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Que nous réservent les actions canadiennes ?

12 octobre 2010 | Diana Cawfield | Commenter

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TD Fonds Mutuels

On a longtemps reproché au marché boursier canadien son statut de parent pauvre des marchés mondiaux, le risque que pose sa concentration de services financiers et de ressources naturelles et, plus récemment, le rôle du gouvernement fédéral en matière de règlementation du système bancaire et de fusions.

Mais ce sentiment a radicalement changé après la crise du crédit aux États-Unis et l’effondrement de titans de Wall Street, qui font désormais l’objet d’études de cas dans les universités.

Dans la débâcle des marchés provoquée par cette crise, le système financier canadien a tiré son épingle du jeu et s’est honorablement distingué aux yeux de la communauté mondiale, alors que de nombreux pays s’efforçaient de maintenir leur devise à flot.

Malgré tout, les investisseurs canadiens sont encore ébranlés par les répercussions du choc boursier de 2008 sur leurs portefeuilles et demeurent, à juste titre, inquiets face à l’incertitude économique qui prévaut.

Pour en savoir davantage sur les perspectives des actions canadiennes, nous avons fait appel à l’expérience conjuguée de quatre gestionnaires de placements qui nous présentent leur perception du marché, toutes capitalisations confondues. S’ils envisagent dans l’ensemble l’avenir avec optimisme, ils soulignent la nécessité de redoubler de prudence.

Bien que l’univers des placements canadiens soit de moindre envergure que celui d’autres grands pays, le Canada offre un choix de plus de 1 500 titres boursiers, qui couvrent tous les secteurs.

Actions canadiennes à grande capitalisation
Lorsque les investisseurs envisagent le marché canadien, les sociétés réputées et celles à grande capitalisation sont habituellement les premières auxquelles ils pensent. Nous commencerons donc par cette catégorie.

Doug Warwick, qui assure essentiellement la gestion de portefeuilles d’actions à grande capitalisation, a vu l’actif du Fonds de croissance de dividendes TD passer de 25 millions de dollars à 4,2 milliards de dollars. M. Warwick, directeur principal, Gestion de Placements TD inc., est à la barre du portefeuille depuis 1993.

Le Fonds de croissance de dividendes est un excellent exemple pour les investisseurs, car son rendement sur 15 ans correspond exactement au rendement moyen de la catégorie des fonds d’actions à dividendes et à revenu. Sous la gouverne de M. Warwick, le Fonds a procuré un rendement de 10,6 % sur une période de 15 ans, au 31 août 2010 (source : Morningstar).

Analysant les résultats du Fonds a posteriori, M. Warwick en attribue la bonne performance à la durée et à la patience, ainsi qu’à sa prédilection envers les sociétés qui versent des dividendes.

« Parmi les sociétés canadiennes, l’histoire nous démontre que celles qui procurent les meilleures rendements et résistent à l’épreuve du temps sont souvent les grandes capitalisations, celles qui versent des dividendes et celles qui augmentent leurs distributions », explique M. Warwick.

De plus, il est d’avis qu’il faut profiter du contexte boomerang actuel. « Les actions qui offrent un rendement nettement supérieur aux taux d’intérêt courants sont foison sur les marchés canadien, américain et mondiaux. C’est une occasion en or de rehausser vos revenus et de leur permettre de surpasser l’inflation à la longue », ajoute M. Warwick.

Les grandes banques
Aucun titre, même de premier choix, n’est étanche aux mouvements cycliques ou à la volatilité du marché. Cependant, M. Warwick est d’avis que les actions des grandes banques, avec leurs dividendes, procurent le meilleur des refuges.

Plus la période est longue, plus substantiels sont le rendement des dividendes et l’effet bénéfique de la composition. À preuve, M. Warwick donne l’exemple de l’indice S&P, dont 45 % du rendement des 20 dernières années découle des dividendes. Sur de plus longues périodes, il a constaté que ce pourcentage peut atteindre, voire dépasser, 75 % grâce à l’effet de composition de ces dividendes.

« Depuis 50 ans, ou pour presque n’importe quelle autre période, les actions des banques canadiennes ont procuré un rendement total supérieur au TSX, fait remarquer M. Warwick. La leçon est claire en ce qui me concerne : elles doivent faire partie de mon portefeuille. »

Que de chemin parcouru depuis trois ans ! Beaucoup croyaient alors que les banques canadiennes ne disposaient pas des moyens d’intervention d’envergure de leurs semblables des États-Unis.

Désormais, le Canada est considéré comme le membre du G7 dont la situation est la plus saine. De plus, « notre pays regorge de ressources naturelles, de matières premières et d’énergie que nous pouvons vendre sur le marché mondial, ajoute M. Warwick. Nous avons tout intérêt à investir au Canada. »

On ne saurait douter de la pertinence de l’optique à long terme de M. Warwick. Pourtant, les investisseurs s’en laissent parfois détourner. Quand un client lui demande conseil pour son REER, il propose une formule simple : quelques titres bancaires, un excellent placement qui peut s’apprécier de 8 % à 12 % par an, assortis d’un programme de réinvestissement des dividendes, et laisser le temps faire son œuvre.

« Mais dès qu’apparaît une petite société aurifère qui fait miroiter un rendement alléchant en moins d’un an, le client tombe dans le panneau, déplore M. Warwick. En plus, il n’y va pas de main morte et mise gros. Au lieu de s’adresser à moi il devrait demander conseil à un psy, plaisante M. Warwick, ce serait peut-être plus utile. »

Les moyennes capitalisations
Les actions canadiennes à moyenne capitalisation sont souvent négligées. Pourtant, outre les titres de l’indice S&P/TSX 60, il existe près de 170 sociétés de cette catégorie.

