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Situation économique de 2016 : clés pour apaiser les craintes des clients

22 février 2016 | Rocco Taglioni | Commenter

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Vice-président principal, chef de la distribution, assurance individuelle et gestion de patrimoine*

Rocco Taglioni, vice-président principal, chef de la distribution, assurance individuelle et gestion de patrimoine*


Rocco Taglioni, vice-président principal, chef de la distribution, assurance individuelle et gestion de patrimoine, Financière Sun Life et Sadiq S. Adatia évoquent les perspectives économiques pour 2016 et partagent quelques idées pour répondre aux inquiétudes des clients.

Prix du pétrole au plus bas, chute rapide du dollar canadien, volatilité des marchés boursiers – comment interpréter ces événements?

Les clients s’attendent, d’abord et avant tout, à ce que vous leur donniez des conseils et à ce que vous les guidiez. D’après un récent sondage, les Canadiens s’inquiètent de l’économie nationale et de leur situation financière personnelle[1] :

• 44 % des répondants prévoient que l’économie    canadienne s’affaiblira en 2016;
• 36 % des répondants estiment que la valeur de leurs    placements diminuera cette année, tandis que 18 %    croient qu’elle s’accroîtra.

Vous pouvez rassurer les clients, tout particulièrement lorsqu’ils ne savent pas quoi penser des mauvaises nouvelles et des prévisions contradictoires des experts financiers. Pendant une période d’incertitude économique, il se peut que certains clients tentent d’éviter le chaos en investissant leur épargne-retraite dans des fonds de placement du marché monétaire qui fournissent un rendement stable, mais faible. Lorsque les clients ne se décident pas ou qu’ils choisissent les placements les plus sûrs en apparence, ils pourraient compromettre leur sécurité financière à la retraite au lieu de l’améliorer.

Pour mieux comprendre ce que 2016 nous réserve, j’ai demandé à mon collègue Sadiq S. Adatia, premier directeur des placements, Placements mondiaux Sun Life, de me faire part de son point de vue.

Rocco : Les clients entendent beaucoup parler de la faiblesse du prix du pétrole et de la chute du dollar canadien. Devraient-ils s’en inquiéter?

Sadiq : Le prix du pétrole a considérablement diminué. Au cours du quatrième trimestre, il valait moins de 35 $ US et il a déjà atteint un niveau inférieur à 30 $ US par baril en 2016. Un dollar canadien faible, comparativement au dollar américain, est généralement une bonne nouvelle pour les producteurs, mais pas pour les consommateurs. Selon nos prévisions, le prix du pétrole et le dollar canadien n’augmenteront pas ce trimestre.

Rocco : Les taux d’intérêt continuent d’être faibles au Canada et aux États-Unis, mais devrait-on s’attendre à ce qu’ils augmentent lentement en 2016?

Sadiq : La Réserve fédérale des États-Unis a enfin revu son taux directeur à la hausse après presque dix ans. Selon le graphique à points (les prévisions pour les taux d’intérêt de chaque gouverneur de la Réserve fédérale), la plupart des dirigeants de la banque centrale estiment que les taux d’intérêt pourraient être revus à la hausse quatre autres fois en 2016. Il s’agit d’une stratégie audacieuse à laquelle la plupart des acteurs du marché ne s’attendaient probablement pas. Ainsi, même si l’incertitude concernant la première hausse des taux d’intérêt est passée, elle subsiste quant au nombre et à l’ampleur des hausses futures.

Rocco : Pouvez-vous faire une comparaison entre la situation économique des États-Unis et celle du Canada?

Sadiq : L’an dernier, nous avions prévu que le marché boursier américain rebondirait, mais non pas qu’il atteindrait de nouveaux sommets au quatrième trimestre. En 2016, nous nous attendons au même phénomène. Nous prévoyons que le marché boursier américain finira l’année sur une note positive, mais que la hausse devrait être modeste. Le rapport risque-rendement continuera de se détériorer.

