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Épargne

Maximiser ses rentes de retraite

15 mai 2015 | René Lewandowski | Commenter

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Les personnes qui ont des enfants se posent inévitablement cette question un jour ou l’autre : que vais-je faire de ma vie lorsqu’ils quitteront la maison? Caroline, qui habite Québec, en est rendue là; son fils unique âgé de 22 ans vient tout juste de quitter le foyer familial pour vivre en appartement. À 58 ans, elle se retrouve seule et doit maintenant envisager comment vivre le dernier tiers (ou plus) de son existence.

Mais avant les projets, les finances. Car à quoi bon faire des plans si on n’a pas les moyens de les réaliser? C’est ce qu’elle pense, soucieuse, mais surtout curieuse de savoir comment elle pourrait planifier ses vieux jours, financièrement parlant.

Plusieurs questions lui trottent dans la tête, notamment ce qu’elle devrait faire d’une somme d’environ 90 000 $ provenant d’une double transaction impliquant la vente de sa maison et l’achat subséquent d’un condo, où elle habite depuis peu. Mais surtout, elle se demande comment maximiser ses prestations de retraite gouvernementales (Régie des rentes du Québec, pension de la Sécurité de vieillesse et Supplément de revenu garanti), qu’elle compte toucher vers 65 ans, le jour où elle arrêtera de travailler pour de bon.

L’avis de Jean Turcotte

Jean Turcotte,
directeur, groupe fiscalité, assurance et gestion de patrimoine à la Financière Sun Life

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Alexandre Lacoste

Alexandre Lacoste,
B.A.A., M.Sc, Pl. Fin., conseiller en sécurité financière

Alexandre Demets

Alexandre Demets,
conseiller en sécurité financière

Martin Côté

Martin Côté,
conseiller en sécurité financière

« Je suis complètement perdue. Malgré toutes mes recherches, je n’arrive pas à trouver des réponses complètes à mes questions », déclare Caroline.

Perdue peut-être, mais pas complètement sans moyens. Au fil des ans, Caroline a accumulé la somme de 126 850 $ dans ses REER. Celle-ci dispose aussi de 14 899 $ de droits de cotisation non utilisés. Elle possède 10 000 $ dans un CELI, et compte ajouter 5 000 $ de plus cette année. À cela, il faut bien sûr ajouter le montant de 90 000 $ qu’elle vient d’obtenir grâce aux transactions immobilières.

En ce qui concerne le salaire, comme gérante dans un magasin d’alimentation, elle touchera cette année environ 25 000 $. C’est d’ailleurs ce qu’elle envisage de gagner au cours des sept prochaines années, soit jusqu’à sa retraite définitive. « C’est suffisant pour vivre, affirme-t-elle, mais certainement pas assez pour épargner. » À la retraite, elle aimerait conserver ce modeste train de vie.

Alors quel serait le plan de match pour Caroline?

On entend souvent dire que la retraite doit se construire comme une maison à trois étages, où chacun des étages représente une source de revenus : les épargnes personnelles, les rentes de l’employeur et les rentes gouvernementales. L’addition des trois permet habituellement d’assurer une bonne retraite. Caroline, par contre, qui n’a pas de rente d’employeur, devra se débrouiller avec seulement deux étages. C’est plus difficile, certes, mais pas impossible.

Alexandre Lacoste Opinion no 1
Alexandre Lacoste, B.A.A., M.Sc, Pl. Fin., conseiller en sécurité financière

La situation financière de Caroline constitue un cas intéressant, en ce sens qu’elle réunit selon nous tout ce qu’il lui faut pour qu’elle atteigne ses objectifs de retraite. Elle a pu accumuler des économies somme toute assez importantes, compte tenu de ses modestes revenus. De plus, la somme de 90 000 $ provenant de la vente de sa maison et de l’achat d’un condo, représente un levier qui lui permettra de maintenir, à 65 ans, un niveau de vie comparable à celui qu’elle connaît actuellement (et même mieux), pour peu qu’elle utilise judicieusement les instruments financiers et les revenus gouvernementaux, qui sont à sa portée.

Nous recommandons à Caroline de tenir compte, dans sa planification de la retraite, de la valeur nette de son condo, que nous établirons ici de manière réaliste, pour les besoins de l’étude de cas, aux alentours de 150 000 $.

