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Miser sur la consommation émergente

17 mai 2010 | Laura Busch | Commenter

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Placements Franklin Templeton

Vous croyez être rompus aux rouages des marchés émergents? Si les secteurs des produits de base canadiens ont effectivement la réputation de donner accès à moindre risque à la croissance exceptionnelle des marchés émergents, il pourrait bien y avoir un autre moyen.

À première vue, le moyen le plus direct d’entrer dans la course est certainement d’investir dans des sociétés des marchés émergents ou dans des fonds de couverture axés sur ces marchés. Or, l’analyse macro-économique de la répercussion de ces marchés sur le commerce mondial révèle d’autres possibilités.

Selon une nouvelle étude stratégique, les ultimes bénéficiaires de la croissance des marchés émergents seraient non pas les pays en question, mais les sociétés et les marchés qui desservent leurs consommateurs. Autrement dit l’Europe, grâce à son bataillon de marques de réputation mondiale. « À mon avis, beaucoup de titres européens seront avantagés du fait que des investisseurs répugnent à investir directement sur les marchés émergents », déclare Phil Langham, premier gestionnaire de portefeuille et chef de l’équipe Marchés émergents, RBC Gestion mondiale d’actifs. 

Au cours de la dernière décennie, des millions de personnes ont grossi les rangs de la classe moyenne, entraînant une explosion de la consommation dans de puissantes économies comme la Chine et l’Inde. De la voiture de luxe aux yaourts français, l’appétit de cette nouvelle classe moyenne n’est jamais rassasié, ce qui n’est pas sans rappeler certains comportements occidentaux. « L’avènement d’une nouvelle classe moyenne entraîne dans son sillage un tourbillon d’émulation où chaque consommateur veut prouver aux autres qu’il a réussi avant eux, explique le Dr Luke Chan, vice-président associé, affaire internationales à la Degroote School of Business de l’université McMaster. Pour ce faire, il arbore des accessoires haut de gamme : sac à main Gucci ou Louis Vuitton, cravate ou chemise griffées, ou bijoux hors de prix. »

La consommation émergente

Le succès grandissant des marchés en développement sur la scène mondiale avantage par la bande les résidents de ces pays, sous forme d’une amélioration des emplois et des revenus. « Selon la courbe en s, les gens commencent à acheter des biens de consommation lorsque leur revenu annuel atteint 4 000 $US », indique Dominic Wallington, chef des placements, RBC Asset Management UK Ltd. 

Depuis quelques années, d’innombrables ouvriers chinois ont franchi ce seuil de 4 000 $US. En 2007, le salaire moyen en Chine était de 24 932 yuans (environ 3 550 $US). En 2008, il avait augmenté de 17 % pour atteindre 29 229 yuans (environ 4 280 $US).

Ce changement serait survenu à point nommé : de nombreux experts considèrent que, sans les consommateurs des marchés émergents, la crise financière mondiale aurait été nettement plus grave. « Nous sommes convaincus que la durabilité de la reprise économique mondiale reposera davantage sur les consommateurs des marchés émergents et en développement que sur les consommateurs américains, affirme Serge Pépin, Directeur général, Placements de particuliers BMO. Nous avons toujours compté sur le marché de la consommation des États-Unis, mais il me semble que le vent tourne. »

Malgré le fait qu’il ait « émergé » dans un contexte d’incertitude financière mondiale, le consommateur des pays en développement se comporte à peu de choses près comme son cousin occidental. « C’est une culture dynamique qui évolue rapidement et les cycles de remplacement sont très courts. Les consommateurs veulent constamment de nouvelles choses, précise M. Wallington. D’ailleurs, j’arrive de Hong Kong où j’ai eu l’occasion de me promener dans quelques centres commerciaux et c’était très édifiant. Bien que je sois gestionnaire d’un fonds européen, j’ai été sidéré par la quantité de marques européennes présentes sur les étalages, je pourrais même dire qu’il n’y avait que des marques européennes. »

Cette prédilection des consommateurs envers tout ce qui provient d’Europe tient moins aux goûts des acheteurs qu’aux budgets publicitaires que les sociétés  consacrent à leurs produits, remarque le Dr Chan. « Il ne s’agit pas d’un match Europe-Amérique du Nord, mais plutôt de savoir combien d’argent vous pouvez dépenser pour la mise en marché. Cette tendance [d’acheter des produits de consommation étrangers] se maintiendra tant que les produits locaux ne rivaliseront pas en prestige, au point où les consommateurs penseront qu’ils sont aussi bons qu’un produit d’importation ». 