La situation demeure la même au Canada. Comme pour les derniers trimestres, l’effondrement des prix des produits de base et du pétrole continue d’entraîner des répercussions négatives sur l’économie. Même si le dollar canadien a atteint son plus bas niveau depuis plus de dix ans, il n’y a pas eu d’amélioration marquée dans le secteur manufacturier et nous doutons que la croissance soit considérable dans ce domaine.

Compte tenu du nouveau gouvernement en place, nous nous attendons à ce qu’il y ait de nouvelles dépenses d’infrastructures pour stimuler la création d’emplois et compenser, en partie, les pertes d’emplois additionnelles dans le secteur de l’énergie. Bien que les actions canadiennes connaissent encore des difficultés, des occasions pourraient se présenter, particulièrement dans le secteur de l’énergie, en raison des prix actuels. Mais les clients devront encore faire preuve de patience.

Rocco : Comment interprétez-vous ce qui se passe sur la scène internationale?

Sadiq : À notre avis, l’économie de la zone euro continue de s’améliorer, et nous sommes heureux des progrès accomplis. Nous croyons que la zone euro bénéficiera de stimulation monétaire additionnelle en 2016, et que sa devise se dépréciera. Nous sommes donc optimistes quant aux perspectives de placement dans les marchés boursiers internationaux.

En ce qui concerne la Chine, en 2016, nous prévoyons une plus grande volatilité. Les acteurs du marché semblent s’attendre sans cesse à obtenir des rendements élevés de la Chine, et cela m’inquiète un peu. L’Inde continue de nous impressionner et nous croyons que le marché boursier enregistrera encore un rendement favorable l’année prochaine.

Il pourrait y avoir de la turbulence sur les marchés émergents, car cette catégorie d’actif comprend des économies bien différentes. La force du dollar américain pourrait également continuer à causer des problèmes. Il sera très important de bien sélectionner les pays et les actions dans cette catégorie d’actif en 2016.

Rocco : En résumé, quelles sont, à votre avis, les perspectives pour 2016?

Sadiq : Bien que la volatilité ait diminué au quatrième trimestre, nous nous attendons à ce qu’elle s’accroisse encore cette année. Nous croyons qu’il y a encore beaucoup de fébrilité sur les marchés et c’est la raison pour laquelle ils pourraient fluctuer de manière importante.

Nous n’avons pas changé notre point de vue en ce qui concerne l’économie américaine, mais pour ce qui est de l’indice S&P 500, nous croyons que les rendements ne seront, au mieux, que modestes. Nous sommes devenus plus prudents depuis le redressement du marché au quatrième trimestre.

Au Canada, la situation n’est pas idéale. La chute incessante des prix du pétrole affectera probablement encore plus que prévu les compagnies du secteur de l’énergie et nous nous attendons à observer une augmentation des pertes d’emplois. Nous estimons que le secteur de l’énergie est plus attrayant en raison des prix actuels, mais nous n’achetons pas dans ce secteur pour le moment. Nous prévoyons en outre que les obligations canadiennes offriront de meilleurs rendements que les obligations internationales.

Dans l’ensemble, nous estimons que la volatilité sera plus présente en 2016 et que la progression de la plupart des marchés boursiers et obligataires restera limitée. Il s’agit d’une année où il sera essentiel d’effectuer une répartition réfléchie de l’actif, car il y aura sans doute plus de divergences au sein des marchés. Nous continuons d’adopter une approche prudente et attendons volontiers que des occasions se présentent.

DES SOLUTIONS À SUGGÉRER À VOS CLIENTS AVANT QU’ILS NE VOUS APPELLENT

Merci, Sadiq. Ce survol des marchés et de l’économie est très apprécié et sera très utile aux conseillers. J’aimerais également aborder le niveau d’endettement élevé des Canadiens. Le ménage canadien moyen doit 164 $ pour chaque dollar de revenu qu’il touche annuellement[2]. Une mauvaise gestion des dettes peut compromettre l’atteinte de la sécurité financière ainsi que les plans de retraite. Si vous pouvez faire quelque chose pour aider les clients à gérer et à réduire leurs dettes – en leur suggérant de rembourser le solde de leurs cartes de crédit, de réduire les dépenses non nécessaires, ou d’établir un budget plus équilibré– et à mieux planifier leur retraite, ils auront une meilleure année sur le plan financier.

