Photo : 123rf

Si la tendance observée depuis trois ans se maintient, la moitié des acheteurs québécois de maisons unifamiliales auront revendu leur résidence au plus tard en 2030, selon un rapport publié mardi par JLR.

Afin de déterminer le temps de possession médian d’une résidence, la firme a utilisé l’équivalent des « tables de survie » des actuaires qui servent à estimer l’espérance de vie. Ainsi, les achats et les ventes recensés à partir du Registre foncier représentent, dans ce cas, l’équivalent des naissances et des décès.

« En général, plus le marché immobilier est actif, plus le temps de possession est réduit, car les gens peuvent se départir plus facilement de leur propriété, et ce, à bon prix », note d’emblée JLR.

MARCHÉ DE L’UNIFAMILIALE

Son étude montre que, dans l’ensemble, le temps de possession médian d’une résidence atteignait 12 ans en considérant uniquement les vendeurs de 2017, mais qu’il était de 13 ans en 2015 alors que les ventes immobilières étaient moins nombreuses. D’un autre côté, la durée de possession médiane était plus courte et s’établissait à 11 ans pour la période 2011-2013, en raison de la forte activité du marché immobilier à cette époque.

Cela dit, la firme estime qu’« il ne serait pas étonnant que le temps de possession diminue en 2018 puisque le nombre de transactions a augmenté par rapport à 2017 pour les huit premiers mois de l’année ».

JLR souligne également que la probabilité de revendre sa résidence unifamiliale si l’acheteur est toujours propriétaire au début de l’année analysée augmente avec le temps jusqu’à la cinquième année de possession où elle atteint environ 7 %, du moins si l’on se fie au comportement des vendeurs des trois dernières années. Après cinq ans de possession, la probabilité de revendre commence toutefois à diminuer et, après 14 ans, elle tombe à moins de 4 %. À noter qu’après 23 ans, seul un tiers des acheteurs résident encore dans la même demeure.

MARCHÉ DE LA COPROPRIÉTÉ

En ce qui concerne les copropriétés, le temps de possession médian atteint neuf ans, soit trois ans de moins que dans le cas des unifamiliales. « Les gens tendent à demeurer moins longtemps au même endroit s’ils achètent une copropriété, comparativement à une résidence unifamiliale. Si les acheteurs de copropriétés en 2018 se comportent comme les vendeurs des trois dernières années, alors après neuf ans plus de la moitié des acquéreurs auront revendu leur logement. Déjà, après quatre ans, 25 % des gens auront quitté leur habitation. La probabilité de revendre atteint son point le plus haut après cinq ans avec environ 10 % », résume JLR.

Depuis le mois de janvier, le secteur a connu un regain important, mais au cours des dernières années il avait ralenti et stagné, ce qui a fait croître le temps de possession pour la période 2015-2017, précise la firme. Celle-ci ajoute que la même étude effectuée à partir du comportement des vendeurs entre 2011 et 2013 indiquait une durée de possession médiane de sept ans pour l’ensemble du Québec. Mais, fait-elle remarquer, le marché de la copropriété était alors plus dynamique, ce qui explique cette différence de deux ans.

Fait intéressant, le taux de possession d’une unifamiliale est en moyenne plus court qu’ailleurs au Québec dans l’Outaouais, en Montérégie, dans Lanaudière et dans les Laurentides, c’est-à-dire quatre régions situées en périphérie d’une grande ville, en l’occurrence Montréal et Ottawa. La plus longue durée de possession estimée pour ce type d’habitation, soit 16 ans, a au contraire été observée dans Chaudière-Appalaches. Du côté des copropriétés, la durée de possession estimée la plus prolongée a été enregistrée dans la région de la Capitale-Nationale, avec 11 ans.

L’IMMOBILIER RÉSIDENTIEL BAT DES RECORDS À MONTRÉAL

Quelque 3 224 ventes résidentielles ont été conclues au mois d’août dans la métropole québécoise, soit un bond de 8 % par rapport à la même période l’an dernier et un sommet pour cette période de l’année, selon la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM).

Sur le plan géographique, cinq des six principaux secteurs de la région ont affiché des augmentations du nombre de transactions en août, la seule exception étant celui de la Rive-Nord, où les ventes sont demeurées stables par rapport à août 2017. Ce sont les secteurs de Saint-Jean-sur-Richelieu, de la Rive-Sud et de Vaudreuil-Soulanges qui ont connu les plus fortes hausses d’activité, avec des augmentations respectives de 15 %, 14 % et 13 % du nombre de ventes. Avec 12 % de ventes en plus comparativement à août 2017, Laval a également enregistré une belle performance.  Sur l’île de Montréal, les ventes ont progressé de 9 %.

LE MARCHÉ FAVORISE LES VENDEURS

À l’échelle de la région, le plex est la catégorie de propriété qui a affiché la plus forte hausse des ventes (+14 %), tandis que le segment de la copropriété a lui aussi enregistré de solides résultats (+12 %) et que la maison unifamiliale a légèrement progressé (+5 %).

Toujours en août, le prix médian des unifamiliales s’est établi à 333 000 $, soit 5 % de plus qu’un an auparavant, alors que celui des copropriétés a progressé de 4 %, à 260 000 $, et que celui des plex a bondi de 10 %, à 515 000 $.

« Dans l’ensemble de la région montréalaise, la demande étant en hausse et l’offre en baisse depuis plusieurs mois, les conditions du marché de la revente de propriétés sont de plus en plus serrées et favorisent les vendeurs, et ce, pour toutes les catégories de propriétés », note Mathieu Cousineau, président du conseil d’administration de la CIGM.