Main ouverte d'une femme avec flèche grimpant vers le haut.
Photo : Sebastien Decoret / 123RF

Lorsqu’il est question d’accumuler un patrimoine à long terme, pour la retraite par exemple, le planificateur financier verra à optimiser l’utilisation des différents outils d’épargne, mais également à proposer des stratégies visant à accroître le rendement global du portefeuille de son client. Parmi ces stratégies, en voici une plutôt simple : participer aux régimes de réinvestissement des dividendes (RRD).

Pour instaurer un RRD, le client peut décider de s’inscrire directement auprès de la société émettrice ou demander à son conseiller d’intégrer ce régime à son compte de placement. Le faire soi-même exigera plus d’efforts que d’établir un RRD dans un compte de courtage, car l’investisseur devra acheter au moins une action de la société, l’enregistrer à son nom, s’inscrire au régime en remplissant les formulaires requis et les soumettre à l’agent de transfert de la société.

Pour l’investisseur qui adopte une approche à long terme, réinvestir ses dividendes devient une sorte d’épargne forcée qui lui permet de s’enrichir grâce à l’effet du rendement composé. Par exemple, quelqu’un qui détient 100 actions d’une société d’une valeur de 100 $ chacune et qui versent un dividende annuel de 4 $ obtiendra un rendement de 4 % au bout d’un an. Celui-ci passera à 4,16 % l’année suivante, puis à 4,33 % l’année d’après, sans que l’investisseur ait fait quoi que ce soit, car les dividendes réinvestis se capitalisent automatiquement.

Le graphique1 ci-dessous illustre ce phénomène avec un placement de 10 000 $ suivant l’indice de rendement total S&P 500 et comprenant le réinvestissement de tous les dividendes ou non.

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Pour l’investisseur, les avantages à adhérer à un tel régime sont nombreux :

  • Économies : il n’y a pas de frais ou de commission à payer quand des actions sont achetées dans le cadre d’un RRD.
  • Placement automatique : on n’a pas à attendre que les revenus s’accumulent dans le compte, puis à prendre une décision de placement, car les dividendes sont réinvestis automatiquement.
  • Perspective à long terme : plus on détient d’actions et plus on les conserve longtemps, plus on touche des dividendes qui sont réinvestis, ce qui crée un effet « boule de neige ».
  • Épargne périodique systématique : en achetant des actions plusieurs fois et de façon constante au cours d’une année, on réduit le risque de se les procurer à leur prix le plus élevé. Comme les revenus de dividendes servent à acheter des titres supplémentaires à intervalles réguliers et à différents prix, on profite des avantages qu’offrent les achats périodiques par sommes fixes sans avoir à investir plus d’argent.

Parmi les désavantages du régime, notons :

  • Admissibilité : tous les titres ne sont pas admissibles à un RRD.
  • Changement de la répartition cible de l’actif et manque de diversification : au fil du temps, il est possible que la répartition cible de l’actif soit modifiée en raison d’achats répétés des mêmes actions des mêmes sociétés dans les mêmes secteurs.
  • Fiscalité pour les placements détenus dans un compte non enregistré : les dividendes seront imposables annuellement et admissibles au crédit d’impôt pour dividendes. Il faut donc disposer des liquidités nécessaires pour régler la facture fiscale qui en découle, car le rendement généré a été automatiquement réinvesti pour faire croître la valeur du portefeuille. Il faut prendre en considération que chaque dividende en actions versé augmente le prix de base rajusté de l’investissement quand vient le temps de disposer des actions.

Bien entendu, les RRD conviennent aux investisseurs qui ont un horizon de placement à long terme et un profil croissance, et qui ne sont pas en mode décaissement de leurs avoirs. À la lumière des différences d’appréciation démontrées dans notre exemple (une accumulation de 1 499 156 $ grâce au RRD contre 345 986 $ sans le RRD), il est difficile d’ignorer cette stratégie pratique, économique, polyvalente et efficace.

René Gagnon, CIM, FCSI, Pl. Fin., est vice-président, gestionnaire de portefeuille et conseiller en placement à Valeurs mobilières Desjardins.
Marie-Hélène Lemay, CPA, CMA, Pl. Fin., est planificatrice financière à Valeurs mobilières Desjardins.

1 Source : Morningstar, 30 juin 2019. Tous les rendements sont exprimés en dollars canadiens. Montant de 10 000 $ investi du 1er janvier 1970 au 30 juin 2019.


• Ce texte est paru dans l’édition de juin 2020 de Conseiller.
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