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Épargne

Les meilleures sources de rendement pour les retraités en phase de décaissement

9 juin 2014 | La rédaction | Commenter

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C’est un fait : la grande majorité des Canadiens luttent pour garnir leur fonds de retraite. Des millions d’entre eux s’approchent ou entament leur retraite avec la crainte de survivre à leurs économies. Cela représente un défi pour plusieurs conseillers en services financiers qui doivent aider cette tranche de la population à faire des choix de placements qui permettront de générer un revenu de retraite prévisible. Nous avons demandé à deux conseillers de partager leurs réflexions sur les meilleures sources de rendement pour les retraités qui amorcent la phase de décaissement, et sur les choix de placement ayant les meilleures chances de réduire le risque de longévité.

Don G Levy,
B.A., CFP, CIM, FICVM, TEP
Directeur général, Confido Wealth Management Group
Conseiller financier principal, planificateur financier agréé et directeur de succursale
Placements Manuvie Incorporée

Comme conseillers en services financiers, nous avons appris dans plusieurs cours sur le placement que les retraités en phase de décaissement devraient se tourner vers les titres à revenu fixe, tels que les CPG et les obligations, pour obtenir une source fiable de rendement. Ainsi, si l’objectif d’investissement du client est d’obtenir des revenus, on s’attend à ce que le conseiller recommande les titres à revenu fixe.

Cette conception généralement admise se base sur le fait que les clients retraités sont réfractaires au risque et que le peu de temps dont ils disposent ne leur donne pas une marge de manœuvre suffisante en cas de perte sur les placements en actions. Cette idée est plutôt commune parmi les conseillers en placement canadiens.

Cependant, si l’on tient compte du risque de longévité auquel font face les clients retraités, la nécessité d’élaborer une stratégie avantageuse en matière de rendements et de croissance, fiscalement avantageuse qui plus est, a poussé plusieurs conseillers à voir le revenu fixe d’un autre œil, et à privilégier un portefeuille axé sur les titres producteurs de dividende comme source stable de rendement.

Si vous êtes un conseiller qui croit toujours dur comme fer que les investissements à revenu fixe constituent la meilleure source de rendement, pensez à ce qui suit : aujourd’hui, en raison de la faiblesse des taux d’intérêt, il n’est plus possible de se fier aux obligations d’État comme source de rendement; une obligation d’État de 10 ans génère un rendement moyen d’environ 2 %, alors que le rendement en dividende de l’indice composé TSX est de 3,2 %.

En outre, les retraités vivent beaucoup plus longtemps! Si on ajoute à cette réalité l’augmentation incessante du coût de la vie, ceux-ci risquent plus que jamais de survivre à leurs économies s’ils comptent sur les CPG comme source de rendement. De plus, si les obligations et CPG sont détenus à l’extérieur d’un régime enregistré, ils seront considérés comme un revenu imposable, ce qui réduit d’autant plus les rendements médiocres qu’ils auront générés.

Les rendements produits par les titres de créance des entreprises assortis d’une excellente cote de crédit sont légèrement supérieurs à ceux des obligations d’État. En fait, plusieurs obligations de société de 10 ans cotées AA offrent un rendement d’environ 3 % avec une perspective d’appréciation de capital quasi nulle compte tenu de la courbe de rendement actuelle.

À vrai dire, la plupart des titres de créance devront affronter des vents contraires et une pression à la baisse sur la volatilité puisque les taux d’intérêt ne peuvent qu’augmenter à moyen terme.

Beaucoup de conseillers réagissent à cette situation en se tournant vers les obligations de société à rendement élevé ou les obligations de pacotille. Rendement élevé va de pair avec cote de crédit plus faible et risque de défaillance plus élevé, bien sûr. Mais si on croit que ces titres de créance plus risqués sont moins sensibles à la pression de la hausse des taux d’intérêt, on fait une grave erreur!

D’ailleurs, pendant la crise financière, les obligations de société à rendement élevé ont vu leur cours chuter brutalement alors que le resserrement du crédit a entraîné des problèmes de liquidité.

