Plusieurs mains d'hommes d'affaires mettent de la monnaie dans des pots d'où poussent des plantes.
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Il existe un véritable gouffre entre les convictions des investisseurs et leurs actions pour contrer les risques provenant des changements climatiques, révèle une nouvelle étude réalisée par PGIM et Greenwich Associates.

Plus besoin de convaincre les investisseurs mondiaux. La grande majorité (89 %) reconnait qu’il est important que leur organisation reconnaisse les changements climatiques et prenne des mesures pour lutter contre les risques qui y sont associés. Toutefois, seuls 58 % des investisseurs mondiaux ont réellement pris des mesures pour intégrer ces changements dans leurs processus d’investissement.

Cet écart ne manque pas de susciter les réactions de grands gestionnaires d’actifs, souligne Institutional Asset Manager.

« Pour la grande majorité des grands investisseurs qui reconnaissent que le climat est une considération à long terme, mais qui ne l’intègrent pas encore dans leurs portefeuilles, le temps de la contemplation est passé », commente Taimur Hyat, directeur de l’exploitation de PGIM.

Récemment, le gestionnaire d’actifs Aviva Investors a écrit aux ministres des Finances et responsables de banques centrales du monde entier pour les inciter à l’action. BlackRock a également tiré la sonnette d’alarme pour demander que davantage de mesures soient mises en place et rapidement.

DES ÉCARTS ENTRE LES PAYS 

Tous les pays ne sont pas sur le même pied d’égalité quand il s’agit de penser à la lutte contre les changements climatiques et d’agir. Les Européens prennent la tête de ce côté-là. Effectivement, 85 % des investisseurs de cette région considèrent les changements climatiques comme un facteur important dans la prise de décision en matière d’allocation d’actifs. Ce pourcentage tombe à 57 % dans la zone Asie-Pacifique. Les États-Unis viennent loin derrière, puisque seuls 25 % des investisseurs de cette région pensent ainsi.

Dans les régions de tête, les régulateurs encouragent les investisseurs à intégrer ces considérations dans leurs portefeuilles. Les grands régimes de retraite britanniques se verront bientôt tenus de rendre compte des risques financiers liés au changement climatique dans leurs portefeuilles, et les pays d’Asie ont également fait avancer la législation sur le climat.

Aux États-Unis, seul le tiers des investisseurs institutionnels ont intégré les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance à leur portefeuille. Un autre deux tiers compte le faire dans le futur.

« L’une des principales causes du déficit d’action semble être l’incertitude concernant les modèles et les analyses climatiques, avance Davis Walmsley, responsable des relations avec les clients de Greenwich Associates, gestion des investissements. Il s’agit peut-être d’un domaine où une meilleure compréhension et un meilleur déploiement des données et des analyses existantes peuvent encourager davantage d’investisseurs à intégrer le changement climatique dans leurs portefeuilles. »

Ce nouveau sondage tombe presque en même temps qu’un autre sondage de Desjardins, montrant que 28 % des Canadiens pensent encore que les produites en investissement responsable offrent de moins bons rendements que les investissements traditionnels.

Il semble évident qu’il est donc important de continuer d’informer les investisseurs sur l’IR et l’ESG pour défaire ces mythes qui ont la peau dure.