A A A
Blogue

2013, l’année de la retraite au Québec

2 avril 2013 | Sylvain Bouffard

  • envoyer
  • imprimer


Par Sylvain Bouffard, directeur, Affaires publiques – Québec, Financière Sun Life

Avec la nouvelle année qui commence, il est de bon ton de humer le vent et de tenter de déceler LA tendance qui figurera au cœur de tous les bilans d’année qui seront publiés en décembre 2013.

Je ne voudrais évidemment pas gâcher le plaisir des chroniqueurs et des analystes de tout acabit, mais à mon avis, il est inutile de chercher : au Québec, 2013 sera l’année de la retraite.

La première raison — et possiblement la plus évidente — c’est qu’une masse de baby-boomers prendra sa retraite cette année. Déjà, en 2011, les premiers enfants du baby-boom franchissaient le cap des 65 ans. Or, considérant que l’âge moyen de la retraite au Québec se rapproche davantage de 61 ans que de 65, cela veut dire que les cohortes les plus nombreuses de baby-boomers — celles nées après 1953 notamment — doivent songer plus que jamais à l’arrivée de la retraite. À moins, bien sûr, que ce ne soit déjà chose faite.

À cet égard, il est intéressant de constater que le Québec devrait compter en 2013 plus d’un demi-million de personnes âgées entre 60 et 64 ans1. Disons que le potentiel est là pour que le sujet soit à la mode…

Cela dit, il y a plusieurs autres raisons qui font que 2013 sera l’année de la retraite — et malheureusement, elles ne sont pas toutes heureuses.

À vrai dire, l’arrivée massive des baby-boomers à la porte de sortie du marché du travail coïncide avec une période boursière particulièrement tumultueuse, qui a laissé dans son sillage des dégâts importants dans bon nombre de caisses de retraite. Bref, certains futurs retraités s’interrogeront en 2013 sur la suffisance de leur épargne. Dans pareille conjoncture, l’établissement d’une relation avec un conseiller pourrait justement être le geste susceptible de faire de 2013 l’année de leur retraite. Certains employeurs, quant à eux, continueront à se demander comment ils feront pour rétablir ou pour solidifier la solvabilité de la caisse de retraite de leurs employés.

Dans ce contexte exceptionnel, la publication du rapport et des recommandations du groupe d’experts sur le système de retraite québécois, présidé par M. Alban D’Amours, pourrait fort bien être un événement marquant de l’année. Attendu dans les premiers mois de 2013, ce rapport devrait contenir une série de recommandations visant à améliorer pour ne pas dire rétablir la solidité du système de retraite québécois dans son ensemble. Il est notamment prévu que le comité se prononce sur les situations difficiles que connaissent les régimes à prestations déterminées, tant privés que publics. Si le gouvernement donne suite rapidement aux suggestions du comité D’Amours, 2013 pourrait être une année de changements majeurs et déterminants pour la retraite des travailleurs — jeunes comme âgés.

Enfin, en plus des mesures qui pourraient être adoptées à la suite du dépôt du rapport du comité D’Amours, 2013 devrait permettre de confirmer la naissance d’un outil important pour l’épargne-retraite des travailleurs québécois : les «RVER», c’est-à-dire les régimes volontaires d’épargne-retraite.

Si tout se déroule comme prévu, un projet de loi devrait être déposé en ce sens dans les premiers mois de l’année et les premiers RVER pourraient voir le jour fin 2013 ou début 2014.

Là encore, on parle d’une nouveauté qui est susceptible d’avoir une portée considérable. En effet, l’un des grands objectifs des RVER est de rendre une forme d’épargne au travail accessible aux centaines de milliers d’employés de PME qui n’ont pas de régime de retraite. Et le principe est fort simple. Les entreprises de 5 employés et plus devront offrir (sans obligation de cotiser) un RVER quand elles n’ont pas déjà un outil d’épargne-retraite en place. Avec des mécanismes d’inscription automatisés pour les employés, plusieurs croient que les RVER pourraient en quelques années accueillir l’épargne de près d’un million de travailleurs. C’est beaucoup de monde.

Pour toutes ces raisons, parler retraite en 2013 risque d’être extrêmement tendance. Et peut-être que cela donnera à certains le goût de prendre part à la conversation — ou encore, plus simplement, de parler de leur retraite.


 
1 Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec

Source originale : 2013, l’année de la retraite au Québec, par Sylvain Bouffard pour SimplementBrillant.ca.

© Sun Life du Canada, compagnie d’assurance-vie, 2013


 

Sylvain Bouffard

Directeur, Affaires publiques – Québec, Sun Life Financial Canada

Sylvain Bouffard occupe le poste de Directeur, Affaires publiques – Québec au sein de la Financière Sun Life depuis janvier 2011. À ce titre, il est responsable de l’ensemble des relations gouvernementales de l’entreprise sur le territoire québécois et fournit un conseil stratégique aux différentes lignes d’affaires sur les enjeux politiques et économiques pouvant les toucher. Il veille également à ce que la Financière Sun Life joue un rôle contributif dans la réflexion et les débats publics qui touchent ses domaines d’expertise, notamment en matière de préparation et de financement de la retraite. Ses talents de rédacteurs sont par ailleurs mis en valeur dans une grande variété de communications officielles, de même que sur le site simplementbrillant.ca.

Avant de joindre l’équipe de la Financière Sun Life, Sylvain a occupé les fonctions de directeur des communications et des partenariats à l’Institut de Cardiologie de Montréal et celles de directeur, stratégie et politiques à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. S’appuyant sur une grande capacité d’analyse et une compréhension fine des enjeux politiques et économiques, il s’est distingué durant cette période par la préparation de prises de positions claires, soutenues par des outils de communication percutants et efficaces.

Sylvain détient une formation universitaire en anthropologie culturelle (B.A. es Arts, Université McGill, 1998) et en relations internationales (M.Sc., London School of Economics). En plus de l’anglais, il parle couramment l’espagnol et possède les notions de base du mandarin. Il siège enfin aux conseils d’administration de CIRANO, de la Société de verdissement du Montréal métropolitain (SOVERDI) et de la compagnie de théâtre jeune public Le Clou.

Loading comments, please wait.