Homme d'affaires sautant par-dessus un précipice.
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La croissance de l’économie du Canada devrait ralentir en 2019, prévoit Deloitte dans son rapport Des nuages sombres annoncent une mer agitée. Toutefois, la société recommande aux entreprises de ne pas laisser cet environnement plus risqué paralyser leur processus décisionnel.

La croissance économique ayant certainement atteint son sommet en 2018, Deloitte prévoit un ralentissement économique dans les deux prochaines années. Ainsi, en 2019, le scénario le plus probable pour le Canada est une croissance modeste.

Depuis octobre, le prix du pétrole a subi une correction et, bien que les prix devraient se relever du creux enregistré en décembre, ils resteront plus bas. Cela et les restrictions appliquées à la production en Alberta devraient avoir une incidence négative sur l’économie canadienne en 2019.

RISQUES DE DÉTÉRIORATION

Deloitte s’attend à ce que la croissance économique canadienne recule de 0,4 point de pourcentage, passant de 2 % en 2018 à 1,6 % en 2019. Selon leurs prédictions, elle tombera à 1,3 % en 2020.

« Les risques de détérioration sont toujours à l’horizon et, combinés aux prévisions selon lesquelles la croissance économique devrait ralentir au cours des prochaines années, ils donnent des airs décourageants aux dernières étapes du cycle économique, explique Craig Alexander, économiste en chef de Deloitte Canada. Il est important de savoir que nous retournons à un taux de croissance plus durable en 2019 et à un taux inférieur au taux tendanciel en 2020. »

Du côté de la Banque du Canada, Deloitte estime que la hausse des taux ne dépassera pas le demi-point en 2019 pour s’établir à 2,25 %, bien que la Banque ait signalé vouloir procéder à des hausses pour que son taux directeur se situe dans une fourchette de 2,50 % à 3,50 %.

Dans leur rapport, malgré l’incertitude économique et le recul de la croissance, Deloitte conseille aux sociétés canadiennes de continuer à bâtir leur avenir, en réalisant de bons investissements et en veillant au perfectionnement de leurs talents, plutôt que d’opter pour la paralysie.

« Les entreprises ne devraient pas laisser l’incertitude mondiale et le repli de la croissance les retenir de planifier, de prendre des décisions et d’investir dans l’avenir. Les cycles économiques constituent un élément normal de l’expérience économique. Le fait d’attendre que les risques disparaissent entraîne souvent la perte d’occasions importantes », déclare Craig Alexander.

QUELQUES NUAGES À L’HORIZON

2019 sera une année agitée. Plusieurs risques se profilent à l’horizon qui pourraient assombrir les perspectives économiques.

Aux États-Unis par exemple, l’intensification du protectionnisme et les représailles commerciales que cela implique pourraient affaiblir la croissance mondiale. Plus à l’est, Deloitte garde à l’œil une éventuelle sortie désordonnée du Royaume-Uni de l’Union européenne qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur les plans économiques et financiers de la région.

Deloitte estime finalement que la volatilité des marchés des capitaux et la faiblesse du marché boursier pourraient persister à cause d’un autre rééquilibrage de la politique monétaire de certaines banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine.

DU CÔTÉ INTERNATIONAL

La guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine a une influence néfaste sur les perspectives économiques des marchés émergents. Ce litige assombrit les perspectives des deux pays concernés, mais également celles d’autres pays en freinant leur chaîne d’approvisionnement internationale.

Dans plusieurs pays, le suivi économique de la croissance a diminué. Ainsi le Japon a connu un léger repli au troisième trimestre de 2018 et, en 2019, son expansion devrait descendre en-dessous des 1 %.

Dans la zone européenne, la croissance économique a diminué tout au long de l’année 2018. L’Allemagne a enregistré une hausse de 1,7 % au troisième trimestre. L’Italie devrait probablement vivre une récession technique lorsque l’économie se contractera de nouveau au quatrième trimestre de 2018. La France a, quant à elle, enregistré une meilleure performance avec une performance annualisée de 3 % au troisième trimestre, mais cette expansion pourrait passer sous la barre des 2 %.

Si les États-Unis continuent de surpasser la croissance des autres économies en 2019, c’est elles qui connaîtront le plus important ralentissement d’ici aux deux prochaines années. La croissance annualisée, touchée par la hausse des prix des importations touchées par les tarifs, les représailles tarifaires imposées sur les exportations américaines et le freinage fiscal, devrait passer sous les 2 % au quatrième trimestre de 2019, affirme Deloitte.