Puisque son condo est libre d’hypothèques, Caroline pourra tirer parti de cette valeur nette, qui aura sans doute augmenté, lorsque celle-ci atteindra l’âge de 75 ou de 80 ans, en vendant son condo. Le produit de cette vente, libre d’impôt, constituera une source de revenus non négligeable pour maintenir sa qualité de vie pendant ses vieux jours.

Elle pourrait par exemple investir cet argent pour tirer un revenu supplémentaire. Ou encore, si elle choisit de conserver son condo, il serait possible de prendre une marge hypothécaire jusqu’à hauteur de 65 % de la valeur du condo, marge qu’elle utiliserait ponctuellement pour répondre à certains besoins ou financer divers projets. Si Caroline ne projette pas de laisser d’héritage, elle n’aura pas à rembourser de son vivant le solde de la marge hypothécaire, qui sera réglé à son décès.

Mais Caroline a encore plusieurs années devant elle pour profiter de la vie, pendant sa vie active et à la retraite. À partir d’aujourd’hui jusqu’à ce qu’elle ait 65 ans, nous lui recommandons d’utiliser le montant de 90 000 $ pour verser 31 000 $ supplémentaires dans son CELI (pour un total de 41 000 $) immédiatement et 10 000 $ par année au cours des sept prochaines années, soit le maximum annuel autorisé actuellement pour ce régime; elle pourra ainsi maximiser son CELI, à hauteur de 111 000 $.

Compte tenu de son faible revenu, nous lui déconseillons de verser les cotisations non utilisées de son REER, puisque cela n’aurait qu’un impact limité (remboursement d’impôt minime). Il vaut mieux maximiser le CELI, dont les décaissements ne seront pas imposables, contrairement au REER.

Au chapitre des revenus, Caroline pourra maintenir son niveau de vie actuel (revenus de l’ordre de 1 667 $ par mois) sans problème en respectant une stratégie judicieuse d’utilisation des programmes de revenus gouvernementaux. L’objectif poursuivi consiste à tout mettre en œuvre afin que la plus grande part des revenus que touchera Caroline à l’âge de 65 ans soient non imposables.

Pour maximiser ses revenus, nous lui recommandons de ne demander les rentes du RRQ, qui sont imposables, qu’à compter de l’âge de 70 ans. Cela lui permettra de toucher des rentes bonifiées de 42 % (par rapport aux rentes qu’elle aurait touchées à 65 ans).

De 65 ans à 70 ans, comme les seuls revenus de Caroline proviendront des prestations de la Sécurité du vieillesse, qui seront de 564 $ par mois, elle pourra demander des prestations non imposables du Supplément de revenu garanti, qui devraient être d’environ 765 $ mensuellement, selon nos calculs. Ses besoins étant de 1 667 $ par mois, le manque à gagner de 338 $, pour obtenir le même revenu d’avant la retraite, pourra être décaissé, libre d’impôt, de son CELI, jusqu’à l’âge de 70 ans, alors qu’elle commencera à recevoir les rentes du RRQ. Puisque le solde de son CELI devrait alors être de l’ordre de 111 000 $ sans même tenir compte du rendement, qui sera en sus, elle pourrait poursuivre cette stratégie pendant plus de 27 ans avant d’avoir épuisé son CELI.

À compter de 70 ans, comme Caroline commencera à recevoir les rentes bonifiées du RRQ, lesquelles constitueront un revenu imposable qui s’ajoutera aux pensions de la Sécurité de la vieillesse, le montant du Supplément de revenu garanti sera grandement réduit. Mais Caroline pourra combler le manque à gagner en commençant dès lors à utiliser les fonds cumulés dans son REER, qui devraient alors avoir atteint, selon un rendement prudent de 3,75 %, près de 200 000 $.

À n’importe quel moment, au cours de la retraite, elle pourra également commencer, au besoin, à faire bon usage de la valeur nette de son condo pour combler les manques à gagner ponctuels, payer des frais médicaux et diverses autres dépenses imprévues.

En terminant, si elle souhaite en plus laisser un héritage à son fils, net d’impôts, elle pourrait, dès maintenant, souscrire une assurance-vie permanente de 250 000 $, et ce, sans avoir à changer son rythme de vie.

En respectant cette stratégie, Caroline pourra facilement maintenir son niveau de vie actuel à la retraite, et même s’offrir quelques voyages et réaliser certains projets de retraite qui lui tiennent à cœur.

