Tirelire noire en forme de cochon entourée de points d'interrogation.
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Le coût de la crise de la COVID-19, annoncé par le ministre fédéral des Finances, Bill morneau, a poussé plusieurs économistes à se demander comment ce prix sera payé, rapporte Advisor’s Edge.

Dans son portrait de l’économie, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il s’attendait à ce que le déficit atteigne 343,2 milliards de dollars cette année, ce qui est même supérieur aux prévisions privées les plus élevées (qui ont atteint environ 300 milliards de dollars).

Une avalanche de dépenses pour lutter contre les effets de la pandémie, conjuguée aux effets négatifs des turbulences économiques sur les recettes publiques, alimente le déficit.

Les perspectives du gouvernement reposent sur l’hypothèse d’une baisse du PIB de 6,8 % cette année, avant de rebondir de 5,5 % l’an prochain.

Immédiatement après la mise à jour annoncée par le ministre, les marchés obligataires ont reculé.

« Les négociants d’obligations se sont retrouvés dépassés par des volumes d’émission de dette canadienne plus élevés que prévu », a déclaré la Banque Scotia, notant que les marchés obligataires ont connu des ventes à la suite de l’annonce d’un déficit plus élevé que prévu.

« Cet aperçu fiscal laisse autant de questionnements que de réponses », a déclaré BMO dans une note de recherche.

« Par exemple, qui paiera finalement ce déficit et comment? Que se passera-t-il lorsque les programmes de support massif expireront? À quoi ressemblera la prochaine phase de la politique budgétaire? Les coûts d’emprunt commenceront-ils à augmenter, surtout après une dégradation de la cote de crédit? », a noté BMO.

Pour l’instant, les réponses à ces questions dépendent de la trajectoire du virus, à savoir si une deuxième vague se produira, conduisant à une autre série de dommages économiques.

« Fondamentalement, la reprise économique du Canada dépend de sa capacité à contenir efficacement la transmission de la COVID-19 en fonction du portrait présenté, a déclaré Banque Scotia. Ses perspectives se concentrent principalement sur les risques de baisse liés à une pandémie dans un environnement où les autres risques ne manquent pas, notamment les diverses tensions géopolitiques et commerciales. »

« La bonne nouvelle pour le Canada est que l’incidence des nouveaux cas de COVID-19 diminue, que des mesures strictes de distanciation sociale sont progressivement levées et que les entreprises commencent à rouvrir, a déclaré DBRS Morningstar dans un rapport sur la mise à jour. Cependant, en l’absence d’un vaccin, il existe une possibilité de recrudescence de l’épidémie, ce qui pourrait à terme aggraver la récession et freiner les perspectives de reprise. »

En effet, RBC a noté que la mise à jour du gouvernement « reconnaissait que toute détérioration importante des perspectives du virus représentera un risque important pour les résultats financiers du gouvernement. Cela a également laissé la porte ouverte à davantage de dépenses de relance, même une fois le virus maîtrisé, pour aider à gérer les conséquences à plus long terme de la crise. »

DBRS a déclaré que les conséquences économiques à plus long terme « sont difficiles à discerner à ce stade, mais il est possible que des preuves de dommages structurels émergent à mesure que nous nous rapprochons du quatrième trimestre et en 2021. »