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Perspectives pour 2018 : hausse des actions, hausse du risque

11 janvier 2018 | Sadiq S. Adatia, premier directeur des placements | Commenter

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Sadiq S. Adatia, premier directeur des placements*

Sadiq S. Adatia, premier directeur des placements*

L’accélération de la croissance mondiale et une autre année de bénéfices substantiels pour les entreprises pourraient favoriser une reprise des marchés boursiers en 2018. Toutefois, il existe des risques : la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait intervenir et déclencher plusieurs hausses de taux d’intérêt cette année et l’inflation pourrait enfin sortir de sa longue léthargie.

Aux États-Unis, l’indice S&P 500 est sur le point d’entrer dans la neuvième année du marché haussier qui a émergé des profondeurs de la crise financière de 2008. Cette tendance haussière à long terme pourra-t-elle se poursuivre? Seul le temps nous le dira; toutefois, la confiance des consommateurs renaît, les fondamentaux économiques semblent solides, et la réforme fiscale et la déréglementation pourraient potentiellement stimuler la croissance économique.

Par conséquent, nous pensons que les actions américaines entameront une lente progression en 2018, même si nous ne prévoyons pas que les gains seront aussi exceptionnels que l’année dernière.

Cependant, l’économie américaine tournant actuellement à plein régime, l’inflation pourrait commencer à grimper lentement. Nous pensons que la Fed est déjà prête à relever ses taux d’intérêt au cours des prochains mois et, si l’inflation connaît une soudaine poussée, elle aura une raison supplémentaire de le faire. L’histoire montre qu’une hausse régulière des taux d’intérêt entraîne un accroissement de la volatilité et un ralentissement de la croissance.

L’économie européenne a souffert de l’émergence de l’extrême droite, de la présence de candidats politiques anti-Union européenne et de la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne (UE). Quoi qu’il en soit, les électeurs se sont rangés du côté des partis pro-européens et les négociations entourant la sortie du Royaume-Uni de l’UE n’ont pas créé beaucoup de vagues.

Pendant que les risques politiques continuent de s’atténuer, l’économie de la zone euro s’améliore et le taux de chômage baisse de manière constante tandis que le niveau de confiance des consommateurs augmente. Nous ne pensons pas que la Banque centrale européenne augmentera ses taux en 2018. Les valorisations des actions européennes étant plus faibles que celles des actions américaines, elles pourraient progresser légèrement au cours de l’année.

Les marchés émergents ont commencé leur reprise au début de l’année dernière quand il est devenu évident que le président Donald Trump n’allait pas mettre en place les politiques commerciales rigoureuses qu’il avait promises. Il est peu probable que le rendement des actions des marchés émergents atteindra le niveau de près de 30 % observé en 2017. Toutefois, les valorisations boursières demeurent attrayantes, et la croissance, solide par rapport à celle des marchés développés. Nous prévoyons donc que les actions des marchés émergents grimperont de nouveau cette année.

Cela dit, quelques nuages se dessinent à l’horizon. Si la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis favorise la progression du billet vert, elle pèsera sur les marchés émergents qui sont très dépendants des produits de base importés. Et la Chine reste un enjeu de taille. Si son économie vacille, c’est l’ensemble des marchés émergents qui pourrait en souffrir.

De son côté, l’économie canadienne semble vouée à connaître une année difficile. La croissance a été tirée par un marché immobilier en plein essor et par le rythme d’endettement record des consommateurs. Le marché immobilier semble avoir atteint un sommet et pourrait avoir amorcé un déclin, tandis que les consommateurs à court d’argent n’ont probablement pas le pouvoir d’achat nécessaire pour faire rouler l’économie. Ajoutons à cela la possible abrogation de l’ALENA; il est donc difficile d’être optimiste à l’égard de l’économie canadienne.

