Dimanche matin. Les cheveux en bataille, un café à la main, je parcours machinalement mon fil d’actualité Facebook pour savoir ce que mes contacts ont de bon à dire. Parmi les photos de paysages d’automne et les vidéos de chats, je trouve ceci.

« Seulement au Canada – il est intéressant de savoir que le gouvernement permet une pension mensuelle de 1 890 $ à un simple réfugié, plus 580 $ en aide sociale, ce qui donne un total de 2 470 $ par mois. […] En comparaison, nos aînés, qui ont contribué au développement de notre beau pays pendant 40- 50 ans, ne peuvent recevoir plus qu’une rente mensuelle de 1 012 $. »

Ce message circule depuis au moins 13 ans. Et il est faux. En 2016, les réfugiés célibataires adultes recevaient 1 890 $ pour leur installation une seule fois, et non pas tous les mois1.

Je poursuis mon furetage virtuel matinal. Une vidéo montre des individus en train de vandaliser des voitures. La légende se lit comme suit : « Londres, pour ne pas avoir fermé la rue pendant le ramadan, comme ils le voulaient. » Une petite recherche sur Google plus tard, je constate qu’il s’agit plutôt d’un affrontement entre partisans de soccer en Suisse2.

Finalement, on m’apprend que le cancer n’est pas mortel, qu’il suffit d’arrêter de consommer du sucre et de boire avant le repas une tasse d’eau chaude avec un citron entier dedans pendant un à trois mois pour le faire disparaître. Le texte, qui n’est pas signé, me souligne que « la recherche du Maryland College of Medecine dit que c’est 1 000 fois mieux que la chimiothérapie ». Pas besoin de vous préciser que la University of Maryland School of Medicine, de son vrai nom, n’a jamais dit ça.

Gros dimanche matin.

Et alors?

Tout ça pour vous parler de notre nouvel énoncé de principes en matière d’éthique journalistique3. En cette ère où les fausses nouvelles pullulent sur Internet, le travail du journaliste est d’autant plus nécessaire pour rétablir les faits et permettre au public de s’informer à partir de sources fiables.

Paradoxalement, la circulation de textes mensongers contribue à accroître la méfiance envers les médias. Certains citoyens friands de théories du complot aiment aussi croire que les journalistes ont un objectif caché, à la solde de grandes entreprises, de partis politiques, du gouvernement, des forces armées, alouette !

Il est aujourd’hui, plus que jamais, important de rétablir la confiance. C’est entre autres pourquoi les publications imprimées et numériques de TC Media ont décidé de consigner cet été ce que leurs journalistes font depuis toujours, mais qui n’avait pas encore été rendu public : leurs principes d’éthique journalistique.

En vrac, voici quelques- uns d’entre eux :

  • TC Media n’accepte aucune rémunération de quelque nature que ce soit en échange d’une couverture.
  • Ses journalistes vérifient les faits avant publication et émettent des correctifs clairs lorsque justifié.
  • Ils ne participent pas à des activités politiques manifestes et ne peuvent pas être membres inscrits d’un parti politique.
  • Les publications de TC Media ne permettront pas qu’une relation avec un annonceur compromette l’intégrité rédactionnelle.

Et ça continue comme ça sur près de quatre pages, que je vous invite à consulter.

Évidemment, nous n’avons pas la prétention d’être infaillibles. L’erreur est humaine et nous ne sommes pas à l’abri d’en commettre une. Nous nous efforçons cependant, au meilleur de nos capacités, de fournir à nos lecteurs des informations rigoureuses, objectives et pertinentes, afin de mériter la confiance qu’ils nous portent.

Christine Bouthillier est directrice principale de contenu à Conseiller.


1 Radio-Canada, « Les réfugiés sont-ils vraiment mieux traités que les retraités ? », bit.ly/2IZULN3
2 France 24, « Des migrants qui vandalisent des voitures en plein coeur de Metz ? C’est faux ! », bit.ly/2Ae55hz
3 Conseiller, « Éthique journalistique », bit.ly/2Oyvgsh