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Si le début de 2019 a souri au marché boursier américain, la deuxième moitié de l’année risque d’être moins propice aux rendements élevés, selon Morgan Stanley.

L’évaluation actuelle des marchés repose sur un scénario d’économie saine (appelé goldilocks economy en anglais), c’est-à-dire une croissance solide mais non inflationniste qui permet aux actifs américains de surperformer. Dans une note publiée le 12 mai, le stratège de la banque estime toutefois que la situation pourrait se renverser, peut-on lire sur Bloomberg.

Il énumère trois facteurs pour justifier son scepticisme : la fin des conditions qui sous-tendent un scénario sain, une divergence qui se réduit entre la croissance des États-Unis et celle du reste du monde, ainsi que l’écart relativement important entre le prix des actifs et les données fondamentales.

« Les investisseurs devraient avoir un penchant défensif et une préférence pour l’exposition au risque à l’extérieur des États-Unis, écrit-il. Ceci est corroboré par le niveau des évaluations par rapport aux bases, le renversement de la croissance américaine par rapport à celle du reste du monde et la confiance excessive des investisseurs face au risque de resserrement de l’écart de production. »

Depuis le début de l’année, l’indice S&P 500 a généré un rendement de 15 %, comparativement à 12 % pour l’indice MSCI World. La montée des tensions commerciales avec la Chine la semaine dernière a toutefois atténué quelque peu l’optimisme des investisseurs.

RENVERSEMENT DE SITUATION

Les stratèges de Morgan Stanley anticipent un renversement de la croissance des États-Unis par rapport à celle du reste du monde au cours des 12 prochains mois.

Déjà en décembre dernier, lorsque les anticipations de croissance américaine étaient passées sous celles du reste du monde, le dollar américain s’est affaibli et les actions à l’extérieur des États-Unis ont surperformé. « Au cours des 12 prochains mois, nous nous attendons à ce que toutes ces tendances s’appliquent. L’inversion de la croissance a été retardée, mais pas annulée », écrivent les analystes.

Dans ce contexte, ils recommandent de privilégier les obligations gouvernementales face aux titres de crédit de société, et de se tourner vers les actions internationales, particulièrement celles du Japon, au détriment des actions américaines.