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Économie

Le potentiel de rendement des ressources canadiennes

12 octobre 2010 | Kate McCaffery | Commenter

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Crise économique mondiale ou pas, la demande de produits de base canadiens maintient la cadence et tout laisse croire, selon les gestionnaires de fonds, qu’elle augmentera encore de façon soutenue grâce à l’inexorable industrialisation des pays en développement.

Par ailleurs, l’évolution des modes de vie dans ces régions du monde alimente la demande de produits de base hors métaux, dont les céréales canadiennes, même si les gestionnaires avouent préférer exploiter cette tendance par le biais des engrais. Enfin, au chapitre de l’énergie, les gestionnaires estiment que la baisse des approvisionnements, jumelée aux réductions dans les projets d’exploration, annonce un avenir radieux pour les prix pétroliers.

Sans surprise, ils justifient leur enthousiasme pour ce secteur citant en premier lieu la demande apparemment infinie de la Chine.

Selon Joe Overdevest et Darrin Lekkerkerker, gestionnaires du Fonds Fidelity Ressources naturelles mondiales, le charbon cokéfiable (utilisé en aciérie) et le cuivre sont parmi les matières premières les plus prisées. « La demande de la Chine demeure exceptionnelle. Elle est encore plus élevée qu’avant la crise, affirme M. Lekkerkerker. Le développement du pays en est à la phase où les besoins en métallurgie prédominent, qu’il s’agisse de bâtir des réseaux électriques, ferroviaires et routiers, ou des immeubles. Nous misons donc sur le cuivre, dont la demande est abondante sur les marchés émergents. »

Chez Fonds Dynamique, Alexander Lane, vice-président et gestionnaire de portefeuille du Fonds de petites sociétés Power Dynamique et des fonds de la Catégorie mondiale navigateur Power Dynamique, exprime le même engouement envers les matériaux industriels, y compris les produits forestiers. « Les Canadiens ont convaincu les Chinois des mérites des charpentes en bois résineux. Depuis quelques trimestres, les exportations de bois d’œuvre résineux vers la Chine ont connu un essor fulgurant », précise M. Lane. Il ajoute que l’infestation du dentroctone du pin risque de provoquer une crise des approvisionnements, où les États-Unis, la Chine et le Japon se disputeraient les dernières récoltes de bois résineux.

M. Lane a aussi une certaine prédilection pour les produits et les services énergétiques ainsi que les produits agricoles. Tout comme MM. Overdevest et Lekkerkerker, il est d’avis que les titres agricoles afficheront une bonne tenue car le régime alimentaire à base de protéines se répand à travers le monde. « La demande alimentaire augmente de façon exponentielle et les consommateurs se tournent davantage vers bœufs, poulets et porcs, dont l’élevage nécessite des quantités considérables de céréales », note-t-il. Les gestionnaires de Fidelity estiment que la production d’un kilo de bœuf ou de porc exige sept et cinq kilos de céréales, respectivement. Le maïs offre également des perspectives alléchantes, selon eux, car les programmes américains sur l’éthanol engloutissent une grande part des récoltes américaines de maïs et en font grimper les prix.

Par ailleurs, M. Lane signale que le rendement moyen des récoltes en Chine et en Inde est sérieusement inférieur à celui des exploitations agricoles d’Amérique du Nord. « Il est impératif d’améliorer la situation, dit-il. Un recours ciblé aux engrais, au potassium notamment, et un soutien technologique (récolteuses et graines génétiquement modifiées) résoudraient une partie du problème. »

Enfin, MM. Lekkerkerker et Overdevest font remarquer que la Chine a entrepris d’importantes importations de maïs cette année à cause des inondations. « Dans un contexte non démocratique, le maintien de l’ordre est crucial, et les pénuries alimentaires peuvent susciter des révoltes, signale M. Lekkerkerker. Si la Chine devient importateur régulier de maïs afin de nourrir sa population, l’équation de l’offre et la demande céréalière mondiale peut radicalement changer, entraînant une hausse foncière des prix. »

Quant à l’énergie, les trois gestionnaires considèrent raisonnable l’équilibre actuel de l’offre et la demande et sont optimistes sur les perspectives d’avenir. Ils précisent que les sables bitumineux distinguent le Canada sur la scène mondiale. L’abondance de cette ressource favorisera une hausse notable de la production au cours de la prochaine décennie, alors que les réserves d’autres pays diminuent constamment.

En ce qui concerne la demande américaine et la dynamique politique entre nos deux pays, les trois gestionnaires s’entendent pour dire que le Canada est la source d’énergie la plus sûre et la plus importante pour nos voisins du Sud. Et les sables bitumineux font partie de cet approvisionnement en énergie, que cela leur plaise ou non. « Ils sont confrontés à un dilemme intéressant, déclare M. Overdevest. Ils ne veulent pas du pétrole provenant de sables bitumineux, mais je serais curieux de voir quelles autres sources d’approvisionnement ils pourront trouver. »

En outre, M. Lane souligne que la demande et les prix sont nettement plus influencés par les acheteurs asiatiques que les américains. « Il y a fort à parier que la prochaine commande de cuivre ou de pétrole proviendra de l’Inde ou de la Chine plutôt que des États-Unis. »

Dans un autre ordre d’idées, les prix seront avantagés du fait que beaucoup de sociétés ont sabré leurs dépenses de financement et d’exploration en 2008; les prix reflèteront les répercussions de ces décisions d’ici quelques années.

Le même pronostic s’applique à d’autres créneaux du secteur, également tributaires de l’exploration. Contrairement aux cycles antérieurs où la baisse des activités d’exploration suivait une période d’ébullition, M. Lane signale que le dernier boom des produits de base était relativement de courte durée. « Ce repli ne découlait pas de la capacité de production, explique-t-il. La demande a repris du poil de la bête et entraîné une hausse des prix pour la plupart des sociétés minières. Autre fait à signaler : la nécessité d’investissements considérables demeure si l’on veut éviter des problèmes d’approvisionnement à long terme pour la majorité des produits de base. »

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