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Épargne

La planification de la retraite et l’investissement, aussi une « affaire de femmes »

14 mai 2013 | Isabelle Hudon, présidente, Financière Sun Life, Québec

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Durant les 35 dernières années, on a assisté à une véritable transformation du marché du travail. Entre 1976 et 2009, l’écart entre la part des femmes et des hommes dans la population active n’a cessé de diminuer.

C’est ce que j’appelle le « lady boom », une période où les femmes se sont approprié les campus universitaires et le marché du travail. Cette tendance a d’ailleurs été particulièrement marquée dans les catégories d’emplois qui requièrent un niveau élevé de formation. Bref, les femmes occupent des emplois de qualité et qui paient bien.

Par contre, il reste encore un certain chemin à parcourir du côté des finances personnelles. Au fil des années, les femmes sont passées maîtres dans la gestion du budget familial. Elles représentent de plus en plus souvent le principal salaire de la maison. Pourtant, lorsqu’il s’agit de plan financier et d’investissement, elles passent leur tour. Trop souvent, les femmes s’estiment plutôt mal équipées pour s’occuper de leurs finances personnelles et considèrent avoir seulement des connaissances de base ou limitées en la matière.

Ce manque d’intérêt des femmes à l’égard de l’investissement risque d’avoir un fort impact sur leur épargne-retraite. D’autant plus qu’en matière de finances personnelles, les femmes font face à des défis supplémentaires par rapport aux hommes.

Lorsqu’elles arrivent à la retraite, les femmes compteraient moins d’années de rémunération que les hommes, et cela pour deux raisons principales. D’abord, les congés de maternité et les absences plus fréquentes du travail pour des raisons familiales peuvent réduire l’épargne que les femmes pourront accumuler pendant les années clés de leur période active. Ensuite, comme je le mentionnais dans cet article, au cours de sa carrière, le salaire moyen d’une femme peut représenter de 65 % à 81 % du salaire moyen d’un homme (fort heureusement, l’écart se rétrécit progressivement, mais force est de constater qu’il existe encore!). Un salaire moyen et une période de cotisation moindre signifient aussi des rentes de retraite du Régime de rentes du Québec inférieures à celles des hommes.

Souvent, je constate que les femmes ne prennent pas les moyens pour combler cet écart. En d’autres termes, elles ne font pas assez fructifier leur argent : les femmes sont moins nombreuses que les hommes à cotiser à leur REER et elles optent pour des produits financiers plus prudents – donc généralement moins performants – que ceux des hommes.

Les femmes ont comme priorité de prendre soin de leur famille et ont tendance à reléguer la gestion de leurs finances au second rang. Mais elles ne devraient pas se sentir coupables de porter une attention particulière à leur argent. Après tout, prendre les moyens pour ne pas dépendre de sa famille plus tard est loin d’être égoïste!

Et l’espérance de vie des femmes qui est supérieure à celle des hommes? Selon les dernières données actuarielles de la Régie des rentes du Québec, les femmes qui ont aujourd’hui 65 ans devraient vivre jusqu’à environ 87 ans, c’est-à-dire 3 années de plus que les hommes.

Toutes ces différences ont une conséquence majeure : les femmes doivent mettre de côté plus d’argent que les hommes afin de s’assurer une retraite à la mesure de leurs rêves et leurs aspirations! Mais comment y arriver?

On ne le répétera jamais assez : il faut commencer tôt à planifier en vue de la retraite, et c’est d’autant plus vrai pour les femmes! En commençant dès aujourd’hui à épargner, on fait du temps notre principal allié. Plus on épargne tôt, plus notre argent a le temps de fructifier.

Aussi, les femmes qui prévoient prendre un congé de maternité ou prolonger ce dernier pendant que les enfants sont en bas âge auraient avantage à accumuler au préalable des fonds qui leur permettront de continuer à contribuer à leur épargne-retraite. Pouvoir compter sur l’aide financière de son conjoint, c’est bien, mais il faut aussi être en mesure de bénéficier d’assez de souplesse pour parer aux imprévus.

En matière d’assurance et d’investissement, les femmes sont souvent moins audacieuses, et craignent davantage le risque. Je serais portée à croire que cela est dû en partie à un manque de connaissances en ce qui touche les questions de finances personnelles. En développant leurs connaissances, les femmes pourront faire des choix d’investissements éclairés, faire fructifier leurs avoirs et maximiser leurs rendements. Se constituer un plan financier avec l’aide d’un conseiller de confiance pourrait être un excellent point de départ!

Le changement le plus porteur réside probablement dans la présence grandissante de femmes au sein d’institutions financières. À la Financière Sun Life, par exemple, le comité de direction est aujourd’hui paritaire. En outre, les femmes représentent une force montante dans notre réseau de carrière. L’intégration du point de vue des femmes dans le cœur de nos décisions est la meilleure approche pour répondre adéquatement aux besoins financiers de nos clientes – bien plus en fait que d’attribuer à des stéréotypes féminins l’incapacité du secteur financier à établir une solide relation avec elles.


 
Isabelle Hudon
Présidente, Financière Sun Life, Québec

Isabelle Hudon occupe depuis août 2010 le poste de présidente de la Financière Sun Life pour le Québec. À ce titre, elle chapeaute l’expansion des activités et l’engagement de l’entreprise dans la communauté.

Mme Hudon est reconnue sur la scène québécoise comme une femme d’affaires aux habiletés de leadership exceptionnelles. Sa grande expérience du milieu des affaires, son énergie débordante et sa grande disponibilité font d’elle un point de convergence de nombreux réseaux.

De 2004 à 2008, Mme Hudon a été présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Son passage a contribué à imposer l’influence et la pertinence de l’organisme. Elle est par la suite devenue présidente de Marketel, jusqu’à son arrivée à la Financière Sun Life.

Mme Hudon figure au palmarès 2005 des 40 Canadiens les plus performants de moins de 40 ans (Canada’s Top 40 under 40) et a été reconnue en 2006 et en 2012 parmi les 100 femmes les plus influentes du Canada (Canada’s Most Powerful Women: Top 100). Elle est aussi récipiendaire de la Médaille du jubilé de diamant remise par la Reine Elizabeth II pour sa contribution à la reconnaissance de l’importance de la culture au Canada. En 2011, elle a été nommée « Femme d’affaires de l’année » par le Choix du consommateur, et « Femme d’affaires francophone de l’année » par le Réseau des femmes d’affaires francophones du Canada (RFAFC).

L’implication active de Mme Hudon fait qu’on la retrouve à la table de nombreux conseils d’administration. Elle est présentement membre des conseils d’administration d’Hydro-Québec, d’Aéroports de Montréal, de Holt Renfrew Canada et de Turquoise Hill Resources (TSX : TRQ). Elle a également été présidente d’honneur du Gala 2013 des Grands Ballets Canadiens de Montréal.

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