Homme d'affaires cachant son visage avec une feuille sur laquelle figure un point d'interrogation.
Photo : olegdudko / 123RF

Trois prix, trois gagnants, trois profils très différents, mais chez chacun d’eux, la passion pour leur métier et la volonté de tout mettre en œuvre pour servir, au mieux, les intérêts de leurs clients.

Organisé par le magazine Conseiller pour la première fois cette année, le concours Les conseillers à l’honneur! souligne le travail de professionnels en services financiers au parcours exceptionnel. Les prix ont été remis le 5 février dernier à l’occasion du gala Top 25 de l’industrie financière du Québec.

Martin Bray, M.B.A., Pl. Fin., est le récipiendaire du prix Conseiller émérite, remis à un conseiller dont la carrière a contribué au développement de l’industrie. Il s’est distingué par sa détermination à faire évoluer les pratiques d’affaires. Le jury a également retenu sa propension à faire rayonner la profession en intervenant régulièrement dans les médias, son engagement auprès de la relève et les multiples reconnaissances glanées tout au long de sa carrière, confirmant sa capacité à se démarquer de ses pairs.

Christiane VanBolhuis, B.A.A., A.V.A., Pl. Fin., à qui l’on a décerné le prix Conseiller de moins de 40 ans qui s’est illustré dans l’année, a quant à elle fait sensation auprès du jury par son début de carrière fulgurant et son soutien à l’éducation financière du grand public. Son parcours universitaire sans faute, les efforts qu’elle a démontrés pour aller chercher différents types d’expertise et sa pratique multidisciplinaire lui ont également valu cette reconnaissance.

Enfin, le prix Conseiller le plus engagé dans sa communauté a été remis à Gérald Perron, FCSI, CIM, qui, au-delà des efforts consacrés au développement de l’industrie, organise chaque année depuis treize ans un encan lui permettant de donner plusieurs centaines de milliers de dollars à des fondations œuvrant auprès des enfants atteints de problèmes de santé mentale. Le jury a apprécié cet engagement profond envers la société, soulignant le temps qu’il y consacre lui-même ainsi que le fait qu’il emploie un salarié qui alloue 60 % de ses heures à la cause.

Conseiller émérite

Martin Bray : faire tomber les barrières

Martin Bray pourrait être qualifié d’avant-gardiste. Bien avant que l’Autorité des marchés financiers (AMF) ne se penche sur la rémunération à commission, il avait déjà fait passer sa clientèle, acquise d’un modèle traditionnel, vers un modèle à honoraires d’abord, puis à une gestion discrétionnaire de portefeuille ensuite. Nous sommes alors autour de l’an 2000.

« J’ai toujours voulu repousser les limites dans ma pratique d’affaires », reconnaît celui qui, après vingt ans de carrière, agit comme vice-président à Valeurs mobilières Desjardins, à la tête de sa propre équipe de gestionnaires de portefeuille.

« À l’époque, c’est l’approche produit qui prévalait, note-t-il, mais j’ai toujours préféré l’approche client. Ça me permet de regarder sa situation de manière globale et de lui proposer ce qu’il y a de mieux pour lui. Pas pour moi. »

Un état d’esprit qui lui a valu de nombreux lauriers déjà. À seulement 26 ans, il devient associé dans un cabinet de services financiers, avant d’en prendre la tête trois ans plus tard et de faire croître le volume d’affaires du bureau de façon exponentielle.

À 30 ans, il est nommé conseiller de l’année de Valeurs mobilières Desjardins et il se maintient dans le peloton de tête chaque année depuis. En 2012, son équipe est l’une des premières à recevoir l’accréditation Excellence décernée par Valeurs mobilières Desjardins.

« Toutes ces distinctions, c’est grâce à mon approche différenciée, insiste-t-il. Une approche basée sur l’innovation, l’intégrité, la transparence et une capacité à mobiliser mon équipe de conseillers, qui se consacre entièrement à offrir le meilleur service à la clientèle. »

PASSION, ENTHOUSIASME ET CURIOSITÉ

Cette volonté de mettre en place une approche personnalisée avec chaque client a poussé Martin Bray à aller chercher le titre de planificateur financier. Selon lui, les cabinets de services financiers sont remplis de très bons gestionnaires de portefeuille. Mais pour se distinguer, il faut répondre à l’ensemble des besoins financiers des clients et de leurs proches, à chacune des étapes de leur vie, juge-t-il.

