iii) que le plafond de contribution annuelle de Rémi à son REER est limité par la contribution de son employeur, et (iv) que les deux membres du couple vivront jusqu’à 90 ans. 

Notre projection indique que Rémi et Jean-François ont besoin d’un rendement composé de 2,50 %, soit le taux des marchés actuels de CPG. D’instinct, on peut affirmer qu’un tel rendement comporte un risque en soi en raison de l’inflation au Canada, qui se situe actuellement à 2,3 %; il faut aussi tenir compte de la part de l’Agence du revenu du Canada, qui prend de 30 à 40 % sur tout gain de placement provenant d’un compte non enregistré typique. Placer son argent dans un CPG « sécuritaire » entraîne une perte du pouvoir d’achat.

Manuvie propose un tableau intéressant de fonds de placement. Celui-ci présente le seuil de rentabilité du taux de rendement, qui tient compte de l’inflation et des impôts. Si Rémi et Jean-François ajoutaient des actions pour bâtir un portefeuille de placements équilibré, ils pourraient espérer que ce portefeuille modifié produise de 5 à 6 % annuellement dans les marchés actuels.

Des projections basées sur un taux de CPG « sécuritaire » et un rendement de portefeuille équilibré prudent de 5 % fourniraient au couple un niveau de revenu amélioré pour l’avenir. La différence de revenu entre les deux projections est une indication des deux styles de vie possibles dans l’avenir. Par la suite, je demanderais à Rémi et à Jean-François de répondre à la question suivante : « De quelle façon le revenu le plus élevé changerait-il votre style de vie? »

Si le revenu le plus élevé offre le type de retraite à laquelle ils aspirent, je leur suggérerais d’aller dans ce sens en ajoutant une part de valeurs mobilières diversifiées en puisant dans leurs épargnes mensuelles existantes. Ainsi rassurés en sachant que leurs épargnes existantes sont placées dans des investissements sécuritaires, les nouvelles épargnes qui comportent « plus de risque » pourraient être ajoutées au fil du temps. 

Je serais porté à suggérer d’acheter des fonds négociés en Bourse (FNB) ou des fonds communs de placement qui détiennent en grande partie des actions. Je leur proposerais aussi de réduire les risques associés à chaque secteur ou action et d’acheter des titres moins volatiles, donc plus défensifs. Pourquoi? Parce que ces titres ont tendance à surperformer dans les marchés sur une longue période, car ils se déprécient moins en période de correction, alors qu’ils s’apprécient autant que les autres titres en période de croissance des marchés. La catégorie des FNB fournit de bons exemples, comme les actions canadiennes à faible volatilité et les actions américaines à faible volatilité de BMO et, dans la catégorie de fonds de placement, le Fonds de revenu canadien Sentry.

Jean-François et Rémi devront procéder à des vérifications périodiques afin de s’assurer que le plan intégré fonctionne bien. Ceux-ci pourraient, par exemple, comparer la valeur réelle de leur investissement avec celle projetée en prenant en compte une tolérance raisonnable, qui permet d’atteindre les objectifs du plan chaque année. Ils seront plus enclins à laisser leurs placements dans des actifs plus risqués s’ils peuvent constater la réalisation de progrès dans l’atteinte de leurs objectifs à long terme.

En fin de compte, bien que la peur ait toujours représenté un défi pour les investisseurs, ce sentiment ne devrait pas être l’élément moteur d’une décision d’investissement. En tant que conseiller financier, notre travail est inestimable puisqu’il permet aux investisseurs d’éviter certains comportements, de prendre une décision ou de s’en tenir à celle qui a déjà été prise. Un conseiller peut atténuer non seulement les craintes et réduire l’incertitude, mais aussi tempérer l’euphorie et calmer l’exubérance.

Avis de non-responsabilité

Les données et les renseignements contenus dans le présent article sont basés sur des sources estimées fiables, cependant, nous ne pouvons en garantir l’exactitude ni l’exhaustivité. Elles doivent donc être considérées comme de l’information d’ordre général et ne devraient pas être utilisées à des fins d’investissement personnel ni de sollicitation afin d’acheter ou de vendre des valeurs. Les opinions exprimées sont celles de l’auteur, Kenneth Stratton, et ne reflètent pas nécessairement celles de Raymond James ltée ni celles de Rogers Communications inc. Les investisseurs qui envisagent de placer de l’argent devraient consulter leur conseiller en placements afin de s’assurer que cela convient à la situation personnelle de l’investisseur et de la tolérance aux risques avant de prendre une décision d’investissement. Les commissions, les commissions de suivi et les frais de gestion peuvent tous être associés aux fonds communs de placement. Veuillez lire le prospectus avant de faire un placement. Les fonds communs de placement et autres actions ne sont ni assurés ni garantis, leur valeur fluctue souvent et le rendement passé n’est pas indicatif du rendement futur. Raymond James ltée est membre du Fonds canadien de protection des épargnants.

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