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Un repas avec des amis conseillers a récemment donné lieu à un débat enflammé. Les deux camps clamaient haut et fort qu’ils avaient la meilleure solution et n’en démordaient pas. Le sujet en litige ? ­Déterminer quelle est ­LA meilleure technologie à utiliser lorsqu’on est en déplacement. Tablette électronique ou ordinateur portable ?

De prime abord, il est important de se souvenir qu’en matière de technologie, la « meilleure solution » est celle qui nous convient et non celle qui est déclarée comme « meilleure » par une quelconque entreprise ou un collègue. Rien n’est parfait, surtout en ce qui a trait à la technologie, et le sujet d’aujourd’hui en est un bon exemple. Pour le professionnel du graphisme ou de l’édition vidéo, le portable gagne facilement le combat, mais pour le conseiller, c’est beaucoup moins clair. J’ai toutefois une préférence. Je vous laisse deviner laquelle.

Premièrement, il y a le poids. Même les plus petits portables sont généralement de 300 à 500 grammes plus lourds que les tablettes. On les traîne par ailleurs rarement sans le câble d’alimentation et son adaptateur, qui alourdissent encore l’ensemble. L’utilisation d’un portable nécessite une mallette de transport, alors qu’on peut trimballer un petit sac en bandoulière pour l’équipement ­tablette-clavier-stylet.

Vient ensuite la question de l’autonomie. Aucun portable ne surpasse une tablette pour sa durée d’autonomie, point. Alors que les tablettes peuvent fonctionner toute la journée, le portable devient inutilisable après quatre ou cinq heures sans recharge. Cela peut devenir stressant si on a oublié le branchement externe. Le portable consomme sa batterie plus rapidement, car il doit alimenter une foule d’éléments (disque dur, port ­USB, carte graphique, etc.).

FONCTIONNALITÉS 

Pour ce qui est de la facilité à effectuer plusieurs tâches à la fois, l’ordinateur portable surpasse les tablettes, mais cela devient de moins en moins vrai avec les nouveaux modèles. Lorsque l’iPad Pro est entré sur le marché en 2015, il était alors plus puissant que plusieurs portables offerts en magasin. Avec une tablette, on peut maintenant regarder une vidéo en répondant à nos courriels, écouter de la musique en lisant et même partager l’écran en deux, chaque partie affichant une application qui fonctionne en même temps que l’autre.

L’ordinateur portable d’entrée de gamme offre généralement quatre fois plus d’espace disque que la tablette haut de gamme. Cette limite des tablettes peut toutefois être comblée par l’utilisation d’un nuage privé permettant de laisser en toute sécurité au bureau les données que l’on n’a pas besoin d’avoir physiquement. Ce faisant, le danger de les perdre diminue.

Par opposition aux nuages publics que sont les ­Dropbox, ­Google ­Drive, iCloud et ­OneDrive de ce monde, un nuage privé est un disque local de sauvegarde qui offre, à son propriétaire uniquement, un accès à distance aux données. Ces dernières ne sont pas stockées sur un grand serveur situé aux ­États-Unis et les informations des clients sont donc mieux protégées.

La qualité de l’image donne un avantage marqué à la tablette, tout comme sa maniabilité dans les transports en commun. Elle offre également un environnement de travail fort agréable lors des rencontres clients. Commencer à utiliser une tablette en entrevue ne nécessite que de la réveiller en appuyant sur un bouton alors qu’il faut souvent brancher un ordinateur portable et attendre qu’il finisse de démarrer, ce qui peut changer l’ambiance de la réunion.

La prise de notes « manuscrites » sur une tablette, avec un stylet, est plus naturelle que de pianoter sur un clavier. L’écran du portable peut aussi former une barrière entre le conseiller et ses clients. Par ailleurs, présenter des concepts financiers sur une tablette, c’est toujours plus agréable qu’avec un ordinateur et des clients qui vous soufflent sur la nuque en regardant l’écran ­par-dessus votre épaule…

POUR LES UTILISATEURS VOLAGES 

Vous avez les deux ? ­Il est facile d’automatiser la synchronisation entre les différents outils technologiques que l’on utilise. Evernote, ­Pocket, le navigateur web (avec ses signets et son historique de navigation) et les courriels, pour ne nommer que ­ceux-là, peuvent se synchroniser d’un appareil à l’autre, ce qui fait que peu importe la plateforme, le travail reste accessible. Au bureau, je suis sur ­PC, à la maison, j’utilise ­Apple et j’ai aussi une tablette. Je peux aller et venir d’un outil à l’autre sans problème.

Pour chaque argument en faveur d’un appareil, il y a une réponse favorable à l’autre. La plupart des tablettes nécessitent certaines acrobaties technologiques, comme lorsqu’on a besoin d’un logiciel qui ne fonctionne que sur ordinateur. On peut utiliser ­TeamViewer ou un autre logiciel permettant d’afficher à distance sur la tablette ce qui se trouve sur l’écran de l’ordinateur du bureau. L’absence de port ­USB sur une tablette se contourne facilement avec l’infonuagique et la synchronisation des logiciels facilite son utilisation.

Il n’y a rien de parfait, mais la tablette est maintenant une alternative viable au portable pour le conseiller en mouvement. Il y a également une solution intéressante pour le professionnel qui a de la difficulté à sortir de l’environnement ­Windows : le ­Surface ­Pro, de ­Microsoft. C’est une tablette munie d’un clavier, qui fonctionne avec ­Windows 10. Ceci dit, votre humble serviteur utilise un iPad ­Pro et ne l’échangerait jamais contre un portable !

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Eric F. Gosselin, ­Adm.A., est planificateur financier, conseiller en sécurité financière et représentant en épargne collective rattaché aux Services en placements ­PEAK.


• Ce texte est paru dans l’édition de mars 2018 de Conseiller.