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Épargne

Quel est le meilleur outil de planification de la retraite : le REER ou le CELI?

20 février 2014 | Soumis par la Financière Sun Life | Commenter

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Cet article a été rédigé par la Financière Sun Life. Les points de vue qui y figurent ne reflètent pas nécessairement ceux des Éditions Rogers.


 

REER ou CELI : Où placer votre épargne-retraite?

Lors du lancement du CELI, en 2009, le plafond de cotisation annuel de 5 000 $ ne laissait pas entrevoir un outil de planification de la retraite très prometteur. Mais à peine cinq ans plus tard, avec un plafond de cotisation de 5 500 $ pour 2013 et 2014, le CELI permet de faire fructifier, à l’abri de l’impôt, des cotisations cumulatives pouvant atteindre 31 000 $.

Nous avons demandé à deux conseillers de nous donner leur avis sur le rôle du CELI dans la planification de la retraite et de nous dire s’ils croient que cette solution est en voie de devenir plus intéressante que le REER.


 

Michael Job, CFA
Gestionnaire de portefeuille
Leith Wheeler

Depuis la création du CELI, le gouvernement a présenté cet outil comme un complément aux autres options de comptes enregistrés, comme le REER et le REEE. Je suis plutôt d’accord; le CELI permet d’ajouter une corde à son arc.

Le REER reste un excellent moyen de générer un revenu après la vie professionnelle active. Il permet aux épargnants de cotiser à un compte à imposition reportée et de réduire leur revenu imposable du montant de leur cotisation pour l’année d’imposition. Cet avantage est unique au REER, et le CELI ne peut l’égaler.

Le CELI devient un outil de placement de plus en plus intéressant pour ceux qui ont des liquidités excédentaires ou qui détiennent un portefeuille de placements imposables, puisque les cotisations, la plus-value et les retraits du CELI sont à l’abri de l’impôt. Les personnes qui avaient 18 ans lors de la création du CELI bénéficient de droits de cotisation de 31 000 $ au 1er janvier 2014. C’est un montant appréciable.

Je recommande aux personnes ayant un revenu faible ou moyen de privilégier le CELI par rapport au REER si elles ne sont pas en mesure de cotiser aux deux. La valeur de la déduction fiscale associée à la cotisation REER est moins grande pour les personnes dont la fourchette d’imposition est basse que pour celles qui sont assujetties à un taux d’imposition marginal plus élevé.

Avant la retraite, le CELI offre plus de souplesse, puisque le cotisant peut retirer une cotisation passée pour rembourser une dette ou couvrir un manque à gagner, par exemple, puis verser à nouveau cette cotisation l’année civile suivante. Durant les années qui précèdent immédiatement le 71e anniversaire, le CELI est une option intéressante pour les retraités qui n’accumulent pas beaucoup de droits de cotisation REER, parce que les droits de cotisation CELI sont offerts à tous les résidents canadiens majeurs titulaires d’un NAS.

L’année du 71e anniversaire est la dernière où l’on peut cotiser au REER. Par la suite, il faut retirer les fonds ou les transférer dans un FERR, ou encore s’en servir pour souscrire une rente. Pendant la retraite, le CELI peut servir à compenser un manque à gagner entre les dépenses liées au mode de vie et le montant du retrait obligatoire du FEER. Le CELI offre un autre avantage de taille : les intérêts ou revenus de placement gagnés dans le CELI n’ont aucune incidence sur l’admissibilité aux prestations fondées sur le revenu versées par le gouvernement fédéral, comme la sécurité de la vieillesse (SV) ou le supplément de revenu garanti (SRG). Cet avantage peut faire une différence énorme pour ceux qui dépendent de ces programmes pour acquitter leurs frais de subsistance.

Il est aussi important de prendre en compte les conséquences fiscales du REER et du CELI dans le contexte de la planification successorale. Quand le REER est compris dans le patrimoine du défunt ou légué à un bénéficiaire de la génération suivante, sa pleine valeur est imposée à titre de revenu. À l’opposé, le CELI est plus avantageux fiscalement dans le cadre de la planification successorale, parce que sa valeur au décès du titulaire initial n’est pas imposable lorsqu’elle est transmise à un bénéficiaire de la génération suivante.

