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Les clients fortunés croient-ils à la reprise?

24 mai 2011 | Raf Brusilow | Commenter

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L’économie continue à remonter la pente. Et si les investisseurs fortunés n’en sont pas encore à surfer sur la vague haussière, les experts estiment qu’ils en ont bien l’intention.

Selon plusieurs conseillers en placement émérites du Canada, les récentes transactions effectuées par les investisseurs, notamment dans les catégories d’actif à risque élevé, traduisent le regain de confiance et d’optimisme du marché.

Malgré la crise, le Canada comptait plus de 550 000 ménages fortunés fin 2009 et le bilan pour l’année 2010 est relativement positif, affirme Keith Sjögren, directeur chez Investor Economics. Le total de l’actif géré appartenant à la clientèle fortunée d’un océan à l’autre s’élevait à 1,68 billion (mille milliards) de dollars en 2007. En 2009, cette somme ne dépassait pas 1,7 billion de dollars, reflétant la réorientation des portefeuilles. D’abord axés sur la croissance, ils ont adopté une stratégie de préservation de capital après la débâcle.

M. Sjögren constate un net retour des investisseurs sur l’ensemble du marché. « À mon avis, les clients fortunés manifestent un optimisme prudent. Le vent a tourné. Ils ont sans doute récupéré leur patrimoine et sont donc prêts à prendre davantage de risque. Le pire semble être passé. »

Andrew Marsh, président et chef de la direction de Richardson GMP, affirme que le mouvement de panique de 2008 a fait place, chez les investisseurs, au sens des réalités et à des attentes positives, en particulier dans le cas des placements à risque supérieur, dont ils s’étaient détournés.

« L’humeur du marché est un mélange d’optimisme et de cynisme. La clientèle de ce créneau a relâché sa méfiance extrême du risque et se sent de plus en plus à l’aise face aux actions, étant donné l’évolution favorable de notre économie. Depuis 2008, nous savons pertinemment ce que le risque signifie », précise M. Marsh.

Il ajoute que, encouragés par la stabilité relative actuelle, les investisseurs sont moins séduits par les rendements pépères et semblent désormais enclins à miser leurs billes. « Les gens ont réagi à l’affaissement du marché en fuyant les actions pour se tourner vers les produits à revenu fixe. Le regain de confiance aidant, les taux garantis, si ardemment désirés il y a trois ans, perdent de leur éclat à la lumière des maigres rendements qu’ils procurent. Par conséquent, les titres boursiers retrouvent de l’attrait auprès des investisseurs », ajoute M. Marsh.

Selon Sam Sivarajan, responsable du groupe de la clientèle privilégiée chez UBS, le premier trimestre de 2011 indique assez clairement que les gens sont revenus vers les marchés. Ils sont toutefois nombreux à prendre une couverture en dollars américains et se penchent sur les marchés émergents dont plusieurs, la Turquie et l’Indonésie notamment, se sont démarqués des grandes économies au cours des 24 derniers mois.

« En général, les investisseurs sont las des rendements écrémés, las de voir leurs liquidités stagner, surtout maintenant que l’économie reprend son essor. Ils envisagent de revenir au cœur de l’action, mais avec un garde-fou. Ils n’écartent pas les placements mondiaux et cherchent croissance et stabilité ailleurs que dans les grandes économies », explique M. Sivarajan.

Malgré la relance du marché et le retour de la clientèle fortunée dans le bal, on ne saurait sous-estimer ces appréhensions, estime Mike Newton, premier vice-président de Macquarie Private Wealth Canada.

« Ce sont des  » optimistes réservés « . Ils ont confiance dans le potentiel du marché, mais avec précaution. Leur mémoire est encore marquée par les événements de 2008. En dépit du parcours impressionnant des marchés boursiers au cours des 18 à 29 derniers mois, je pense que la plupart des investisseurs fortunés répugnent à assumer davantage de risque. Ils n’en sont pas encore au stade de saisir les replis du marché comme des occasions de faire des aubaines », précise M. Newton.

Il fait remarquer que le flou et l’incertitude qui planent sur l’économie des États-Unis sont déterminants dans l’attitude effacée des investisseurs. Il considère également que les récents soubresauts du marché pourraient simplement révéler que les habitués du risque sautent dans le wagon pour un nouveau tour de montagnes russes.

« Ceux qui détenaient un portefeuille très concentré ont été sérieusement affectés. Cependant, il s’agit d’investisseurs avides de risque. Ils en ont vu de toutes les couleurs pendant une année environ, mais ils ont récupéré leurs billes et ils ont la gâchette encore plus facile à présent. En cas d’appréciation, ils réalisent leurs profits avant tout le monde et ils passent tout aussi vite à autre chose en cas de perte », ajoute M. Newton.

Il n’en demeure pas moins que les répercussions de la débâcle se feront probablement sentir pendant longtemps et la vraie bataille commence à peine pour les conseillers de la clientèle fortunée. Il leur faut restaurer la confiance des clients, répondre à des questions encore plus épineuses et redoubler d’efforts pour les séduire, affirme M. Sjögren.

« Les dégâts ne se sont pas limités aux portefeuilles; cette déroute a érodé la confiance des investisseurs autant envers le marché qu’envers leur conseiller. Il est maintenant beaucoup plus difficile de satisfaire les exigences de la clientèle fortunée », note-t-il.

M. Newton invite les investisseurs fortunés à ne pas tenir la reprise économique pour acquis, précisant que c’est le moment idéal pour réfléchir à un plan de sauvetage en cas de nouvelle catastrophe.

« En décembre 2008, plusieurs de mes clients ont vu leur portefeuille fondre de 40 %. Ils ont récupéré ces pertes grâce à la vigoureuse reprise que nous avons connue, et ils ont l’impression de l’avoir échappé belle, mais je ne crois pas qu’ils en ont tiré une leçon. Il est essentiel qu’ils élaborent un plan de sauvetage pour ne pas être pris de court à la prochaine crise », conclut M. Newton.

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