Anish Chopra, vice-président et directeur à Gestion de Placements TD inc., classe dans ce groupe les sociétés dont la capitalisation varie de 1 à 5 milliards de dollars. Gestionnaire du Fonds d’actions canadiennes optimal TD, M. Chopra dépiste moult occasions de premier ordre parmi les sociétés à moyenne capitalisation.

« Le segment des moyennes capitalisations comprend de nombreuses sociétés à l’assise solide qu’on ne s’attendrait pas à y trouver, dit M. Chopra. Par exemple, les dix premières, en termes de capitalisation, comprennent Great-West Lifeco Inc. et RioCan Real Estate Investment Trust. Autrement dit, les moyennes capitalisations ne se limitent pas aux matières premières, aux sables bitumineux et à l’énergie. »

Pour la sélection des titres, M. Chopra applique aux sociétés de ce groupe les mêmes critères de qualité qu’aux grandes capitalisations, notamment bilan solide, avantage concurrentiel tangible et durable, bonne équipe de gestion et rendement du capital supérieur.

Il aborde toutefois ses sociétés avec davantage de prudence, puisque la liquidité y est inférieure par rapport à certaines grandes capitalisations.

Petites capitalisations
Alexander Lane, vice-président chez Goodman & Co., Conseil en placements, souhaite démythifier les actions à petite capitalisation dont il a une connaissance de première main en tant que gestionnaire du Fonds de petites sociétés Power Dynamique.

« On perçoit cette catégorie d’actifs comme un secteur à très haut risque, explique M. Lane, et on espère gagner le gros lot à tout coup. Je ne partage pas cette opinion. »

Son désaccord est tel qu’il déconseille à l’investisseur moyen plus de 5 % à 10 % de petites capitalisations, qu’il qualifie d’outil « d’amélioration du rendement et de réduction du risque », dans sa participation au marché boursier canadien.

Si les définitions varient, on considère généralement que la capitalisation boursière des sociétés de cette catégorie ne dépasse pas 1,5 milliard de dollars.

M. Lane tient à souligner que les sociétés les plus grandes et les plus prospères du monde étaient à l’origine des PME.

Cela ne veut pas dire que M. Lane n’est pas parfaitement au fait des risques inhérents aux actions à petite capitalisation, surtout en période baissière. Il est particulièrement conscient des deux principaux risques, soit ceux liés à la liquidité et au financement, dont découle le risque de faillites, et il évalue soigneusement la vulnérabilité de l’entreprise au cycle économique.

« J’avais l’impression d’être seul dans la jungle en 2008, confie M. Lane, le contexte était des plus hostiles. En revanche, je prévois que la reprise sera aussi spectaculaire que l’a été la chute du marché », ajoute-t-il.

À en juger par la récente performance des actions à petite capitalisation, la relance semble bien amorcée. « Tout se passe comme prévu, note M. Lane. Mais pour l’instant, je ronge mon frein, car je n’envisage pas de décollage avant trois à cinq ans, sinon plus. »

À son avis, les probabilités de surperformance de cette catégorie d’actifs sont exceptionnellement élevées compte tenu de l’analyse des données historiques. « Nous sommes convaincus d’être en phase de reprise économique et les petites capitalisations donnent une raclée à presque toutes les autres catégories d’actif, sauf les métaux précieux », ajoute M. Lane.

À l’instar de M. Lane, Allan Jacobs, directeur des investissements dans les titres à faible capitalisation chez Sprott Asset Management LP, envisage l’avenir avec optimisme. Il est également gestionnaire principal du Fonds d’actions petite capitalisation.

« L’histoire nous montre que les actions à petite capitalisation ont dominé les marchés pendant environ trois ans après une récession, déclare M. Jacobs. Je peux donc affirmer sans trop me tromper que nous sommes dans un cycle favorable. De plus, ce créneau offre un choix impressionnant et certaines de ces petites entreprises sont très florissantes malgré un contexte économique difficile. »

Grâce à sa longue pratique des petites capitalisations, M. Jacobs sait à quoi s’en tenir sur leur comportement en terme de performance. « Elles affichent une sous-performance depuis cinq années consécutives, ce qui n’a rien d’extraordinaire puisque les cycles durent entre quatre et sept ans. »

« Mais les actions ne sont plus les aubaines qu’elles étaient il y a un an ou un an et demi, car elles ont sombré dans un gouffre quand le ciel a failli nous tomber sur la tête. Cependant, on peut encore trouver d’excellentes occasions », ajoute-t-il.

Micro-capitalisations
En comparaison des petites capitalisations, les micro-capitalisations sont davantage concentrées dans le secteur minier, y compris le forage et l’exploration, théâtre de grands changements ces derniers mois.

En ce qui concerne la technologie, l’équipe de M. Jacobs a dépisté des micro-capitalisations qui ont procuré d’étonnants résultats. « Mais c’est un créneau à aborder avec circonspection, précise M. Jacobs, il n’est pas question de faire des achats importants. Ces sociétés ne distribuent pas de bénéfices et elles présentent un risque de liquidité patent. »

Bon nombre de petites entreprises entrent sur le marché en tant que micro-capitalisations et c’est au cours des six ou douze premiers mois qu’elles rapportent le plus, alors que les évaluations font du rase-mottes. Néanmoins, il faut savoir où on met les pieds et le risque de liquidité est d’autant plus grand que ce sont de très petites sociétés.

« Certains se lancent dans l’achat d’actions à micro-capitalisation sur la foi d’un « tuyau » qu’on leur aura donné, poursuit M. Jacobs. Souvent sans prendre la peine d’une véritable analyse. Là aussi, la règle d’or de la diversification du portefeuille s’applique, je ne saurais trop insister sur cette nécessité. »

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