Toutefois, la plupart des familles fortunées utilisent les deux comptes dans leur plan successoral global, étant donné que dans bien des cas, l’actif des comptes REER des membres les plus âgés de la famille est maintenant beaucoup plus élevé que celui de leurs CELI. Cela s’explique surtout par le fait que le REER est offert depuis beaucoup plus longtemps que le CELI. En outre, le plafond de cotisation REER annuel de la plupart des personnes fortunées dépasse largement le plafond de 5 500 $ du CELI.

Bien sûr, le choix de la stratégie à adopter varie considérablement selon la situation. Pour optimiser le REER et le CELI dans le cadre de la planification de la retraite, les conseillers doivent travailler avec les clients de manière à évaluer leurs revenus et leur portefeuille de placements actuels, de même que leurs revenus et objectifs de placements pour l’avenir.


 

Christina Anthony, CFA
Vice-présidente, directrice et gestionnaire de portefeuille
Odlum Brown

En règle générale, si votre taux d’imposition marginal est plus élevé aujourd’hui que le taux que vous prévoyez à la retraite, le REER est plus approprié que le CELI. L’inverse est vrai si vous prévoyez que votre taux d’imposition marginal à la retraite sera plus élevé que maintenant. Cette règle s’applique sans égard au nombre d’années qu’il reste avant le départ à la retraite. Toutefois, plus l’âge de la retraite approche, plus on peut avoir une idée claire des revenus futurs et rajuster la stratégie en conséquence.

Mes clients peuvent se demander quel est le meilleur des deux outils d’épargne s’ils sont actuellement imposés au taux marginal le plus élevé et prévoient l’être encore à la retraite. Idéalement, leur revenu disponible devrait leur permettre de cotiser aux deux, mais sinon les deux choix sont équivalents. Le moyen de départager les deux pourrait être de déterminer si le revenu à la retraite sera à ce point élevé que le fisc récupérera la totalité des prestations de la sécurité de la vieillesse. À la limite, le client pourrait décider de cotiser davantage au CELI, parce que les retraits n’augmenteront pas son revenu et n’auront donc aucune incidence sur l’admissibilité aux prestations de l’État fondées sur le revenu.

Le rôle du REER et du CELI dans la planification successorale est un autre facteur de plus en plus important que les familles fortunées doivent prendre en compte. Dans la perspective de l’épargne au profit de la prochaine génération, le CELI constitue un meilleur choix. Dans le cas du REER, il faudra au bout du compte faire les retraits minimums du FERR, ce qui mettra fin au report de l’impôt. Dans le cas du CELI, il n’y a aucun retrait obligatoire et l’argent peut simplement continuer de fructifier à l’abri de l’impôt. De plus, cet argent est légué en franchise d’impôt aux héritiers. Actuellement, les deux conjoints ont des droits de cotisation CELI combinés de 62 000 $. On peut raisonnablement supposer qu’au fil du temps, certains vont finir par accumuler un million de dollars ou plus dans le CELI, et cette somme pourra être léguée à la génération suivante en franchise d’impôt.

Le traitement fiscal des revenus de placement réalisés dans le REER peut être un élément déterminant dans certains cas. Par exemple, si la totalité des placements du REER est en obligations, les revenus d’intérêts seront à l’abri de l’impôt durant une certaine période. Comme les revenus d’intérêts des obligations sont assujettis à un taux d’imposition plus élevé que les gains en capital ou les dividendes provenant des actions, cette stratégie pourrait sembler avantageuse.

Mais si vous avez plutôt fait des placements en actions dans le REER, et que le rendement des actions a été nettement supérieur à celui des intérêts sur les obligations, il est plus avantageux pour vous que ces gains aient été faits à l’abri de l’impôt dans le REER. En effet, même après impôts, vous épargnez davantage avec les gains sur les actions qu’avec le revenu en intérêts sur les obligations.

Un dernier point : des facteurs non mathématiques entrent aussi en jeu dans l’analyse de chaque situation. Si vous recherchez la souplesse, le CELI pourrait mieux vous convenir. Mais certaines personnes ne veulent pas de cette souplesse, parce que cela modifie leur comportement. Elles ont besoin des limites du REER et de la certitude de devoir payer de l’impôt lorsqu’elles feront des retraits, afin de s’astreindre à ne pas toucher cet argent.

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