Courbe indiquant une baisse des marchés
Photo : solarseven / iStock

Les autorités européennes de surveillance (AES) ont publié leur premier rapport d’évaluation des risques depuis le début de la pandémie de COVID-19, soulignant les effets de la crise sur les bénéfices du secteur financier et la liquidité des fonds d’investissement, rapporte Investment Executive.

« Les risques liés à la valorisation, aux liquidités, au crédit et à la solvabilité ont augmenté dans tous les domaines », indique le rapport, ajoutant que le secteur des fonds d’investissement a connu une « détérioration significative » de la liquidité dans certaines catégories d’actifs ainsi que des « retraits substantiels » des investisseurs.

LE DANGER DES BAS TAUX D’INTÉRÊT

Le rapport prévient qu’un environnement de taux d’intérêt extrêmement bas pèsera à long terme sur la profitabilité et la solvabilité des institutions financières.

« Bien que les taux d’intérêt bas soient importants pour soutenir l’activité économique, ils ont un effet négatif sur la rentabilité des banques et restent le principal risque pour le secteur de l’assurance vie et des fonds de pension », indique le rapport, ajoutant que les bas taux augmentent également les risques de valorisation sur le marché des valeurs mobilières alors que les investisseurs sont à la recherche de rendements plus élevés.

Le rapport a également indiqué que les conséquences économiques à moyen et long terme de la pandémie restent très incertaines, laissant les marchés financiers « fragiles ».

« Compte tenu de l’incertitude élevée concernant les développements économiques et du marché, les institutions financières doivent être préparées à d’éventuelles corrections supplémentaires du marché et à une détérioration de la liquidité des marchés financiers », indique le rapport.

Les AES ont appelé les institutions financières et les régulateurs à effectuer des tests de résistance pour évaluer les scénarios de choc potentiels. Pour le secteur des fonds d’investissement, ils ont recommandé une attention particulière à la gestion des liquidités.

« Les banques devraient faire face à une détérioration de la qualité des actifs avec des volumes croissants de prêts improductifs et une augmentation du coût du risque dans un contexte de détérioration macroéconomique », indique l’étude.

Dans ce contexte, il est essentiel que le secteur financier reste bien capitalisé, selon le rapport, qui suggère que les banques utilisent leurs coussins de fonds propres et de liquidités pour absorber les pertes, permettant ainsi de continuer à prêter à l’économie.

Enfin, l’étude met également en évidence les risques opérationnels croissants posés par la dépendance accrue du secteur à l’égard de la technologie pour faire face aux effets perturbateurs de la pandémie. Il appelle les institutions financières et leurs prestataires de services à garantir la sécurité des données, la continuité des activités et à être prêts à faire face à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées.

« Les institutions devraient également accorder une attention particulière à un nombre croissant et aux nouvelles formes de criminalité financière en cette période de grande crise économique », indique le rapport.