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Épargne

Le coût véritable des retraits anticipés de REER

1er avril 2013 | Soumis par la Financière Sun Life

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De plus en plus de Canadiens retirent des fonds de leurs REER bien avant l’âge de retraite.

Selon un récent sondage, plus d’un tiers (36 %) d’entre eux ont indiqué avoir retiré de l’argent de leurs REER en 2012 par rapport à 23 % en 2005. Le montant moyen des sommes retirées a aussi enregistré une hausse rapide : 24 531 $ en 2012, soit plus du double des retraits de 2005 (10 716 $).

Les retraits anticipés sont de plus en plus courants. Mais sont-ils judicieux? Dans la plupart des cas, ils ne le sont pas. Ils dissimulent souvent des coûts qui peuvent nuire à l’épargne-retraite à long terme de vos clients.

Faites le calcul

Les retraits anticipés des REER ont trois conséquences coûteuses.

1. Perte d’accroissement exempt d’impôt

En retirant des fonds d’un REER, les clients perdent un de ses principaux avantages : l’accroissement de leur capital en franchise d’impôt. En effet, les gains accumulés dans leurs REER sont exempts d’impôt jusqu’à leur retrait et, compte tenu de la capitalisation, tout retrait, aussi minime soit-il, peut avoir des répercussions importantes sur la valeur à long terme de leur épargne.

Par exemple, si un client retire 6 000 $ de son REER alors que son rendement est de 7 % par année, après 25 ans il aura une perte de plus de 32 000 $ dans son REER.

2. Retraits imposables

Toute somme retirée d’un REER fait immédiatement l’objet d’une retenue d’impôt. À combien s’élèvera l’impôt? Cela dépend du montant du retrait :

Montant du retrait Retenue d’impôt dans toutes les provinces, sauf le Québec Retenue d’impôt au Québec
Jusqu’à 5 000 $ 10 % 21 %
Entre 5 000 $ et 15 000 $ 20 % 26 %
Plus de 15 000 $ 30 % 31 %

 

Mais ce n’est pas tout! Le montant du retrait sera inclus dans la déclaration de revenus de l’année; donc, si le taux marginal d’imposition d’un client est supérieur au taux de retenue d’impôt, il lui faudra payer plus d’impôt à la fin de l’année sur les fonds retirés.

3. Perte définitive de droits de cotisation

Lorsque les clients retirent des fonds de leurs REER, ils perdent à jamais les droits de cotisation qu’ils ont utilisés pour y verser ces fonds. Bien qu’ils puissent continuer de verser la cotisation maximale à leurs REER, ils ne pourront pas verser à nouveau le montant de la cotisation qu’ils ont retirée. La valeur potentielle de leurs REER à la retraite s’en trouvera ainsi réduite.

Exceptions à la règle

Dans certaines circonstances, il peut être avantageux d’effectuer un retrait anticipé d’un REER. En effet, les retraits effectués dans le but d’acquérir une maison ou de payer des frais de scolarité sont traités différemment des autres retraits anticipés.

Dans le cadre du Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP), les clients peuvent retirer jusqu’à 10 000 $ par année de leurs REER pendant quatre ans (jusqu’à concurrence de 20 000 $) pour payer leurs frais de scolarité ou ceux de leur conjoint (mais pas ceux de leurs enfants). Ils doivent rembourser intégralement les sommes retirées dans les 10 ans. Le conjoint peut aussi utiliser le REER pour participer au programme, sous réserve des mêmes conditions.

Le Régime d’accession à la propriété (RAP), quant à lui, permet aux clients et à leur conjoint d’emprunter 25 000 $ chacun de leurs REER afin de construire ou d’acheter une habitation, à condition qu’ils n’aient ni l’un ni l’autre été propriétaire au cours des cinq dernières années. Ils doivent rembourser les sommes empruntées à leur REER dans les 15 années suivant le retrait. Toutefois, il est peu probable que ce type de retrait soit effectué par les clients à l’âge de la retraite, car 77 % des Canadiens âgés de 50 à 69 ans1 sont déjà propriétaires d’une habitation.

Les sommes retirées dans le cadre du REEP et du RAP ne sont pas imposables, à condition qu’elles soient remboursées dans les délais prescrits et que toutes les autres conditions soient satisfaites. Bien que ces retraits n’entraînent pas la perte des droits de cotisation pour ces montants retirés, ils priveront les clients de l’accroissement de leur capital en franchise d’impôt tant qu’ils n’auront pas remboursé leur emprunt. Plus vite ils pourront rembourser les fonds retirés, moins la perte d’accroissement sera importante.

Et si les clients ont besoin d’argent?

Si des clients ont besoin d’argent en cas d’imprévu, ils devraient étudier d’autres possibilités avant de piger dans leur épargne-retraite.

S’ils ont des certificats de placement garanti (CPG) non enregistrés ou des obligations d’épargne, conseillez-leur d’avoir recours à ces placements en premier. Ils perdront sans doute des revenus de placement, mais ils ne devront renoncer à aucun avantage fiscal. S’ils réservaient ces fonds pour la retraite, il leur faudrait peut-être modifier les cotisations de leur régime d’épargne-retraite afin de disposer de fonds suffisants pour atteindre le niveau de vie qu’ils souhaitent.

Si des clients ont besoin d’une source régulière de fonds en cas d’urgence, suggérez-leur de songer à affecter certains fonds prévus pour un REER à un compte d’épargne libre d’impôt (CELI).

Les retraits de REER, dans la plupart des cas, devraient être évités. Les restrictions gouvernementales en place encouragent les Canadiens à laisser leur argent dans leurs REER afin qu’ils puissent devenir une source de revenu pendant la retraite, ce qui est la principale raison d’être des REER.

1Tendances de l’accession à la propriété selon l’âge et le revenu du ménage. Statistique Canada, 29 janvier 2013.

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