Opinion no 2
Alexandre Demets, conseiller en sécurité financière

En matière de planification financière, le nombre de pistes de solution possibles n’a d’égal que celui du nombre de planificateurs financiers. D’emblée, nous recommandons toujours à nos clients de nous rencontrer préalablement avant d’élaborer une stratégie, afin de déterminer les divers facteurs qui entrent en jeu dans toute bonne planification : le budget actuel et celui prévu à la retraite, le profil d’investisseur, le degré de connaissance des divers moyens à la disposition du client pour constituer un niveau de vie conforme à ses objectifs à la retraite, la volonté de laisser ou non un héritage ainsi que les besoins en produits d’assurance, entre autres.

Souvent, les gens nourrissent à tort l’impression que les rentes qui proviendront du Régime de rentes du Québec (RRQ) et de la Sécurité de la vieillesse (SV), du gouvernement fédéral, au moment de leur retraite, seront dérisoires.

L’élément-clé de la situation de Caroline est sans contredit son modeste revenu actuel de 25 000 $ par année. La remarque qui précède s’applique tout particulièrement à son cas, puisqu’à elles seules, les prestations du RRQ et de la SV pourront combler la plus grande partie des revenus dont elle aura besoin pour maintenir le même niveau de vie lorsque viendra le moment de prendre sa retraite, dans sept ans.

L’effort à déployer pour épargner est bien moindre, pour une personne dont les revenus sont de l’ordre de ceux de Caroline, que pour une personne qui gagne de 50 000 $ à 60 000 $ par année, en raison du maintien du niveau de vie à la retraite.

En moyenne, les gens qui approchent de la retraite ont environ 125 000 $ dans leur REER, une maison payée ou parfois grevée d’une petite marge hypothécaire de 25 000 $ à 30 000 $, et une assurance-vie. Or, Caroline, à 58 ans, possède déjà 126 000 $ dans son REER, 10 000 $ dans son CELI, un capital disponible de 90 000 $ qui provient de la vente de sa maison et de l’achat de son condo, lequel est aujourd’hui entièrement payé. L’ensemble de ces ressources, conjuguées aux prestations du RRQ et de la SV auxquelles elle aura droit, nous donnent toute raison de croire qu’elle pourra facilement maintenir son niveau de vie actuel, à l’âge de la retraite.

Nous recommandons sans hésiter à Caroline de maximiser son CELI en utilisant le capital de 90 000 $ dont elle dispose, à la suite de l’achat de son condo. Le CELI offre le double avantage d’un rendement à l’abri de l’impôt, et d’une exonération de l’impôt au moment du décaissement des fonds. Cet outil financier permettra à Caroline de combler facilement, à l’abri de l’impôt, le faible manque à gagner entre le revenu souhaité pour maintenir son niveau de vie, et le montant total des rentes gouvernementales.

Caroline ne retirerait pratiquement aucun avantage à verser les cotisations non utilisées auxquelles elle a droit, dans son REER, compte tenu de la faiblesse de ses revenus (remboursement d’impôt minime). Nous lui conseillons d’axer sa stratégie d’épargne-retraite sur son CELI qui, au moment de la retraite, pourra lui permettre non seulement de combler le manque à gagner, mais également de payer diverses dépenses imprévues, ou encore de réaliser certains projets hors budget qui lui tiennent à cœur.

Il serait important de procéder à l’évaluation du niveau de tolérance au risque de Caroline, de façon à lui recommander les placements appropriés à détenir dans son CELI. Une approche prudente consisterait à lui recommander de détenir un portefeuille constitué à 30 % d’actions (pour profiter de la croissance potentiellement rapide de ce type de valeurs), et à 70 % de titres à revenu fixe. Un tel portefeuille peut offrir, selon une étude du journal Les Affaires, un rendement de l’ordre de 5,56 % par année, par opposition à un rendement de l’ordre 1,5 % pour un portefeuille exclusivement constitué de CPG.

Trop de gens voient la retraite comme « la fin » de leur vie active, plutôt que de comprendre qu’il s’agit plutôt de la mi-parcours d’une vie, d’où l’importance d’avoir, dans son CELI, un portefeuille de valeurs qui n’est pas exclusivement constitué de titres à revenus fixes, à faible rendement.

