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Épargne

Combiner l’adoption tardive à la retraite : Quels sont les éléments à prendre en compte?

1er juin 2015 | Soumis par la Financière Sun Life | Commenter

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Chaque client a ses propres projets de retraite. Pour certains, les plans comprennent l’adoption d’un enfant pour compléter la famille.

L’adoption constitue certes une expérience enrichissante sur le plan émotif, mais elle entraîne son lot de considérations financières. Selon le moment où votre client décide d’agrandir sa famille, ce projet peut non seulement occasionner des dépenses supplémentaires, mais également avoir des conséquences sur l’épargne-retraite.

Quand ses quatre enfants ont eu l’âge de quitter la maison familiale, la Dre Moran, médecin de famille, a eu envie d’adopter deux enfants d’Afrique du Sud. « Je suis la deuxième de dix enfants et j’ai toujours voulu avoir une grande famille. Lorsque mes deux plus vieux ont quitté la maison pour aller à l’université et que les deux autres finissaient leurs études secondaires, j’étais vraiment préoccupée par la perspective de me retrouver dans un nid vide », raconte la Dre Moran.

La famille Moran fait partie d’un groupe croissant de gens qui choisissent d’adopter un enfant tard dans leur vie. Ces clients ont l’habitude de gérer les dépenses nécessaires pour élever un enfant, mais ils ne l’ont jamais fait en planifiant leur retraite. Ils se retrouvent alors en terrain inconnu et doivent apprendre à trouver un juste équilibre afin de soutenir les besoins de l’enfant adopté et de continuer à épargner en vue de leur retraite.

Cet équilibre, les conseillers peuvent aider les clients à l’atteindre. Il serait risqué de sacrifier l’épargne-retraite afin de pouvoir absorber les dépenses supplémentaires à venir. Pour assurer le bien-être financier des clients, les conseillers doivent trouver des façons de les aider à continuer de mettre de l’argent de côté pour leur retraite tout en répondant aux besoins de leur famille.

Revoir le programme de protection

Les conseils donnés aux clients qui adoptent un enfant tard dans la vie sont différents de ceux prodigués aux personnes qui n’ont plus d’enfant à leur charge. En fait, à mesure que les gens vieillissent, les problèmes de santé sont de plus en plus imprévisibles. Les clients qui adoptent tardivement atteindront l’âge de 70 ans avant que l’enfant soit indépendant, et la possibilité d’être victime d’un problème de santé grave augmente. Il faut de plus prévoir une protection pour l’enfant adopté.

Assurance-santé complémentaire : Les clients à la retraite ou qui n’ont jamais participé à un régime collectif peuvent souscrire une assurance-santé personnelle pour couvrir les principaux frais médicaux. Cette assurance paie une partie des frais médicaux des clients à la retraite ayant adopté de jeunes enfants, en plus de contribuer à la prise en charge des dépenses importantes comme les frais d’orthodontie et les lunettes pour les personnes à leur charge, ce qui leur permet de protéger leur épargne-retraite.

Assurance de soins de longue durée (ASLD) : L’ASLD peut aider à absorber les dépenses liées aux soins de santé qui augmentent avec le temps. Pour un couple dans la cinquantaine, la probabilité qu’un des deux partenaires atteigne l’âge de 95 ans est de 50 %, et la possibilité qu’un d’entre eux ait besoin de soins de longue durée s’élève à 92 %[1]. Les dépenses liées aux soins de santé peuvent faire grandement diminuer l’avoir net et, si les clients ont un enfant à leur charge, l’assurance peut contribuer à amortir les frais et à financer les soins à domicile.

Assurance maladies graves (AMG) pour enfant : Il arrive que les parents adoptifs ne connaissent pas tous les antécédents familiaux de leur enfant. L’AMG protège la famille contre le risque d’avoir à assumer des frais élevés liés aux soins de santé en cas de maladie ou d’invalidité. Certains produits offrent des options de remboursement des primes. Les sommes ainsi générées peuvent être utilisées pour financer des études ou l’achat d’une maison.

Assurance-vie : Il se peut que les clients souhaitent augmenter leur protection ou ajouter des bénéficiaires afin qu’en cas de décès, la prestation permette aux bénéficiaires de mieux couvrir leurs frais de subsistance au quotidien ou leurs dépenses importantes comme les études ou l’achat d’une maison. Il est également possible qu’ils doivent désigner un tuteur qui détiendra les fonds en fiducie jusqu’à ce que les bénéficiaires aient atteint l’âge requis.

Créer un équilibre entre l’épargne intensive et les dépenses

Généralement, au cours des années précédant la retraite, les clients épargnent davantage. À mesure que les enfants quittent le nid familial, les dépenses diminuent et certains clients choisissent de déménager dans plus petit afin de disposer de plus de fonds pour faire augmenter leur épargne ou rembourser leurs dettes.

Dans le cas des clients qui décident d’agrandir leur famille plus tard au cours de leur vie, la situation est différente. Il est important pour eux de tirer le meilleur parti de tous les outils d’épargne qui s’offrent à eux. « Nous sommes médecins indépendants et nous n’avons ni régime d’assurance-santé ni caisse de retraite. Tout au long de notre vie, nous avons cotisé à des REER, et nous disposons d’excellents régimes d’assurance. Notre revenu nous satisfait et nous arrivons à travailler de façon plus efficace plutôt que de travailler plus dur », affirme la Dre Moran.

REER : Les avantages fiscaux des régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) et des REER de conjoint peuvent aider les clients à économiser pour leur retraite et à générer des fonds dès maintenant pour assumer les frais liés à l’adoption.

