Près de quatre Canadiens sur dix voient leurs revenus fluctuer régulièrement, montre une récente étude de la banque TD. Ce qui complique évidemment la gestion de leur budget, notamment chez les moins nantis.

C’est en se basant sur un sondage réalisé auprès de plus de 3 000 Canadiens que la TD en arrive à ce constat. Au moins 37 % des répondants ont expérimenté ce que la banque qualifie de « volatilité du revenu forte à modéré » au cours de la dernière année. Cela correspond à environ 10 millions d’adultes canadiens. Environ 18 % d’entre eux ont connu une forte ou très forte volatilité. Environ 3,3 millions d’adultes canadiens voient leurs revenus varier de 25 % ou plus de mois en mois, estime la TD.

PAS TOUS ÉGAUX DEVANT LA VOLATILITÉ

À cet égard, certaines catégories de Canadiens sont plus à risque :

  • Les travailleurs autonomes (75 % d’entre eux ont connu la volatilité)
  • Les travailleurs saisonniers (68 %)
  • Les gens sans emploi (63 %)
  • Les travailleurs à temps partiel (57 %)
  • Les étudiants (57 %)
  • Les membres de la génération Y (47 %, mais 63 % chez les femmes)
  • Les hommes entre 45 et 54 ans (47 %)
  • Les gens à faible revenu (45 %)

Le fait d’être payé à l’heure, de compter sur plusieurs sources de revenu ou d’être travailleur autonome sont les trois causes les plus fréquentes de variation des revenus.

MAUVAIS POUR LA SANTÉ FINANCIÈRE…

Sans surprise, cette volatilité a des conséquences sur la santé financière à court, moyen et long terme de ceux qui la vivent. Plus de la moitié (54 %) des répondant dépensent plus (16 %) ou autant (38 %) que leur revenu annuel et 32 % ont pigé dans leur CELI (17 %) ou leur REER (15 %) pour payer des dépenses courantes.

Il va sans dire que l’épargne s’en ressent. Un quart des répondants n’épargne pas du tout, alors que 39 % tentent de le faire. Seuls 37 % y arrivent régulièrement. Un peu plus d’un tiers des répondants ont assez de liquidités pour payer leurs dépenses courantes pendant six mois ou plus. Une proportion semblable pourrait le faire pendant un à cinq mois, alors que 30 % des répondants n’ont pas assez de liquidités pour payer ces dépenses ne serait-ce que pendant un seul mois.

Fait étonnant, assez peu de Canadiens se jugent trop endettés. C’est le cas de seulement 12 % des répondants. Pourtant, 11 % des répondants ne paient que le minimum de leur solde de carte de crédit chaque mois et 38 % reportent un solde de mois en mois, tout en payant plus que le minimum requis.

Par ailleurs, si 61 % des répondants souscrivent une assurance vie, seuls 27 % ont un plan pour atteindre leurs objectifs financiers à long terme.

… ET LA SANTÉ MENTALE

Cette volatilité et l’absence de vision claire de leurs finances engendrent du stress pour les Canadiens. Au moins 62 % en ressentent, dont 24 % souvent. Sans surprise, les gens aux prises avec une forte volatilité de leur revenu sont plus touchés. Quelque 38 % de ceux qui vivent une forte volatilité de leur revenu et 39 % de ceux qui en connaissent une très forte disent être régulièrement stressés au sujet de l’argent.

Cependant, c’est surtout sur les Canadiens à faible revenu que cette variation des entrées d’argent a un impact négatif. Environ 45 % d’entre eux angoissent à cause de l’argent, 49 % ont dû retarder leur épicerie par manque de fonds et 41 % ont repoussé le paiement de services publics.

La rédaction vous recommande :