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Le « Podcast de l’émergence » est une série de balados visant à faire découvrir les gestionnaires émergents du Québec. Aujourd’hui : Carl Dussault, fondateur et président d’Evovest.

Faire plus avec moins. C’est le credo de la jeune firme montréalaise de gestion de portefeuille Evovest. Pour ce faire, elle a notamment décidé de confier la sélection des titres d’investissement à son « agent d’intelligence artificielle », accompagné par un gestionnaire humain.

Fondée en mai 2017, l’entreprise n’est en activité que depuis six mois. Son fondateur et président, Carl Dussault, précise qu’elle est toujours en période de rodage, apportant de petits ajustements à son agent d’intelligence artificielle (agent d’IA) afin de réussir à battre son indice de référence.

« Le nom Evovest vient du mélange de deux mots : évolution et investissement. Il est important pour nous que le processus d’investissement soit toujours en adaptation », explique-t-il.

L’objectif de la firme? Surpasser l’indice de quelques points chaque mois. À moyen et long terme, cette stratégie permettra d’obtenir un rendement plus que satisfaisant, affirme le gestionnaire. Et pour ce faire, Evovest s’en remet en partie à la technologie.

« On peut utiliser l’intelligence artificielle pour systématiser toutes les stratégies d’un gestionnaire de portefeuille. On peut modeler l’agent d’IA à être davantage axé sur la valeur, à profiter de l’impulsion du moment (momentum), ou à se concentrer sur l’échange d’options. On dispose ainsi d’une très grande flexibilité », mentionne Carl Dussault.

Mais l’humain demeure au centre de la relation interpersonnelle avec le client, assure-t-il. Lui-même gestionnaire de portefeuille, M. Dussault est aussi épaulé par Jérémie Desgagné-Bouchard, actuaire de formation, qui assume un rôle de recherche et développement en matière d’intelligence artificielle.

UNE OFFRE POUR TOUS

Cette approche mélangeant gestionnaire en chair et en os et intelligence artificielle permettra à l’entreprise de faire croître son offre de service, notamment à l’international, sans que cela nécessite beaucoup de ressources supplémentaires, et tout en restant abordable.

« Comparativement à la compétition, nous nous situons dans le 25e percentile. Nos tarifs varient, mais ils débutent à environ 1 % de frais de gestion, c’est très raisonnable », estime Carl Dussault.

Si les clients actuels d’Evovest doivent détenir un minimum de 250 000 à 500 000 $ à investir, la firme vise à plus long terme l’épargnant moyen, celui qui a 1 000 ou 5 000 $ en poche, par exemple.

« Je donne toujours l’exemple de ma tante, qui a épargné toute sa vie et qui détient 250 000-300 000 $ aujourd’hui. Mais elle a payé plus de 2 % de frais… Si elle pouvait avoir une solution où elle paierait de 1 à 1,3 %, sur 35 ans, le gain serait considérable. Cela voudrait dire un voyage de plus par année ou un cadeau à sa petite-fille. Je suis beaucoup plus utile si je suis capable d’offrir un tel service à des personnes de ce type qu’à un individu très fortuné, qui va simplement s’acheter un plus gros yacht! » illustre Carl Dussault.

Cependant, il ne faut pas confondre sa proposition avec les fonds indiciels, prévient-il.

« Devant 100 entreprises qui composent un indice, le fonds indiciel va toutes les acheter, il ne va pas se poser de question. Nous, nous présentons les 100 entreprises à notre agent d’IA avec les données passées, en lui demandant de les analyser et de nous sélectionner les 25 meilleures sociétés. »

Avec la collaboration de Christine Bouthillier.

Un peu plus sur Pierre-Luc Poulin et le « Podcast de l’émergence »

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Détenteur d’un baccalauréat en administration des affaires, Pierre-Luc Poulin a poursuivi sa formation à l’Institut canadien des valeurs mobilières où il a obtenu le titre de fellow (FCSI). Après avoir travaillé dans les milieux financiers et bancaires, il est devenu, en janvier 2001, formateur indépendant. Outre la finance, il enseigne également en communication et marketing et est auteur de publications sur le marketing web, Warren Buffett, ainsi que de romans.

L’idée du « Podcast de l’émergence » lui est venue au printemps 2018, à la suite d’une rencontre avec des gestionnaires de patrimoine émergents du Québec. Pierre-Luc Poulin entreprend alors de les faire découvrir au public par ce balado, mais aussi la publication du livre Québec & cie : investir grâce aux gestionnaires en émergence du Québec, qui devrait paraître en novembre 2018.