Un homme assis à une table avec un café à côté de lui. Il tient une tablette sur laquelle on voit un questionnaire.
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En planification financière tout comme en conseils financiers personnels, nous devons posséder une vision globale de la situation du client, afin de lier efficacement les différents éléments de cette situation. Nous devons en permanence harmoniser des éléments d’assurance à des éléments d’accumulation de richesse. Par moment, nous devons y ajouter des éléments de fiscalité, de succession et autres.

Au mois de mai, nous avons suivi la formation PFPI35 « Le décaissement, comment s’y rendre sans se perdre » accréditée de 15 UFC. Il s’agit d’une formation de première qualité, dispensée par trois brillants conférenciers (Hélène Belleau, Martin Dupras et Serge Lessard) et d’un niveau de difficulté élevé, voire même très élevé. Cette formation contient des éléments financiers, fiscaux, juridiques, comportementaux et prévisionnels. Les conférenciers ont remarquablement bien réussi à expliquer les interactions des différents éléments les uns avec les autres. L’objectif de cette formation était donc atteint. Félicitations aux conférenciers!

Mais, si les 150 questions de l’examen en QCM (Questionnaire à Choix Multiple) étaient certes bien réparties sur l’ensemble de la formation et permettaient de vérifier que le participant avait suivi toute la formation dans ses détails, elles ne permettaient nullement de vérifier si le participant avait bien compris, acquis, développé sa capacité de vision globale des principes exposés et appliqués au cas étudié, selon nous.

Les techniques d’examen par QCM sont axées sur la quantité de matière absorbée et non sur la qualité de l’apprentissage, affirmons-nous.

La quantité a remplacé la qualité. L’ordinateur qui corrige les QCM a remplacé le cerveau humain. La facilité répétitive a envahi la formation. L’apparence a remplacé la substance. La recherche de l’excellence a disparu au profit du nivellement qui ne peut se faire que par le bas, estimons-nous. Quelle tristesse !

Mais revenons à notre question : serait-il possible d’améliorer la situation relative aux QCM ? Oui, si toutes les parties concernées (autorités réglementaires, compagnies de produits financiers, conseillers en service financiers) expulsent la procédurite de leur pensée.

Comment ? En revenant à la flexibilité du jugement humain des formateurs grâce à un examen comportant des questions à développement.

Nous ne condamnons pas les QCM, mais ils sont trop formalistes pour évaluer la compréhension profonde du cerveau humain. Certes, certaines matières s’y prêtent bien, mais pas toutes.

Une possibilité : l’examen mixte qui offrirait un QCM assorti d’une ou plusieurs questions à développement. Ces dernières devront être corrigées de préférence par l’auteur de la formation. Tout un travail certes, mais l’enjeu professionnel et déontologique en valent probablement la peine.

Suggestion : Les autorités accréditant les formations devraient faire inclure dans leurs tests des questions à développement. Difficile certes, mais possible et très utile pour le développement de la qualité de notre profession.

Soyons optimistes : il semble qu’une nouvelle équipe de la CSF ait entrepris une révision en profondeur de la conception de la formation continue.

* Les opinions émises dans cet article sont celles de son auteur et ne reflètent pas nécessairement les vues de Conseiller.