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Marchés émergents : les meilleurs gestionnaires font du terrain

17 mai 2010 | Brenda Craig | Commenter

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Qui ne risque rien, n’a rien ! À ce titre, les nouveaux marchés ont procuré des gains astronomiques au cours de la dernière décennie. Toutefois, investir dans les pays en développement n’est pas affaire gagnée d’avance. L’opération exige expérience, perspective mondiale et rigueur à toute épreuve.

Il ne suffit pas d’agrémenter un portefeuille d’actions de l’Inde, de Chine ou d’Europe de l’Est pour muscler ses rendements. Selon des experts chargés de gérer l’équilibre risque/rendement des marchés émergents, rien ne doit être laissé au hasard pour obtenir des résultats probants, qu’il s’agisse des pratiques comptables de la société, du climat politique du pays ou des dernières marottes de ses autorités.

Ainsi, il est exclu d’investir dans une société qui exerce ses activités dans un pays instable. « Le premier critère est le principe de légalité; s’il fait défaut dans un pays, nous ne placerons pas notre argent dans les sociétés qui s’y trouvent, explique le Canadien James Donald de la firme new-yorkaise Lazard Asset Management, responsable du portefeuille des marchés émergents de la Banque de Montréal. Au Venezuela, par exemple, étant donné que le président Chavez a confié pratiquement tous les postes de la Cour suprême à des membres de son entourage, nous estimons que le principe de légalité est absent, ce qui est assez grave. »

Pour savoir à quoi s’en tenir avant d’investir dans un pays, Bhim Asdhir estime que rien ne vaut l’expérience du terrain. Fondateur et chef de la direction du Groupe de fonds Excel, à Toronto, M. Asdhir précise que cette présence locale est le meilleur moyen de prendre le pouls du gouvernement. « La prise de décisions éclairées nécessite d’être au fait des décisions précédentes du gouvernement et de ce qu’on attend de lui à l’avenir. »

Il cite le Brésil en exemple. « Le président Lula a accompli un travail remarquable, affirme M. Asdhir, utilisant le surnom que la plupart des Brésiliens donnent au président Luiz Inácio da Silva. Mais son mandat se termine dans quelques mois et il ne peut se représenter aux élections. Il faut absolument en tenir compte. »

M. Asdhir est un des pionniers des placements dans les marchés émergents. À l’époque où il s’est tourné vers l’Inde, voilà plus d’une décennie, les autres investisseurs n’osaient s’y aventurer, considérant que le milieu des affaires y était trop corrompu pour procurer des rendements fiables.

Sur le terrain

M. Asdhir voyage régulièrement pour rencontrer en personne des autorités de réglementation, des dirigeants d’entreprise ou des partenaires financiers. En Inde, par exemple, Excel a établi un partenariat avec Birla Sunlife, la première société indienne de fonds communs de placement. « Ce sont nos conseillers auxiliaires, ajoute M. Asdhir, à propos des partenaires indiens d’Excel, Birla Sunlife. Ils font partie du même environnement que les sociétés dans lesquelles ils investissent et consomment leurs produits et services. Ils comprennent la langue et tous les rouages de la concurrence locale. Ils savent vers quoi tendent les gestionnaires de l’entreprise. Tous ces aspects ont une importance capitale, et c’est à eux que je fais référence quand je parle de l’expérience du terrain. »

Tous les gestionnaires de portefeuille s’entendent pour dire que chaque société est choisie individuellement. « En termes de bêta ou de risque marché, les nouvelles économies suivent généralement le même mouvement que les autres marchés boursiers mondiaux, note James Donald. Par conséquent la diversification se fait davantage par la sélection des sociétés. »

Il faut savoir que les bonnes occasions de croissance qu’offrent les marchés émergents ne se lisent pas nécessairement dans l’indice, souligne M. Asdhir. « En Inde, par exemple, le principal indice boursier se compose des 30 sociétés les plus importantes, mais cela ne signifie pas pour autant qu’elles soient concurrentielles à l’échelle mondiale ni qu’elles affichent la croissance la plus rapide. »

Qu’ils appliquent une stratégie axée sur la valeur ou sur la croissance, la qualité des données fondamentales est impérative pour les gestionnaires de portefeuilles de marchés émergents chez Lazard. « Cela manque peut-être d’originalité, convient M. Donald, mais les rentrées de trésorerie et les bénéfices sont incontournables pour nous. »

Mark Mobius, président exécutif de Templeton Asset Management, rappelle que les ingrédients de la réussite sont immuables, peu importe où la société est établie. « Le but est de dépister les entreprises qui affichent une croissance des bénéfices stable à long terme avec un risque limité, déclare-t-il de Singapour où il dirige une équipe d’analystes répartis dans les 15 bureaux marchés émergents. Autrement dit, nous évaluons les sociétés en fonction de la compétence de la gestion, de la santé du bilan et de la qualité des bénéfices. »

Des livres clairs avant toute chose

En définitive, les spécialistes des marchés émergents s’entendent sur une chose : tout dépend des livres comptables.

M. Mobius pratique les marchés émergents depuis plus de 30 ans et il fait partie des Fonds de croissance Templeton depuis 1987. « Chez nous, les bilans et les états des résultats sont examinés à la loupe. Il est évidemment primordial que les états financiers soient vérifiés, mais il est tout aussi primordial de gratter sous la surface et de faire une analyse juricomptable. Mauvaise gestion, bilan défaillant, piètres perspectives commerciales, etc. Si nous décelons un seul élément susceptible d’affecter la rentabilité, la société est écartée, conclut M. Mobius. »

Si le manque de rigueur comptable a déjà posé problème, James Donald de la firme Lazard, constate que les sociétés des marchés émergents se sont considérablement améliorées à cet égard au cours des 15 dernières années.

Il ajoute que chaque décision de placement exige de « valider l’information comptable ». Les membres de Lazard se rendent donc sur place pour rencontrer les dirigeants de la société, visiter ses usines et vérifier personnellement ses livres et ses pratiques comptables. « On ne saurait nier qu’il existe encore une certaine corruption dans les pays en développement, reconnaît M. Asdhir. Mais la majorité des sociétés aspirent au marché mondial. Elles sont concurrentielles et les autorités de réglementation sont de plus en plus strictes. Nous avons obtenu d’excellents résultats sur les marchés émergents. »

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