Homme retraité inquiet en consultant un document.
Photo : Konstantin Pelikh / 123RF

Nombre de ceux que l’on nomme « baby-boomer », soit les personnes nées entre 1943 et 1960, pensent vendre leur propriété et emménager dans une résidence pour personnes âgées (RPA) autonomes ou semi-autonomes, d’ici les prochaines années.

J’ai vécu cette situation de très près dans les derniers mois, après le décès soudain de ma mère en février. Son conjoint des 30 dernières années a, quelques mois plus tard, décidé d’aller vivre dans une RPA, ou plutôt, comme il se plaît à dire, une GPA ou garderie pour personnes âgées.

Nul besoin de vous dire que j’ai été estomaqué, étant donné qu’il s’agit d’un homme 100 % lucide et sérieusement en forme pour son âge vénérable de 74 ans.

Les raisons et implications sont multiples et ont donné lieu à une foule de questionnements, dont le principal reste: pourquoi a-t-il choisi de quitter sa confortable maison au profit d’une chambre d’environ 320 pieds carrés ?

Il s’agit là d’une question récurrente et j’oserais dire l’objet de plusieurs discussions musclées que nous avons eues lui et moi. Mais en réalité, la réponse est plutôt banale: déménager en RPA lui garantit un mode de vie simple et sécuritaire.

Il n’a plus à gérer l’entretien paysager de la maison: la neige l’hiver, la piscine et la tondeuse l’été. Plus besoin de descendre ou monter les marches et de faire le ménage sur deux étages. À la RPA, la literie et le ménage sont offerts sur place moyennant un léger supplément.

En fait, une foule de services tels que coupe de cheveux, prise de sang, suivis médicaux et autres sont offerts directement à la RPA à des frais très raisonnables. De quoi rassurer une personne vieillissante qui craint la perte d’autonomie.

En outre, plus besoin de faire son épicerie et ses repas, le tout est inclus dans les frais mensuels. Toutefois, les heures de repas sont non discutables. Il faut aimer souper à 16 h 45. Suffit de se doter d’un petit frigo pour les rafraîchissements estivaux dans la chambre.

Sur le plan financier, c’est aussi moins de factures à payer. Le loyer, internet, les assurances, l’électricité et autres frais récurrents sont tous compris à même le contrat et regroupés en un seul paiement mensuel.

En gros, c’est moins de casse-tête, mais c’est également source de sécurité pour une personne vieillissante que de savoir qu’elle n’est pas seule et que du personnel chevronné est là pour elle.

ET NOS SOUPERS DE FAMILLE ?

Qu’en sera-t-il de la visite qui venait passer quelques jours à la maison ? Vivre en RPA, c’est aussi faire une croix sur certains éléments.

Les barbecues à la résidence familiale et les journées de baignade en famille seront maintenant choses du passé. Avec une chambre dotée de quatre meubles et une salle de bain, ce sera plus complexe de recevoir à coucher.

Les enfants et petits-enfants devront donc prendre le relais et ce sera bien entendu notre tour d’inviter et de recevoir la visite. Après tout, ne l’a-t-il pas mérité ? N’est-il pas temps pour lui de relaxer un peu et de se payer du bon temps ?

Certes, la vie en communauté en résidence est vraiment différente de celle qu’il a connue auparavant. Compte tenu de l’homme de 74 ans qu’il est, cette décision a initialement constitué un choc pour moi, mais j’apprends un peu plus chaque jour à la comprendre au fur et à mesure que je le vois s’épanouir dans cette nouvelle liberté dont il s’est doté dans cet espace pourtant restreint.

Peu importe l’âge de vos aînés proches ou de vos clients, peut-être est-ce le temps de discuter de la vente de leur propriété et des options qui s’offrent à eux ensuite ? Après tout, chacun a droit à son propre bonheur. Le leur est peut-être bien différent du vôtre.

Hugo Neveu est Vice-président fusions et acquisitions, Synex Assurance, Synex Solutions collectives, Courtier hypothécaire et associé principal pour CONSORTIUM Hypothécaire.