« On regarde les acquis et les objectifs à plus ou moins long terme, explique-t-il. Et on voit comment les atteindre le mieux possible en fonction du profil du client et des outils que nous avons en main. L’idée, c’est de ne pas seulement parler de transactions et de rendements, mais d’avoir un regard sur le plan de retraite, le financement des études des enfants, les moyens d’économiser de l’impôt, les placements, tout en s’assurant d’avoir toujours l’argent disponible au moment où on en a besoin. Il y a tout un pan d’accompagnement et de coaching qui est très valorisant. »

Il offre d’ailleurs des conférences grand public sur divers sujets liés à sa pratique et publie régulièrement des lettres financières portant sur l’évolution des marchés et les perspectives économiques. Il produit également des capsules vidéo éducatives.

De quoi bien remplir ses journées. Mais l’enthousiasme et la curiosité sont des gages de succès à long terme, croit-il. C’est d’ailleurs ce qu’il dira à sa relève quand, dans quelques années, il commencera à penser doucement à lever le pied. Il lui transférera ses connaissances, mais surtout son expérience avec les clients.

« La gestion de portefeuille, ça s’apprend à l’école, conclut-il. Acquérir la confiance des clients, ça, c’est plus difficile. C’est ce que je m’attelle à transmettre à mes collaborateurs autour de moi. »

Conseillère de moins de 40 ans qui s’est illustrée dans l’année

Christiane VanBolhuis : créer de la valeur

À 34 ans, Christiane VanBolhuis entame sa 11e année de pratique. Ces 11 années n’ont fait que confirmer ce qu’elle a su dès les premiers mois, soit qu’elle avait choisi exactement le métier qui lui correspondait.

« Je suis une entrepreneuse dans l’âme, raconte-t-elle. À 18 ans, j’ai bâti ma première compagnie de formation de sauveteurs à Hawaï. C’est à cette occasion que j’ai souhaité rencontrer un conseiller. Je voulais optimiser mes impôts et parvenir à mettre de l’argent de côté. Il a vu que j’avais une rigueur et à la fois le sens de l’organisation et des affaires, gages de succès pour un conseiller. »

À l’époque, elle complète un baccalauréat en administration des affaires à l’UQAM. Son conseiller la convainc d’aller chercher ses permis en services financiers avant même la fin de ses études. Elle obtient son diplôme le 15 juin 2008. Le 16, elle fait son entrée dans un cabinet partenaire de la Financière Sun Life. Elle ne l’a pas quitté et en est même devenue aujourd’hui la codirectrice.

ORGANISATION ET GESTION DES PRIORITÉS

Ce qui anime Christiane VanBolhuis tous les jours dans son travail ? La création de valeur, répond-elle sans hésitation.

« Travailler en partenariat avec mes clients pour répondre à leurs préoccupations en termes de création de richesse et de protection pour eux et leur famille », précise-t-elle.

Son credo : l’innovation. Christiane VanBolhuis avoue d’ailleurs qu’elle a toujours un carnet sur sa table de chevet et qu’il lui arrive d’y noter des idées en pleine nuit. Elle ajoute être également passionnée par les chiffres, les notions d’optimisation, les règles fiscales et les mathématiques financières.

« J’écoute les rêves de mes clients et je cherche la meilleure façon de les réaliser en fonction de tout l’arsenal législatif, fiscal, social et financier que nous avons à notre portée », explique-t-elle.

En plus du travail qu’elle effectue auprès de ses clients, la jeune planificatrice financière donne des formations en entreprise pour accroître les connaissances financières du grand public.

Elle s’est aussi impliquée aussi à titre de bénévole auprès de la Chambre de la sécurité financière, d’abord en tant que présidente de section, puis en siégeant au comité consultatif de la relève et à celui de la formation et du développement professionnel. Elle a participé à plusieurs projets pilotes, notamment lors de la mise sur pied des nouveaux examens pour l’obtention des titres A.V.A. et A.V.C. dans le cadre de la refonte du parcours. Elle a également été membre du conseil d’administration du Conseil des professionnels en services financiers (CDPSF) afin, dit-elle, de faire rayonner la profession. Elle agit aussi comme mentor auprès de jeunes conseillers de la relève.

« Le principal conseil que je leur donne, c’est d’être organisés, insiste-t-elle. Et de savoir décrocher. Il faut aussi être capable de bien prioriser les différentes exigences du métier. »

C’est-à-dire développer sa clientèle tout en choyant celle existante, réseauter et bien gérer ses ressources humaines pour qui se retrouve à un poste de gestionnaire, faire grandir son entreprise, le cas échéant, consolider les acquis, tout en regardant vers l’avenir.