Ainsi, une stratégie de rendement basée sur des titres producteurs de dividende, dont les sociétés émettrices ont la réputation d’augmenter les versements, pourrait bien être la voie de choix sur laquelle les conseillers devraient guider leurs clients.

En général, la corrélation entre dividende et taux d’intérêt est très faible ou minime. Un portefeuille de titres producteurs de dividende offre des rendements avantageux de quatre façons.

Premièrement, il offre un bon rendement qui, bien souvent, peut être de 50 à 100 % plus élevé que les obligations d’État et de 25 % plus élevé que les obligations de société. Actuellement, un bon portefeuille reposant sur 20 à 25 sociétés prospères peut produire un rendement en dividende d’environ 4 %.

Deuxièmement, les titres à dividende devraient, avec le temps, offrir une bonne appréciation en capital. Historiquement, cette appréciation a eu tendance à dépasser celle des titres non producteurs de dividende.

Troisièmement, ces titres à dividende, connus comme des « placements aristocratiques », ont tendance à augmenter leurs versements de dividende. Ainsi, les revenus de vos clients augmentent, ce qui les protège contre l’inflation. Le tableau ci-dessous illustre la croissance des rendements en dividende pour le S&P 500 comparativement au déclin des intérêts versés par les obligations au cours des 32 dernières années.


Source : Fayez Sarofim & Co. Data, en date du 31/12/2012.

Finalement, les dividendes reçus bénéficient d’un traitement fiscal favorable, ce qui donne un meilleur rendement après impôts s’ils sont détenus à l’extérieur d’un régime enregistré.

Les études démontrent que les titres producteurs de rendement sont moins sujets à la volatilité puisque les sociétés qui les émettent sont en général plus stables. Du point de vue de la gestion du risque, ces sociétés présentent également moins de risque puisqu’elles disposent de plus de liquidités et ont souvent un ratio emprunts/capitaux propres faible.

En outre, les dividendes peuvent éviter d’avoir à vendre des titres pour combler les besoins de revenus en période de repli. Ainsi, le nombre d’actions demeure stable, ce qui est plutôt avantageux en période de reprise boursière.

Mais attention : si les titres à dividende possèdent plusieurs des qualités que recherchent les retraités en quête d’investissements producteurs de revenus, les conseillers en services financiers doivent s’assurer que les portefeuilles sont bien diversifiés. Un portefeuille bien diversifié améliore le niveau de prévisibilité en matière de rendement et génère un flux de revenu stable.

Méfiez-vous des sociétés qui utilisent du financement bon marché pour verser les dividendes, toutefois. Cette tactique est utilisée pour faire grimper le cours de l’action. Mettez l’accent sur les sociétés dont le bilan est sain, qui disposent d’importants flux de trésorerie et qui sont reconnues pour leurs revenus stables. Ces sociétés auront moins tendance à couper dans les dividendes.

De bonnes sources de rendement sont des titres qui offrent des revenus stables. Un instrument de placement bien structuré avec une sélection rigoureuse et une bonne diversification augmente le niveau de prévisibilité en matière de revenu.

La croissance du capital d’un portefeuille accroît le pouvoir d’achat des retraités. Bien soutenue par une stratégie de réduction des risques, cette croissance répond aux besoins qui sont survenus avec l’augmentation de l’espérance de vie. Les titres producteurs de dividende répondent à ces deux exigences.

Allan Small,
CGF, FICVM
Conseiller principal en placement, Groupe financier Allan Small avec Patrimoine Hollis

En principe, les retraités entament leur période de décaissement au moment où ils cessent de travailler et d’accumuler du capital. Voilà pourquoi la plupart des retraités devraient éviter de prendre les mêmes risques que les investisseurs qui disposent de temps et qui touchent encore un revenu. En règle générale, plus on vieillit, moins on devrait prendre de risques en matière d’investissement. On recommande que le portefeuille d’un retraité soit composé principalement de placements à faible risque, tels que les actions privilégiées et les obligations.