Les conseils avisés valent la peine d’être répétés. Il est donc important de communiquer régulièrement avec vos clients durant cette période de volatilité des marchés :

  • Aidez-les à passer en revue ou à évaluer de nouveau leur plan, leurs objectifs à court et à long termes et leurs objectifs de retraite;
  • Rassurez-les à propos de la stratégie de placement qu’ils ont adoptée pour leur portefeuille et assurez-vous que la répartition de l’actif du portefeuille est appropriée (ou qu’un rééquilibrage a été effectué);
  • Aidez-les à garder le cap en matière de placements et à demeurer confiants, afin qu’ils ne prennent pas de décisions sous le coup de l’émotion, ce qu’ils pourraient regretter par la suite;
  • Penchez-vous sur leur situation financière globale afin d’assurer qu’ils minimisent les risques pouvant avoir un impact important sur leurs plans. Au-delà du rendement des placements, des événements défavorables ou des problèmes de santé peuvent compromettre leur sécurité financière. Veillez à ce qu’ils gardent cela à l’esprit malgré l’agitation qui règne sur les marchés;
  • Rappelez-leur que, malgré l’incertitude des marchés, ils n’auront pas à se soucier autant de la volatilité des marchés s’ils versent des cotisations régulières à leurs régimes de retraite et d’épargne en se servant, idéalement, des prélèvements automatiques sur leur paie. Grâce à leurs cotisations régulières à un REER ou un CELI, par exemple, ils pourront tirer parti des avantages de la méthode de la moyenne d’achat. Autrement dit, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles associées à ce type de marchés. Il est possible de trouver de bonnes occasions!

RESSOURCES UTILES POUR EXPLIQUER L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE ET APAISER LES CRAINTES


 
*Rocco Taglioni
Vice-président principal, chef de la distribution, assurance individuelle et gestion de patrimoine

Rocco Taglioni, vice-président principal, chef de la distribution, assurance individuelle et gestion de patrimoine, est responsable de la direction de l’ensemble des activités de distribution de la Financière Sun Life dans le secteur de l’individuelle au Canada. À titre de président de Distribution Financière Sun Life inc., il veille notamment à la direction de la compagnie de distribution et des équipes de distribution aux intermédiaires de solutions d’assurance et de gestion de patrimoine. Par l’intermédiaire des différentes équipes de direction, il veille à l’élaboration, à la gestion et à l’exécution des stratégies de distribution axées sur la gestion de patrimoine, l’assurance, la retraite et la planification financière et successorale.

Depuis qu’il est entré au service de la Financière Sun Life en 2004, Rocco a occupé divers postes de haute direction, dont vice-président, développement des affaires des garanties collectives; chef, gestion de patrimoine de l’Individuelle; vice-président principal, solutions clients; et, plus récemment, vice-président principal, distribution et marketing, assurance individuelle et gestion de patrimoine. Tout au long de son mandat à la Financière Sun Life, il a mené à bien différentes stratégies d’affaires axées sur la mise en place, la transformation et l’évolution d’organisations et d’équipes en vue d’un rendement et d’une réussite supérieurs.

Rocco compte 36 années d’expérience en matière de leadership stratégique dans les secteurs de l’assurance et des placements. Il a siégé à de nombreux conseils d’administration et continue de le faire aujourd’hui. Il est actuellement président de Distribution Financière Sun Life (Canada) inc. et de son conseil d’administration et il siège au conseil d’administration de Placements Financière Sun Life (Canada) inc. Il est également membre de plusieurs associations de l’industrie, dont Advocis, Gama Canada, l’Institut canadien de la retraite et des avantages sociaux (ICRA) et l’Association canadienne des administrateurs de régimes de retraite (ACARR).

Rocco possède un baccalauréat ès arts en économie de l’Université York.



[1] Sondage du début de janvier 2016, parrainé par le Globe and Mail.
[2] Statistique Canada, décembre 2015.

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