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Les experts financiers recommandent – Nathalie Jacques

30 juin 2014 | Nathalie Jacques | Commenter

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Nathalie Jacques
conseillère en sécurité financière,
conseillère en assurances et rentes collectives et planification financière,
représentante en épargne collective,
Solutions financières N. Jacques inc.

Voici plusieurs recommandations qui pourront aider Bernard et Émilie à atteindre leurs objectifs de retraite, tout en composant avec leur nouvelle situation financière liée à la présence des parents de Bernard dans la résidence familiale. Il est à noter que la situation globale du couple n’a rien d’alarmant, compte tenu de leurs revenus et de leur actif.

La démarche proposée vise essentiellement, d’une part, à les rassurer face à leur nouvelle situation, et d’autre part à les aider à atteindre leurs objectifs financiers et à se constituer un coussin pour rehausser les prestations des régimes de retraite après 65 ans.

En tout premier lieu, Bernard et Émile devraient se livrer à un exercice de planification rigoureuse de la retraite, avec l’aide d’un spécialiste. L’établissement d’un plan concret des mesures à prendre contribuera à les sécuriser, tout en leur donnant une ligne de conduite méthodique pour maximiser leur épargne en vue de la retraite, nonobstant le fardeau financier que pourraient représenter les charges financières liées à la présence des parents de Bernard à la maison.

Afin de délester Bernard et Émilie des frais de 1 000 $ par mois associés à la présence des parents de Bernard, il serait judicieux que le père et la mère de Bernard vendent leur résidence parentale afin de constituer un capital qui leur permettra de financer leurs frais médicaux et de subsistance. Cette approche vaut bien sûr dans l’optique où les parents de Bernard entendent continuer de vivre chez Bernard et Émilie.

Le produit de la vente pourrait par la suite être investi dans des placements de qualité, dont les revenus permettraient de couvrir les frais médicaux et de subsistance. Ainsi, les parents de Bernard allégeraient la charge financière qu’ils représentent pour Bernard et Émilie, qui, de leur côté, pourraient utiliser à bonne fin les liquidités ainsi dégagées, en vue de la retraite.

Par ailleurs, Bernard et Émilie gagneraient à se renseigner sur les crédits d’impôt, les subventions et l’aide financière alloués aux personnes qui hébergent leurs parents. Ces programmes pourraient leur permettre d’alléger le poids financier de cette charge, et d’ainsi disposer de montants supplémentaires qu’ils pourront utiliser pour épargner en vue de la retraite.

Compte tenu de leurs revenus élevés, et des taux d’imposition à l’avenant, j’inciterais également Bernard et Émilie à retirer une partie de leurs placements non enregistrés pour rembourser leur prêt-auto et la marge de crédit, même si les taux de ces prêts sont relativement bas. En combinant les liquidités ainsi dégagées mensuellement aux 1 000 $ d’économie obtenus à la suite de la vente de la maison des parents, le couple pourra concrétiser son projet de se constituer un coussin supplémentaire pour la retraite.

Si le couple a fait preuve de discipline en matière d’épargne-retraite, il semble qu’il ait quelque peu négligé l’instrument du REER au profit du CELI. Compte tenu de l’importance de leurs revenus, ils devraient donner préséance aux cotisations aux REER, afin de bénéficier du remboursement d’impôt auquel ils pourraient ainsi avoir droit, montant qu’ils pourraient par la suite réinvestir.

Les REER, mieux que le CELI, sont l’avenue à privilégier pour constituer un complément de revenu de retraite, qui s’ajoutera aux prestations définies du régime de retraite, insuffisantes pour leur permettre de maintenir leur niveau de vie actuelle à la retraite. Bernard et Émile devront veiller à tirer parti au maximum de leurs cotisations REER inutilisées.

Comme Bernard et Émilie sont de hauts salariés chez leurs employeurs respectifs, la piste de la constitution de Régimes de retraite individuels (RRI) pourrait également constituer une approche avantageuse, pour peu que leurs employeurs en voient la pertinence. Ces régimes constituent souvent, pour les employeurs, une bonne façon de garder leur personnel clé, et, pour les hauts salariés, une belle façon de maximiser leur épargne en vue de la retraite.

Par ailleurs, eu égard au fait que l’avoir cumulé par Bernard et Émilie est de l’ordre de 250 000 $, ces derniers disposent d’un actif suffisant pour aller en Gestion privée, formule qui leur permettrait de bénéficier de réductions intéressantes en matière de frais de gestion annuels. Il s’agit là bien sûr d’une hypothèse, puisque nous ne connaissons pas la composition du portefeuille d’investissement du couple.

Il importe que toutes les liquidités dégagées grâce à la mise en œuvre des recommandations soient investies dans des instruments de qualité, offrant de rendements cotés 4 ou 5 étoiles (rendements supérieurs, risques moindres).

Le couple gagnerait aussi à adopter les paiements hypothécaires bimensuels, plutôt que mensuels, ce qui lui permettrait de se libérer de leur hypothèque en 11 ans, plutôt que 15, et de bénéficier ainsi d’économies importantes au niveau des intérêts.

Bernard et Émilie pourraient également envisager de tirer parti de la valeur nette de leur résidence vers l’âge de 75 ans en la vendant pour acheter un petit condo, par exemple, et utiliser la valeur nette pour générer des revenus de retraite.

Bernard et Émilie étant avocats, peut-être pourraient-ils envisager la possibilité de constituer leur pratique en société afin de tirer parti des avantages fiscaux liés à cette formule.

Enfin, au chapitre des assurances, afin d’éviter de reproduire la même situation auprès de leurs enfants, le couple gagnerait à souscrire une assurance de soins de longue durée et une assurance maladies graves, payables sur 15 ans.

En conclusion, en se livrant à un exercice de planification fiscale et successorale rigoureux, auprès de spécialistes compétents, le couple pourra envisager toutes les options qui s’offrent à lui pour maximiser son épargne en vue de la retraite, et constituer un patrimoine solide pour ses enfants, en toute tranquillité d’esprit.

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