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Comme bien d’autres secteurs, l’industrie de l’assurance doit faire face à une foule de défis. En voici trois dont il a été question mardi dans le cadre d’un panel sur les enjeux stratégiques auxquels elle doit faire face, événement organisé par le Cercle finance du Québec.

1- VIRAGE TECHNOLOGIQUE

Les avancées technologiques sont l’un des principaux défis que vit le monde de l’assurance actuellement. « Les changements peuvent prendre tellement de formes différentes qu’on n’a pas d’idée précise où on s’en va, indique Yvon Charest, président et chef de la direction d’iA Groupe financier. On peut prendre une direction précise, mais le voisin va en prendre une autre et peut-être que c’est celle qui va devenir à la mode. La seule solution, c’est d’innover, d’essayer des choses et d’être capable de s’adapter assez rapidement. Il faut être flexible! »

L’assurance est historiquement un secteur très conservateur, mais l’industrie a changé, souligne de son côté Jean St-Gelais, président du conseil et chef de la direction à La Capitale. « Ces temps-ci, on regarde ce que les autres annoncent et on espère qu’ils se sont trompés et pas nous », note-t-il avec humour.

2- MAIN-D’ŒUVRE

Le manque de main-d’œuvre est aussi un enjeu important auquel doivent faire face les compagnies d’assurance. La technologie offre plusieurs solutions, mais elle est loin de remplacer les humains.

« Depuis 30 ans, la technologie nous a permis d’offrir des produits plus complexes qu’auparavant, convient M. Charest. Elle ouvre nos possibilités, mais on n’a pas besoin de moins d’humains. Dans quelques années, est-ce que le client va parler à un chatbot [NDLR : agent conversationnel]? Peut-être. Mais regardez ce dont on a besoin derrière ce chatbot pour que ça fonctionne! »

D’ailleurs, le nombre d’emplois salariés dans l’industrie de l’assurance a grimpé de 11 % depuis 2008, selon une étude de Raymond Chabot Grant Thornton présentée lors de l’événement.

Dans ce contexte, les compagnies d’assurance doivent déployer toutes sortes de stratégies pour attirer et retenir la main-d’œuvre. « Nous offrons un environnement de travail moderne, explique M. St-Gelais. Nous avons commencé à aménager des étages entiers lumineux, où les travailleurs peuvent travailler debout s’ils le souhaitent. Il y a aussi des aires de repos très agréables et ce sont les employés eux-mêmes qui décident de ce qu’on y retrouve. » Des initiatives de reconnaissance envers les employés et d’encouragement de la relève ont aussi été mises en place.

Du côté d’iA Groupe financier, les employés peuvent notamment recevoir un boni s’ils recrutent un nouvel employé.

Ces efforts de recrutement peuvent probablement expliquer que la rémunération annuelle moyenne des travailleurs de l’assurance est de 62 000 $, comparativement à 46 000 $ pour l’ensemble de la province, selon l’étude de Raymond Chabot Grant Thornton. Une façon comme une autre d’attirer la main-d’œuvre.

3- SÉCURITÉ INFORMATIQUE

Au-delà du virage numérique, les technologies présentent un autre défi : la sécurité. « Un de mes collègues m’a confié avoir donné un contrat à une firme externe pour qu’elle essaie d’entrer dans leurs systèmes informatiques afin de vérifier si leur protection était robuste ou non, raconte M. Charest. Qu’est-ce que la firme a fait? Elle a essayé d’acheter trois employés en informatique de l’entreprise. Ça montre qu’au-delà de la technologie, le risque, c’est aussi l’humain. Une fintech propose d’ailleurs un logiciel qui calcule en temps réel le niveau de risque que pose chacun des employés en fonction des fichiers sur lesquels il a travaillé, etc. »

Jusqu’à maintenant, l’industrie de l’assurance a été relativement épargnée par les problèmes de sécurité informatique, mais elle reste un risque important, selon lui.

Finalement, la croissance, les bas taux d’intérêt, les changements dans la réglementation sont aussi d’autres enjeux dont les compagnies d’assurance doivent se préoccuper. Toutes devront rivaliser d’imagination fort pour tirer leur épingle du jeu.