Deux poings frappant le signe du dollar qui vole en éclats.
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Le Canada souffrira particulièrement de la prochaine récession, en raison de l’impact de la hausse des taux d’intérêt et de la chute du prix des actifs et du marché immobilier.

Le Canada a de fortes raisons de s’inquiéter de sa situation économique en 2023.

Les dernières prévisions de croissance économique, émises par le Fonds monétaire international (FMI), sont trop optimistes, considère la firme Oxford Economics, citée par le Financial Post. Le FMI a prévu une croissance mondiale en 2023 du même acabit que celle de 2019, à savoir une croissance faible, mais avec une possibilité d’éviter la récession.

Pour sa part, Oxford Economics s’attend bel et bien à ce que l’économie mondiale soit frappée par la récession au cours de l’année à venir. C’est particulièrement vrai pour les pays occidentaux, et encore plus pour l’Amérique du Nord, insiste la firme de prévisions économiques.

Vous en voulez encore ? C’est le Canada qui devrait être le plus frappé par la récession à venir en 2023. Alors que les États-Unis, la Zone Euro, et le Royaume-Uni devraient connaître une croissance économique comprise entre 0 % et -0,5 % en 2023, l’économie canadienne devrait reculer d’une ampleur comprise entre -1% et -1,5 %, estime Oxford Economics. Or, le FMI entrevoit une croissance de 1,5 % en 2023 pour l’économie canadienne.

Pourquoi un tel écart entre les prévisions du FMI et celles d’Oxford Economics? Tout simplement parce que le Canada vient de connaître une décennie explosive, avec une flambée des prix de l’immobilier et un accroissement aussi important de la dette des ménages pour financer leurs acquisitions résidentielles.

Or, le relèvement des taux d’intérêt depuis un an pourrait bien être une étincelle fatale. Plusieurs scénarios sont envisageables. La récession pourrait faire grimper le taux de chômage, déclenchant une hausse des défauts de paiement des prêts hypothécaires. Aussi, une chute du prix des logements pourrait engendrer des pertes chez les prêteurs hypothécaires, ce qui entraînerait un resserrement du crédit. L’impact pourrait être majeur au Canada, où l’investissement résidentiel représente 8,7 % du PIB.

De leur côté, les économistes de Macquarie Capital Markets sont encore plus pessimistes que ceux d’Oxford Economics. La firme de services financiers s’attend à une hausse du taux de chômage de cinq points et à une chute du PIB de 3 % au Canada en 2023.

Mais, comme avant toute récession, il est bien difficile de savoir à l’avance jusqu’où l’économie peut reculer. L’année 2023 pourrait ainsi encore davantage nous surprendre que les trois années qui l’ont précédée, pourtant déjà si surprenantes.