Nous recommandons donc à Caroline de placer les 90 000 $ de manière à maximiser son CELI, tout en conservant 9 000 $ comme fonds de secours.

Au chapitre des assurances, Caroline devrait selon nous envisager de souscrire une assurance soins de longue durée, afin de parer à toute éventualité en matière de santé. Grâce à ce produit, elle aurait droit à une prestation, qui peut varier de 200 $ à 2 000 $ par semaine, selon la formule d’assurance choisie. Cette approche l’aiderait à pourvoir à ses besoins, en sus de ses autres revenus, si elle était frappée d’une invalidité en raison d’un accident ou d’une maladie. On peut souscrire ce type d’assurance en payant une prime de 150 $ à 200 $ par mois, selon la couverture choisie.

Enfin, à supposer que Caroline souhaite laisser un héritage à son fils, elle aurait avantage à acheter une assurance-vie à l’avenant, si son employeur ne lui offre pas déjà une protection à ce titre.

Opinion no 3
Martin Côté, conseiller en sécurité financière

Pour bien conseiller Caroline dans l’établissement de sa stratégie d’épargne en vue de la retraite, il faudrait tenir compte de plusieurs éléments d’information que nous n’avons pas ici, dont son budget actuel (coût de la vie) et celui prévu à la retraite, la nature des placements qui se trouvent actuellement dans le CELI et le REER, ou encore le montant des rentes qu’elle recevra du Régime de rentes du Québec (RRQ), selon l’âge auquel elle entend s’en prévaloir.

Néanmoins, nous pouvons émettre, à défaut, certaines hypothèses qui nous permettront de recommander une stratégie adéquate. Celle-ci donnera la possibilité à Caroline d’atteindre ses objectifs de retraite, soit, essentiellement, de maintenir son niveau de vie actuel, une fois qu’elle se retirera du marché du travail, dans sept ans (à l’âge de 65 ans).

Ainsi, pour les besoins de notre analyse, nous avons établi à environ 6 000 $ par an le montant des prestations qu’elle recevra, à 65 ans, du RRQ et à 6 000 $ également de la Sécurité de la vieillesse (SV), du fédéral.

Notre première recommandation : maximiser le CELI en utilisant les 90 000 $ résiduels de la vente de sa maison et de l’achat de son condo actuel. Le solde de sa réserve, sur les 90 000 $, serait alors de 60 000 $, que nous lui recommandons de placer dans des titres de catégories de société, en respectant un profil d’investisseur prudent, pendant les trois à quatre prochaines années. Ce type de produit permet de minimiser l’incidence fiscale du rendement, qui est à l’abri de l’impôt.

Nous conseillons à Caroline de ne pas cotiser à son REER, ou de ne le faire que parcimonieusement, avec le jugement éclairé de son comptable, compte tenu de la faiblesse de ses revenus (faible remboursement d’impôt consécutif aux cotisations).

Nous pourrions explorer avec elle la question de ses besoins éventuels en matière de santé. A-t-elle une assurance collective de son employeur, qui contribuerait à pourvoir à ses besoins en cas d’accident ou de maladie? Dans la négative, nous lui conseillons de souscrire une assurance soins de longue durée, par exemple. Ce type de produit, d’une grande souplesse, lui permettrait de parer aux « coûts » éventuels liés à une détérioration de son état de santé, aujourd’hui et à la retraite, tout en respectant son budget quant aux primes à payer.

Selon son profil de tolérance au risque, Caroline pourrait placer les titres de son portefeuille REER (valeur totale de 126 850 $), exclusivement, dans le produit qui offre un rendement garanti de 5 % et prévoit une rente à vie de 4,5 % garantie, qui correspondrait ici à 9 418 $ minimalement par année à compter de 71 ans. Le calcul de cette rente se fait comme suit :
5 % de 126 850 $ = 6 342 $ de bonification annuelle X 13 ans = 82 446 $.
Ainsi, à 71 ans, Caroline aurait assurément la somme de 209 296 $ (126 850 $ + 82 446 $) pour se créer une rente à vie de 4,5 %. Ce produit permet de garantir un revenu minimal intéressant, et Caroline pourrait de plus tirer parti du marché boursier.