Il est peu probable que celle-ci obtienne le coup de pouce nécessaire du prix du pétrole qui, à notre avis, se maintiendra à l’intérieur d’une fourchette de 50 $ US à 65 $ US le baril. De plus, étant donné le paysage économique canadien, l’indice composé S&P/TSX pourrait chuter cette année.

RISQUES LIÉS AU MARCHÉ 

Sur le plan géopolitique, l’impasse sur la question du nucléaire nord-coréen devrait persister. À l’amorce de la nouvelle année, ce problème semble s’être atténué, mais les risques demeurent bien présents.

Aux États-Unis, la controverse entourant le président Trump sera toujours d’actualité. Mais nous pensons que les marchés continueront d’évoluer en fonction des fondamentaux économiques et non du sort du président.

La solide croissance économique pourrait entraîner une hausse cyclique de l’inflation, au moment même où de plus en plus de banques centrales s’efforcent de normaliser la politique monétaire, ce qui pourrait provoquer un net regain de volatilité. 

TITRES À REVENU FIXE

En 2018, le marché des titres à revenu fixe se présente comme un contraste entre la politique de la Fed et celle de la Banque du Canada. Comme nous l’avons mentionné précédemment, la Fed pourrait augmenter ses taux plusieurs fois cette année, tandis que la Banque du Canada, aux prises avec un certain nombre de défis économiques, restera sur la touche jusque vers la fin de 2018.

Par conséquent, nous nous attendons à ce que les taux des obligations du Canada demeurent essentiellement les mêmes. Toutefois, les prix des obligations américaines pourraient baisser si la Fed effectue plusieurs tours de vis monétaires.

En outre, si la Banque du Canada privilégie le statu quo (sur fond de hausse probable de la valeur du dollar américain stimulée par le relèvement des taux de la Fed), il est difficile de concevoir comment le dollar canadien pourrait s’apprécier cette année; en fait, il pourrait plutôt se déprécier.

RÉSUMÉ DES PERSPECTIVES POUR 2018 :

  • Dans l’ensemble, nous sommes modérément optimistes à l’égard des actions.
  • Nous sommes un peu pessimistes à l’égard des obligations.
  • Les marchés étrangers réaliseront des gains tandis que l’indice composé S&P/TSX restera à la traîne.
  • L’indice composé chutera.
  • La volatilité des marchés accroîtra.
  • Le dollar canadien pourrait se déprécier.

* Sadiq S. Adatia, premier directeur des placements

Sadiq S. Adatia est premier directeur des placements, Placements mondiaux Sun Life (Canada) inc. et membre principal de l’équipe de direction. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, Monsieur Adatia a la responsabilité d’apporter aux clients ce qu’il y a de mieux en termes de gestion de l’actif et de solutions novatrices du monde entier. Il tirera aussi parti de ses compétences en placements pour faire des commentaires sur les placements auprès des clients et des médias. Monsieur Adatia est entré au service de Placements mondiaux Sun Life en juillet 2011, avec plus de 15 ans d’expérience dans l’industrie des placements. Auparavant, il était premier directeur des placements d’Investissements Russell, poste qu’il occupait depuis 2008. Dans le cadre de ses fonctions, Monsieur Adatia avait la responsabilité de tous les fonds de placement canadiens et étrangers vendus au Canada et était aussi gestionnaire de portefeuille pour les fonds d’actions canadiennes, de dividendes et de titres d’entreprises à petite capitalisation ainsi que pour les portefeuilles équilibrés. Il a aussi été dirigeant conseil en placements pour le centre du Canada de la société Mercer Investment Consulting. Monsieur Adatia est membre de l’événement annuel Up the Down Market Event, pour la Fondation pour la recherche sur le syndrome de Down, et du comité de l’éducation et des examens pour la Société des actuaires. Il a obtenu un baccalauréat en mathématiques de l’Université de Waterloo, avec spécialisation en science actuarielle. Il est aussi analyste financier agréé (CFA Charterholder), Fellow de la Société des actuaires (spécialité en placements) et Fellow de l’Institut canadien des actuaires.

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