REEE : Les frais liés aux études devraient augmenter avec les années et, selon l’âge de l’enfant adopté, les clients n’ont pas nécessairement beaucoup de temps pour économiser. Au Québec, en tenant compte de l’inflation, on estime que les droits de scolarité et autres frais obligatoires auront presque triplé de 1990 à 2017[2]. Le régime enregistré d’épargne-études (REEE) constitue un moyen intelligent d’investir dans l’éducation d’un enfant. Le gouvernement fédéral verse l’équivalent de 20 % des cotisations annuelles, jusqu’à un maximum de 500 $ par année par enfant et de 7 200 $ à vie par enfant.

CELI : Les clients peuvent investir dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) pour pouvoir disposer rapidement de fonds en cas d’urgence et l’ajouter à leur épargne-retraite.

Les produits à intérêt garanti peuvent aider les clients à se créer des souvenirs dès maintenant en leur procurant des fonds à court terme pouvant être utilisés pour des vacances en famille ou des loisirs.

Autres éléments à prendre en compte : frais de subsistance et budget quotidien

Il se peut que vos clients ne soient pas prêts à déménager dans une maison plus petite. Cependant, comme la mobilité diminue avec l’âge, il est important de penser à utiliser ses économies pour rendre la maison familiale plus accessible ou embaucher des professionnels pour l’entretien de la propriété afin de pouvoir y rester plus longtemps.

Le contrôle des dépenses quotidiennes et l’établissement d’un budget sont d’autant plus importants lorsque les clients ont un enfant. Il est primordial qu’ils élaborent leur budget soigneusement et le respectent, surtout au moment où leurs économies doivent servir à répondre à diverses priorités.

L’Institut Fraser estime qu’élever un enfant au Canada coûte en moyenne de 10 000 $ à 15 000 $ par année à une famille de classe moyenne. De plus, les frais liés à l’adoption sont d’environ 20 000 $ à 30 000 $ pour l’adoption au pays, et peuvent atteindre 60 000 $ dans les cas d’adoption à l’étranger.

« Nous avons assisté à des séances d’information où on nous a renseignés sur les coûts associés au travail social, aux évaluations du foyer, au processus d’adoption ainsi que des frais juridiques », explique la Dre Moran. « C’était en 2008, le processus a duré deux ans et on nous a indiqué que les frais s’élèveraient à un peu plus de 20 000 $. Comme le gouvernement ne nous a pas permis d’adopter les deux enfants en même temps, nous avons dû nous rendre en Afrique deux fois et débourser en tout près de 40 000 $. »

Même si les familles peuvent déclarer les dépenses liées à l’adoption dans leur déclaration de revenus personnelle, elles doivent tout de même élaborer un programme d’épargne et avoir recours aux instruments d’épargne à court terme qui offrent un équilibre entre la liquidité et la croissance.

Source: Ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse de l’Ontario


Revoir le plan successoral

Un bon plan successoral permet de faire en sorte que la volonté du client en ce qui touche son héritage soit respectée et d’éviter aux enfants d’âge adulte d’avoir à gérer les décisions relatives à la succession et à la tutelle.

Il est important que les clients se préparent au risque croissant d’être atteints d’un problème de santé et, dans le pire des scénarios, au décès inattendu des deux parents. Lorsque les enfants plus vieux ont déjà atteint l’âge adulte, nommer un tuteur des enfants plus jeunes qui ont été adoptés permet aux clients de s’assurer que quelqu’un s’occupera d’eux jusqu’à leur indépendance. La désignation d’un tuteur aide également les enfants plus vieux qui ne sont pas nécessairement disposés à s’occuper de leurs jeunes frères ou sœurs. Les clients voudront aussi réfléchir à la manière de diviser leur patrimoine entre tous leurs enfants et, si l’un d’eux est nommé tuteur, de veiller à ce que celui-ci soit en mesure de subvenir aux besoins des enfants adoptés encore mineurs.

Normalement, à mesure que les clients vieillissent, le besoin d’assurance-vie diminue. L’assurance-vie demeure toutefois une excellente option pour les clients plus âgés ayant de jeunes enfants. Elle fournit une protection à vie aux enfants en question et constitue une excellente façon d’obtenir un accès potentiel à des fonds aux étapes importantes de leur vie comme les études, l’achat d’une maison ou la naissance d’un enfant.

Chaque client a ses propres objectifs, mais les parents adoptifs comme la Dre Moran veulent offrir ce qu’il y a de mieux à leurs enfants. « Nous ne sommes pas deux familles; nous sommes une seule famille unie. Tous nos enfants sont égaux. Nous n’allons pas être de riches retraités ni laisser en héritage des sommes faramineuses à nos enfants, mais nous n’en avons jamais eu l’intention. Nous sommes choyés et notre famille a toujours eu comme devise : « on demande beaucoup à ceux qui ont beaucoup reçu. »

La Dre Moran et son mari s’investissent dans la collectivité et continuent de soutenir financièrement deux orphelinats en Afrique en plus de faire du bénévolat.

« Nous sommes encore plus comblés avec l’ajout de ces deux nouveaux membres à notre famille. Nous sommes jeunes, pleins d’énergie et avons hâte de voir ce que l’avenir nous réserve. »

Trouver des solutions pour aider les clients à agrandir leur famille alors qu’ils se préparent en vue de la retraite représente un défi financier unique. En mettant sur pied un plan financier approprié avec l’aide d’un conseiller de confiance, les clients peuvent préparer un avenir prometteur à leurs enfants adoptés tout en se préparant pour la retraite.



[1] Tables autonomes des taux d’incidence de base des maladies graves au Canada, 2008
[2] Degrees of Uncertainty: Navigating the Changing Terrain of University Finance, rapport du Centre canadien de politiques alternatives, septembre 2013.

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