Selon nos calculs, les revenus imposables de Caroline à 65 ans seraient donc de l’ordre de 12 800 $
(6 000 $ du RRQ, et 6 800 $ de la SV). Elle recevra un montant non imposable de 5 600 $ du Supplément de revenu garanti, auquel elle sera admissible compte tenu de ses faibles revenus. Dans ce scénario, l’impôt à payer annuellement sera minime.

Le manque à gagner, pour atteindre son revenu actuel de 25 000 $, serait donc de 6 500 $, montant qu’elle pourra décaisser, à l’abri de l’impôt, de son CELI. Lorsqu’elle aura atteint 71 ans, comme Caroline devra commencer à décaisser son REER, soit une rente de 4,5 % garantie à vie (9 418 $) imposable, le montant du Supplément de revenu garanti sera presque nul; elle paiera davantage d’impôt, mais son revenu annuel total de diminuera pas.

Par ailleurs, à 65 ans, Caroline possédera plusieurs éléments d’actif : 100 000 $ dans son CELI (90 000 $ provenant de l’achat du condo + 10 000 $ déjà dans le CELI, sans compter le rendement au cours des sept prochaines années). Dans cette hypothèse, le CELI pourra faire l’objet de décaissements de 6 500 $ par année pendant 15 ans; elle aura alors 80 ans.

Caroline a donc l’assurance d’avoir les mêmes revenus, jusqu’à l’âge de 80 ans, sans compter les rendements de ses placements. Vivant seule, elle détient plus de 200 000 $ en épargne, a un train de vie modeste, et 50 % de ses revenus à la retraite proviendront des rentes gouvernementales. Selon nos calculs, en respectant cette stratégie, elle devrait avoir un montant d’épargne de l’ordre de 275 000 $ au moment de la retraite.

Au chapitre du logement, compte tenu de sa situation de vie, nous recommandons à Caroline de vendre son condo, dont le produit (d’au moins 150 000 $) serait net d’impôt, pour vivre dans un appartement, afin d’éviter les tracas liés à la propriété d’un condo. Mais cela relève strictement d’un choix personnel. Si elle ne vend pas le condo, elle pourra en utiliser la valeur nette de diverses façons; marge hypothécaire, par exemple, comme fonds de secours ou pour réaliser divers projets.

Enfin, si Caroline souhaite laisser un héritage à son fils, elle pourrait souscrire une assurance-vie permanente, par exemple. Le capital assuré dépendra bien sûr de ses objectifs et de son budget.

En résumé, Caroline est en excellente position pour vivre une retraite à la hauteur de ses attentes, alors qu’elle pourra maintenir son niveau de vie actuel.


 

Jean Turcotte

L’avis de Jean Turcotte
directeur, groupe fiscalité, assurance et gestion de patrimoine à la Sun Life

De façon générale, la planification de la retraite de Caroline consistera à déterminer le revenu dont elle aura besoin quand elle quittera le marché du travail. Ensuite, elle devra effectuer des projections à l’égard du capital requis pour obtenir le niveau de vie désiré, et ce, en prenant en compte la fiscalité et les exigences liées aux prestations gouvernementales.

La situation de Caroline est assez particulière, car elle possède un actif immobilier d’une valeur assez élevée malgré son revenu actuel de 25 000 $. Pour lui dresser un plan détaillé, il faudrait obtenir plus d’information, notamment sur les revenus d’emploi dont elle a disposé par le passé, car ceux-ci vont déterminer le montant de ses prestations du Régime de rentes du Québec (RRQ) au moment de la retraite. Du côté fédéral, elle aura droit à la Pension de sécurité de la vieillesse (PSV), qui est universelle, et possiblement en totalité ou en partie le Supplément de revenu garanti (SRG).

Quoi qu’il en soit, la priorité de Caroline consiste à estimer son coût de vie au moment de la retraite et d’optimiser le revenu imposable qu’elle aura à ce moment-là; si celui-ci dépasse les limites prescrites, cela pourrait amputer son SRG en partie ou même en totalité. Dans ce contexte, le CELI représenterait certainement un outil de prédilection à optimiser pour le moment; les retraits ne sont pas imposables et n’affectent donc pas le SRG. Caroline devrait le maximiser dès cette année en fonction de sa capacité financière en puisant dans les fonds de sa transaction immobilière.

Dans un second temps, elle pourrait cotiser à son REER, mais en gardant à l’esprit que l’argent devra être décaissé à 71 ans, et sera imposable. Encore une fois, cela risque d’amputer le SRG.

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