Maison, tirelire
Photo : Romolo Tavani / 123RF

Ça y est, le rêve de votre client d’acheter une propriété est sur le point de se réaliser. Mais il lui reste à prendre une dernière et importante décision. Taux hypothécaire fixe ou variable? L’éternelle question…

Il importe tout d’abord de savoir que les taux hypothécaires fluctuent au gré du taux directeur établi par la Banque du Canada et du marché obligataire, qui varient eux-mêmes en fonction de l’état de l’économie.

La décision doit donc être prise selon sa tolérance au risque et la souplesse de son budget, certes, mais également selon certains autres critères. Bien que les taux variables soient souvent inférieurs aux taux fixes, ces derniers protègent toutefois contre toute variation des taux d’intérêt sur le marché pendant le terme de l’hypothèque.

Le taux variable a l’avantage de pouvoir être fixé en cours de terme si les taux augmentent. La pénalité est aussi généralement plus faible que celle du taux fixe en cas de bris de contrat.

Plusieurs personnes profitent d’un taux d’intérêt plus bas pour acheter une plus grande maison, à la limite de ce qu’elles peuvent se permettre. Puis, dès que les taux commencent à augmenter, c’est la panique. N’ayant pas la marge de manœuvre nécessaire au budget pour absorber cette hausse de dépenses, elles devraient selon toute logique préférer un taux fixe.

Mais d’autres options s’offrent à elles, notamment celle de choisir un taux variable, et d’effectuer tout de suite un paiement mensuel plus élevé afin de se protéger contre d’éventuelles hausses.

Le taux variable présente de nombreux avantages, mais demeure malheureusement négligé par plusieurs, car jugé trop risqué. Le choisir est-il aussi hasardeux qu’il n’y paraît? Jetons un œil à un scénario où les taux d’intérêt sont en période haussière afin de l’évaluer.

Voici les variables utilisées pour l’analyse :

  • Emprunt de 200 000 $
  • Taux fixe sur cinq ans de 3,35 % et taux variable de 2,50 %
  • Augmentation annuelle du taux variable de 0,50 % lors de la deuxième année, puis de 0,25 % chaque année subséquente
  • Amortissement sur 25 ans

On voit donc rapidement que malgré plusieurs hausses en cours de terme, opter pour un taux variable peut tout de même demeurer mathématiquement plus avantageux pour le client. Cela représente dans notre scénario une économie de paiement de 1 173 $ et un solde à l’échéance plus bas de 486,19 $. Celui qui aura choisi le taux variable épargnera donc ici un total de 1 659,19 $ sur cinq ans.

Est-il donc si hasardeux de prendre un taux variable si les taux montent? Si vous pouviez payer le litre d’essence ordinaire 2,10 $ pour les cinq prochaines années sans aucun risque de payer plus, le feriez-vous? Ou aimeriez-vous mieux payer moins cher maintenant et prendre le risque que le prix augmente avec le temps?

Hugo Neveu est courtier hypothécaire agréé à Planiprêt, ainsi que directeur au développement hypothécaire pour AFL Groupe Financier.


• Ce texte est paru dans l’édition d’octobre 2018 de Conseiller.
Vous pouvez consulter l’ensemble du numéro sur notre site Web
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