« Dans dix ou quinze ans, je souhaiterais être exactement à la même place qu’aujourd’hui parce que j’ai la certitude d’être exactement là où je dois être, conclut-elle. Le profil de mes clients va évoluer en même temps que moi. Ils auront d’autres préoccupations, d’autres besoins et je devrai donc m’adapter, me renouveler. Mais je ferai toujours le même métier avec la même conviction. »

Conseiller le plus engagé dans sa communauté

Gérald Perron : faire une différence

Gérald Perron a organisé en 2006 son premier événement de collecte de fonds sur le terrain de tennis de sa propriété de Bolton-Ouest, dans les Cantons-de-l’Est. Il n’imaginait pas que 13 ans plus tard, celui-ci aurait pris autant d’envergure et que ses pairs l’honoreraient de la sorte en le nommant « conseiller le plus engagé dans sa communauté ».

« Bien sûr que ça fait plaisir, mais on ne le fait jamais pour recevoir quelque reconnaissance que ce soit », affirme-t-il humblement, précisant que le prix récompense le travail de toute une équipe.

« Dans le monde de la finance, nous sommes des privilégiés. Nous sommes régulièrement sollicités pour faire des dons de charité. On donne 500 ou 1 000 dollars. Un jour, je me suis dit que l’on pourrait faire une différence encore plus grande. »

Tous les derniers samedis du mois d’août, le groupe Perron organise ainsi un encan au bénéfice d’une dizaine de fondations œuvrant auprès des enfants atteints de troubles de santé mentale. En 2018, 650 invités ont participé à l’événement au cœur du vignoble Léon Courville, donnant sur le lac Brome. Plus de 250 000 dollars ont par la suite été remis.

« J’ai choisi la santé mentale parce qu’il n’y a pas une famille qui ne soit pas touchée, précise-t-il. J’ai moi-même un frère ayant souffert de schizophrénie et une fille atteinte d’une forme d’autisme. Avant de reprendre mes études en économie et de me lancer dans une carrière en finance, j’ai aussi travaillé durant plusieurs années dans le domaine de l’éducation spécialisée. »

ÊTRE EN CONSTANTE ÉVOLUTION

Gérald Perron est conseiller en placement depuis 32 ans et gestionnaire de portefeuille au sein du groupe Perron, partenaire de BMO Nesbitt Burns, depuis 1989. Comme pour ses activités philanthropiques, ce qui le passionne dans son métier, c’est de pouvoir faire une différence au bénéfice de ses clients.

« Il y a également tout un travail d’éducation à réaliser, souligne-t-il. Ce sont mes clients qui demeurent responsables de la gestion de leurs avoirs, ils doivent donc bien comprendre le monde de l’investissement. Nous travaillons main dans la main. Notre plus grand devoir, c’est de les protéger contre eux-mêmes. »

Rendre les gens moins nerveux lorsque les marchés flanchent afin qu’ils ne prennent pas, à ce moment-là, la pire des décisions. Évaluer leur réelle tolérance au risque, pas celle qu’ils croient avoir lorsque tout va bien, mais bien celle qu’ils auront lorsque la Bourse ne donnera plus les résultats attendus.

« Mon objectif, c’est de permettre à mes clients d’atteindre l’indépendance financière, quels que soient leur situation et le moment de leur vie », résume-t-il.

Être en évolution constante, voilà ce qui anime M. Perron. Alors, la retraite, il n’y pense même pas. S’il avait un seul conseil à donner à la relève, et pas seulement à celle qui se dirige vers les services financiers, ce serait d’écouter son cœur et pas les pressions, même celles qui viennent des parents. Choisir en son âme et conscience.

« Si l’on fait ce que l’on aime, on n’a pas envie de s’arrêter, insiste-t-il. Je crois que l’on devrait tous mourir avec des projets inachevés. Ne pas essayer de fermer les boîtes à la fin de sa vie. Il y aura toujours quelqu’un d’autre pour reprendre la boîte et pousser le projet plus loin. »

Un jury d’exception

Professionnels reconnus dans l’ensemble de l’industrie financière québécoise, les sept membres du jury du concours Les conseillers à l’honneur! ont eu la lourde tâche de départager les candidatures. Celui-ci était composé de (de gauche à droite) :

  • Jocelyne Houle-LeSarge, présidente-directrice générale et secrétaire de l’Institut québécois de planification financière, présidente du jury
  • Mario Grégoire, président et chef de la direction du Conseil des professionnels en services financiers et président de Question de finance
  • Christine Bouthillier, directrice principale de contenu à Conseiller.
  • Michèle Hélie, directrice, Affaires québécoises et Politiques et réglementation des marchés à l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes
  • Flavio Vani, président de l’Association professionnelle des conseillers en services financiers et président d’Assurance et produits financiers Vani
  • Daniel Guillemette, membre fondateur d’Asteris et président de Diversico
  • Antoine Chaume, membre fondateur de la division Montréal – Rive-Sud du Regroupement des jeunes courtiers du Québec et planificateur financier chez Lafond Services financiers

(Photo : Jérôme Lavallée)