Chaises sur un quai
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Un travailleur canadien moyen doit accumuler près de 11 fois son revenu annuel s’il veut conserver le même train de vie une fois à la retraite, selon un récent rapport d’Aon.

Calculé à l’aide de l’outil Real Deal mis au point par le spécialiste en solutions pour la gestion du risque, ce chiffre (qui est précisément de 10,9) correspond au fait pour une personne d’avoir le même revenu disponible après la retraite qu’avant, en tenant compte des changements dans l’épargne, les impôts, les dépenses médicales et d’autres facteurs.

Le rapport d’Aon montre également que les revenus de retraite des Canadiens proviennent de diverses sources, comme les régimes d’épargne-retraite d’entreprise, les régimes gouvernementaux (Régime de pensions du Canada/Régime de rentes du Québec et Sécurité de la vieillesse) ainsi que l’épargne personnelle. En moyenne, conclut-il, les employés canadiens devraient consacrer 16 % de leur salaire annuel à leur régime d’entreprise et économiser pour leur retraite chaque année dès l’âge de 25 ans.

TRAVAILLER PLUS LONGTEMPS… OU VIVRE AVEC MOINS

Sans épargne personnelle, l’employé canadien moyen (45 ans, salaire annuel de 60 000 dollars, plan d’épargne-retraite de l’entreprise avec 5 % de cotisations salariales et 100 % de cotisations patronales) ne pourra pas atteindre l’objectif de 10,9 fois son salaire, souligne Aon. La seule solution, pour lui, consistera alors à retarder son départ à la retraite jusqu’à 70 ans pour être financièrement prêt, ou alors à revoir ses ambitions à la baisse. Dans cette dernière hypothèse, il devra cependant envisager de réduire son niveau de vie d’environ 30 % pour compenser le manque d’épargne.

Pour les travailleurs plus jeunes, les besoins en matière d’épargne-retraite sont encore plus élevés que la moyenne, relève encore le rapport. En effet, explique-t-il, ceux-ci devront prévoir une période de décumul plus longue en raison de la hausse de l’espérance de vie, ainsi qu’une couverture de frais médicaux plus élevés qui augmentent plus vite que les salaires.

« Le manque de préparation à la retraite est réel pour les travailleurs canadiens. C’est l’occasion pour les employeurs de se poser les bonnes questions. Les niveaux de cotisation sont-ils appropriés et conçus en fonction des objectifs du promoteur du régime? Les employés disposent-ils des ressources nécessaires pour gérer leurs finances et planifier leur retraite? Les employés comprennent-ils les effets de l’inflation des coûts des soins médicaux et autres dépenses liées à la retraite? Il est clair qu’il faut examiner à la fois l’essence des régimes de retraite d’entreprise et les leviers de l’éducation et de l’information », commente Jason Malone, associé principal, Solutions pour la retraite chez Aon.

AMÉLIORER LA PRÉPARATION DE LA RETRAITE

« Chaque employé représente une situation unique et la somme qu’il devrait économiser dépend en fin de compte de ses propres objectifs et ressources, ajoute Émilie Alary, conseillère principale, Solutions pour la retraite, au sein de la firme. Les employés canadiens ont des attentes claires que leur employeur devrait fournir un soutien accru pour leur bien-être financier global et les promoteurs de régime d’accumulation de capital se concentrent sur les domaines qui sont bien harmonisés à cet objectif. »

Permettant de comparer l’accumulation anticipée de l’épargne-retraite (exprimée en multiple du salaire final) à celle nécessaire pour maintenir le niveau de vie d’un employé après sa retraite, Real Deal est utilisé par plusieurs employeurs. Selon Aon, cet outil leur permet, entre autres, d’« améliorer la préparation à la retraite des participants sans en augmenter le coût ». La firme précise que la version américaine de Real Deal est utilisée depuis plus de 10 ans pour aider ses clients à « comprendre l’incidence des différentes conceptions de régimes et structures d’investissement sur l’adéquation des revenus de retraite moyens, en fonction des données de leur propre régime et de la démographie de la population active ».