L’implantation de l’Europe

Il est fort possible que la popularité actuelle des produits européens auprès des consommateurs des économies en développement tienne simplement au fait que ces marques y sont plus connues que les marques canadiennes. « En ce moment, je dirais que les fonds européens accordent généralement une pondération supérieure aux marchés émergents que les fonds du Canada, note M. Wallington. Au Canada, je constate qu’on se tourne relativement peu vers les marchés émergents. Néanmoins, jusqu’à tout récemment le marché boursier canadien affichait une corrélation très étroite avec les marchés émergents. »

« Les indices de remplacement que je connais – qui sont composés d’indices de sociétés tributaires en grande partie des marchés émergents – ont généralement surpassé les principaux marchés européens, dit-il. Bon nombre de gestionnaires de fonds européens doivent certainement le savoir et s’efforcent de profiter des performances remarquables de ce genre d’indices. »

Une augmentation des budgets de publicité dans les économies en développement donnerait sans doute un bon coup de pouce aux exportations canadiennes qui leur sont destinées, mais l’Europe — et l’Amérique dans une moindre mesure — dominent nettement le marché des produits de luxe. « Je pense que de nombreuses sociétés du Canada peuvent tirer profit de ce contexte, mais au chapitre des biens de consommation, il est clair que les États-Unis et l’Europe sont avantagés. Nos sociétés exercent des activités différentes, déclare M. Pépin. Nous sommes plutôt une économie de matières premières. »

Directs ou indirects, telle est la question…

Il est admis que les placements dans les marchés émergents ont un potentiel de rendement élevé. Cependant, cette promesse d’Eldorado a son prix. « À rendement élevé, risque élevé, affirme le Dr Chan. Sur ces marchés, choisir un titre ou une société en particulier, par opposition à un marché dans l’ensemble, sont deux démarches totalement différentes. La volatilité et les fluctuations sont le propre de tous les marchés émergents. »

Le Dr Chan est d’avis qu’un des principaux avantages de faire des placements directement liés à la consommation dans les marchés émergents est d’éviter une grande part de la confusion souvent associée aux placements étrangers. « Vous êtes au moins capable de comprendre l’information de l’état des résultats. Et vous savez dans quelle mesure ils sont diversifiés. Cela vous aide à décider d’investir ou non dans ces marchés émergents. »

Cependant, cette stratégie n’est pas équivalente aux placements dans les marchés émergents eux-mêmes, car si le risque est moindre, les rendements peuvent l’être tout autant. « Si vous désirez participer aux marchés émergents, le véritable moyen est d’investir directement dans leurs titres plutôt que de passer par l’intermédiaire de sociétés qui vendent leurs produits dans les marchés émergents. Cette démarche vous procure effectivement une certaine diversification, mais vous n’obtiendrez pas tous les mêmes avantages que procure une participation directe », explique M. Pépin.

À présent que la crise financière mondiale semble passée, estime M. Langham, la volatilité des marchés émergents s’apaise. « Les risques des marchés émergents sont nettement inférieurs. À plusieurs égards, l’économie des marchés émergents est beaucoup plus saine que celle de la plupart des marchés développés. »

Risqués ou pas, les marchés émergents sont trop alléchants pour être totalement écartés. « Les valorisations sont très intéressantes dans les marchés émergents, conclut M. Langham. Les titres se négocient à 10,7 fois les bénéfices de 2011, par rapport à une moyenne à long terme de 13 fois. Les sociétés se sont améliorées. Au cours de la majeure partie de la dernière décennie, le rendement des actions des marchés émergents a surpassé celui des titres du monde développé. »

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