Panneau d'affichage NASDAQ à Times Square, à New York.
Photo : Daniel Kaesler / 123RF

Dans un marché boursier tenu à bout de bras par le secteur des technologies, la baisse de 5,3 % du Nasdaq 100 enregistré le 3 septembre dernier a donné quelques sueurs froides aux investisseurs.

Il s’agissait de la pire glissade de cet indice depuis mars 2020. Elle s’est poursuivie vendredi matin, malgré la publication de statistiques encourageantes sur le marché de l’emploi américain pour le mois d’août.

Plusieurs experts cités par Bloomberg croient cependant qu’il s’agissait d’une petite correction et non d’un signe annonciateur d’un krash. « Même après une baisse de 3 à 5 %, les marchés demeurent à un niveau impressionnant », souligne Larry Peruzzi, directeur des échanges internationaux de Mischler Financial.

DES RATIOS SOUS SURVEILLANCE

Le faible ratio entre les options de vente et les options d’achat sur certaines grandes capitalisations technologiques et les niveaux atteints par les indices technologiques sont perçus comme de la complaisance par plusieurs. Michael Purves, PDG de Tallbacken Capital Advisors LLC, croit qu’ils reflètent un fort enthousiasme, notamment envers Apple et Tesla, mais sans nécessairement dénoter une énorme vulnérabilité du marché.

Tesla a été frappé durement par la récente glissade. Plusieurs investisseurs se sont aussi départis de titres d’Apple, d’Amazon et de Microsoft. Apple était en baisse de près de 2,5 % vers midi vendredi, Amazon de 3,40 % et Microsoft de près de 3 %. Les investisseurs se sont tournés vers les géants financiers comme Amercian Express, JPMorgan Chase et Travelers, dont la valeur des actions est en hausse ces jours-ci. 

Le ratio du cours/bénéfices ajusté cycliquement (CAPE) du S&P 500 arrive quant à lui au même seuil qu’à la fin des années 1920 et 1990, rappelle pour sa part Barry Bannister, directeur de la stratégie de placements institutionnels de Stifel Nicolaus & Co. Si nous dépassons ce seuil, la construction (et l’éclatement inévitable) d’une bulle pourrait engendrer des rendements modestes à long terme, selon lui. 

PAS DE RÉÉDITION DE LA BULLE TECHNO

La prochaine élection américaine y joue aussi un rôle. Certains investisseurs seraient tentés d’engranger une partie de leurs profits dès maintenant, par crainte que le gagnant de l’élection ne change les règles du jeu.

« Des manchettes négatives sur de potentiels changements réglementaires ou fiscaux peuvent ajouter à l’inconfort d’un investisseur dans un marché où les valeurs sont élevées », explique Kerry Crait, stratège à JPMorgan Asset Management. 

Il ne craint toutefois pas une réédition du magistral effondrement du secteur technologique de la fin des années 1990. Le marché aurait beaucoup évolué depuis ce temps et les perspectives de revenus futurs sont très bons dans des avenues comme l’infonuagique, l’intelligence artificielle et le télétravail. 

L’arrivée d’un vaccin efficace pourrait aussi amener certains investisseurs à diminuer un peu leur concentration dans les technologies pour réinvestir dans des secteurs affectés par la pandémie. 

Bref, pas de panique… Mais les conseillers et les investisseurs ont tout à fait intérêt à demeurer vigilants dans la période inédite que nous vivons.