Les rendements des obligations évoluent au gré des taux d’intérêt, mais tôt ou tard, les investisseurs qui détiennent leurs titres jusqu’à l’échéance se font rembourser la somme initiale avec intérêts. Les obligations de bonne qualité présentent un faible risque de perte en capital à plus long terme, sauf s’il y a défaillance de l’émetteur.

Les rendements des obligations d’entreprise sont en général plus élevés, c’est pourquoi je les préfère aux obligations d’État. Toutefois, ceux qui cherchent à tirer le maximum de revenus sans augmenter leurs risques devraient opter pour des obligations de bonne qualité (cote BBB+ ou supérieure) qui viennent à échéance dans six à dix ans, et qui rapportent entre 3 et 4 %. Ces obligations présentent un faible risque de défaillance.

Les actions privilégiées sont une autre bonne option puisqu’elles rapportent aujourd’hui de 4 à 5 % en dividendes annuels, selon le type d’action. Elles offrent en général des rendements plus élevés que les obligations d’État ou d’entreprises, lesquels sont aussi avantageux sur le plan fiscal que ceux des actions ordinaires. Cependant, les actions privilégiées ne comportent pas de droit de vote et ne permettent pas de participer à la croissance de l’entreprise.

Les investisseurs doivent comprendre que les actions privilégiées qu’ils possèdent sont plus ou moins volatiles selon leur type – par exemple, perpétuelles ou à taux variable. Il est donc très important de bien comprendre la place que doit occuper une action privilégiée donnée dans le portefeuille global.

Du côté des titres, je privilégierais les actions à dividendes dans les secteurs des services publics, des services bancaires, des télécommunications et de l’industrie pétrolière et gazière. Certaines de ces entreprises sont moins volatiles que l’ensemble du marché, mais offrent des rendements plus élevés que les obligations d’entreprises de bonne qualité et les obligations d’État.

Il est important de souligner que, dans bien des cas, la meilleure source de rendement ne sera pas le titre à rendement le plus élevé. En fait, les émetteurs de titres de second rang – soit des titres qui rapportent moins – surclassent souvent les émetteurs de premier rang. Pourquoi? Parce que les émetteurs les plus prometteurs ont souvent du mal à maintenir leur taux élevé et sont ainsi forcés de temps à autre à diminuer les versements, ce qui est synonyme de désastre pour le cours de leurs titres. En revanche, les émetteurs de second rang sont en mesure d’assurer assez facilement leurs versements de dividendes. Par conséquent, leurs titres tendent à être moins volatils.

Quand vient le temps de fixer la répartition des actifs d’un portefeuille de retraite, c’est le niveau de risque que le retraité est prêt à prendre qui devrait déterminer le pourcentage à investir dans les actions à dividendes, dans les obligations à revenu fixe et dans les actions privilégiées. L’autre facteur décisif est le rendement ou les revenus souhaités. Si le retraité désire un rendement de 5 %, par exemple, il n’atteindra pas son objectif avec des obligations d’État ou des CPG.

Dans le contexte actuel, beaucoup de titres versent des dividendes supérieurs aux taux d’intérêt des obligations. Ainsi, en intégrant des titres producteurs de revenus dans le portefeuille d’un retraité, vous n’augmentez pas seulement son rendement : vous le protégez contre les répercussions négatives de l’augmentation des taux d’intérêt sur le rendement des obligations puisque, au fur et à mesure que les taux augmentent, le cours de certains placements – tels que les obligations et les actions privilégiées – tend à chuter.

La règle d’or dit que les clients devraient investir un pourcentage équivalant à leur âge dans les titres à revenu fixe : par exemple, le portefeuille d’un investisseur de 80 ans devrait être réparti à 80 % dans les obligations et à 20 % dans les actions.

Cela étant dit, tout portefeuille équilibré devrait être composé d’actions et de produits à revenu fixe afin d’offrir le meilleur rendement en phase de décaissement. Un portefeuille de placement diversifié et structuré avec attention protège contre les fluctuations du marché boursier et les risques liés aux taux d’intérêt, et il offre un bon rendement moyen à l’investisseur retraité. C’est la meilleure façon de faire de l’argent et d’éviter ou de réduire les risques dans le climat d’investissement actuel.

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