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Actions canadiennes et risque de change

12 octobre 2010 | Al Emid | Commenter

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Dans le contexte de volatilité actuel, une des pires erreurs que peut commettre un professionnel de la finance est de croire que les paramètres d’un service financier seront immuables pendant une période donnée. Supposer que le rapport entre les devises canadienne et américaine se maintiendra, par exemple, peut se révéler fort coûteux. La question du risque de change en matière de placement est d’autant plus épineuse que les projections sont fréquemment révisées et qu’elles varient d’un analyste à l’autre.

Au moment de rédiger cet article, la valeur du huard variait entre 0,96 $US et 0,97 $US, et tout permet de croire qu’elle évoluera d’ici la fin de l’année, selon Shaun Osborne, stratège en chef de la division des devises chez Valeurs Mobilières TD à Toronto. La TD a récemment revu sa projection précédente (1 $CA = 0,88 $US) et prévoit qu’à la fin de l’année le dollar canadien vaudra 0,98 $US.

Cette révision suivait la publication d’un rapport du Federal Open Market Committee (FOMC) le 21 septembre, qui est de mauvais augure pour la reprise économique et le taux d’inflation aux États-Unis. Les analystes américains l’on interprété comme un signe que la Réserve fédérale envisageait des mesures draconiennes, dont un assouplissement quantitatif, autrement dit l’impression de papier-monnaie, faute d’une amélioration des conditions économiques. D’ailleurs, un analyste n’a pas hésité à déclarer que le billet vert est à nouveau le souffre-douleur des marchés des devises.

« Nous n’avions pas envisagé la probabilité d’un nouvel assouplissement quantitatif et nos projections ne tenaient compte que d’un risque minime à cet égard, précise M. Osborne pour justifier la révision. De toute évidence, cette probabilité est plus sérieuse pour le proche avenir. » Néanmoins, la TD prévoit une inversion de la tendance d’ici la fin de l’année 2011, évaluant le dollar canadien à 1,02 $US, en partie à cause de restrictions imposées par la Banque du Canada.

La firme montréalaise Interinvest Consulting Corp. est d’avis que la différence entre les deux devises sera nettement plus prononcée et pronostique que le huard finira l’année à environ 0,85 $US, comme l’indique Keane Yarish, stratège en devises. « Nous estimons qu’il est surévalué », déclare-t-il. Contrairement à la TD, Interinvest n’a pas revu ses projections à la lumière des observations du FOMC.

Les prix des produits de base sont un facteur déterminant, indique M. Yarish. Si l’appétit des pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) pour les ressources canadiennes devait augmenter, le huard s’envolerait et les projections changeraient. M. Yarish laisse également entendre un risque de baisse du dollar canadien à cause des prix du gaz naturel, en perte de vitesse depuis des années, et de la faiblesse des cours pétroliers.

Bien que différente, la projection proposée par UBS repose sur un raisonnement similaire et prévoit que le dollar canadien glissera à 0,93 $US d’ici la fin de l’année, confie George Vasic, stratège en actions et économiste en chef chez UBS Securities Canada Inc.

Comprendre le risque de change suppose de comprendre pourquoi les devises fluctuent, dit-il, rappelant que la demande de produits de base de la part des pays en développement constitue un des principaux vecteurs de la valeur du dollar canadien. Il fait également remarquer que le dollar canadien se négocie actuellement avec une prime appréciable par rapport au prix qui découle du cours des produits de base. « À long terme, le prix des produits de base pondéré en fonction des échanges et la valeur du dollar canadien ont toujours été cohérents, précise-t-il. Par conséquent, le dollar canadien devrait actuellement se situer autour de 0,88 $. »

M. Vasic en déduit que le dollar canadien se négocie actuellement avec une prime de 8 à 9 cents. Il est toutefois d’avis que la récente flambée des prix des produits de base s’apaisera et réduira la prime du dollar canadien.

M. Vasic envisage une diminution du coefficient d’aversion aux risques intégré au cours du dollar canadien et donc une baisse du dollar. De plus, il prévoit que le dollar américain s’appréciera face à l’euro, accentuant la descente du huard. « La somme de tous ces facteurs annonce une tendance légèrement baissière pour le dollar canadien, déclare-t-il, soutenant que les interventions à l’échelle locale, la politique monétaire notamment, ne déterminent pas réellement le taux de change. Le taux est tributaire, en partie, des activités du monde en développement et de leur impact sur les prix des produits de base. »

En matière de projections des devises, diverses prémisses sont vouées à l’échec, dont l’hypothèse récurrente que le dollar américain puisse perdre son statut de monnaie de réserve mondiale, probabilité si mince qu’il est impossible d’en tenir compte dans les prévisions courantes, selon M. Yarish.

L’investisseur canadien qui se tourne vers les titres boursiers dispose de trois principales stratégies pour contrer le risque de change, affirme M. Vasic. La première consiste à détenir des aurifères ou des lingots pour se protéger en cas de désastre, puisque l’or est la catégorie d’actifs qui se comporte le mieux en temps de crise. Deuxièmement, l’investisseur peut acheter des obligations américaines, car en période d’extrême aversion aux risques, les rendements obligataires diminuent, entraînant une hausse des prix obligataires et produisant des plus-values. Selon ce scénario, le dollar canadien connaîtrait une dépréciation qui rehausserait indirectement la plus-value. À l’exception de ce cas de figure, UBS ne recommande actuellement pas d’intégrer à court terme des obligations américaines étant donné les médiocres rendements qu’elles procurent. L’investisseur peut également contrer le risque en limitant leur pondération dans le portefeuille à moins des 45 % que leur accorde le TSX et en répartissant les 55 % restants dans les autres secteurs.

Al Emid, journaliste financier de Toronto, écrit sur l’assurance, les placements et les opérations bancaires.

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