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La chanteuse Jennifer Lopez et le joueur de baseball Alex Rodriguez ont investi dans la fintech américaine Acorns, une application d’épargne destinée aux classes moyennes, rapporte le Wall Street Journal dans son édition de lundi.

Aujourd’hui valorisée à 860 millions de dollars, l’entreprise entend démocratiser l’investissement afin que les ménages américains modestes utilisent un jour son application comme « banque alternative » en vue d’économiser pour leur retraite. Outre Jennifer Lopez et Alex Rodriguez, d’autres célébrités du show-business ou du sport ont déjà placé des fonds dans la fintech, dont le chanteur Bono, l’acteur Ashton Kutcher et le joueur de basket-ball Kevin Durant.

Lancée en 2014, Acorns est application mobile « qui arrondit chaque achat par carte bancaire au dollar près et investit les centimes supplémentaires dans des portefeuilles diversifiés » avant de redistribuer les gains ainsi obtenus aux utilisateurs, expliquent Les Échos. Dirigée par Noah Kerner, un homme d’affaires, par ailleurs ancien DJ de Jennifer Lopez, l’entreprise californienne compte actuellement cinq millions d’épargnants. Son objectif : atteindre un jour le cap des 100 millions de clients aux États-Unis et faire en sorte que tous les ménages du pays ayant un revenu familial inférieur à 100 000 dollars utilisent ses services.

« AMENER LES AMÉRICAINS À INVESTIR POUR L’AVENIR »

« Notre but est d’amener les Américains à épargner et à investir pour l’avenir, dans l’espoir d’aider les prochains Kevin Durant ou Jennifer Lopez à y arriver », explique Noah Kerner au WSJ. Assurant que Acorns offre un ensemble simple de produits qui n’imposent pas de frais de découvert ou d’autres pénalités, le p-dg d’Acorns affirme également agir avec « une approche de mission et d’intégrité », ce qui constitue, selon lui, « une grande innovation dans le secteur financier » et le différencie donc de la concurrence. « Je ne pense pas qu’il y ait de meilleur exemple d’une industrie qui a à ce point besoin d’être réimaginée de fond en comble », soutient le dirigeant.

Le pari d’Acorns est cependant loin d’être gagné, estime le Wall Street Journal, car la concurrence est rude. En effet, rappelle le quotidien économique, le produit qu’offre la compagnie n’est pas unique. Il y a une douzaine d’années, Bank of America a par exemple lancé son programme Keep the Change, qui arrondit lui aussi les achats des utilisateurs de cartes de débit au dollar près et transfère la différence dans un compte d’épargne. De même, la plupart des grandes banques américaines possèdent leur propre version d’un outil, conçu par Acorns et d’autres robots-conseillers, qui automatise l’investissement et rééquilibre sans intervention humaine les portefeuilles des clients.

L’incursion de Noah Kerner dans le secteur des services financiers remonte à plus de 10 ans, explique le WSJ, lorsque JPMorgan Chase a engagé l’agence de marketing et de développement de produits qu’il dirigeait pour aider l’institution financière à concevoir et promouvoir une nouvelle carte de crédit afin d’aider les étudiants à assainir leurs finances personnelles.

DES ENTENTES AVEC PLUS DE 350 GRANDES ENTREPRISES

Depuis l’arrivée du dirigeant aux commandes d’Acorns, la compagnie est passée d’environ 220 000 comptes à plus de cinq millions, bien que seule la moitié environ de ses clients épargnent et investissent activement. Si le profil de sa clientèle semble pour l’instant assez hétéroclite, environ 60 % de ses utilisateurs ont moins de 35 ans et un tiers des quelque 700 000 comptes de retraite qu’elle a ouverts depuis avril 2018 appartiennent à des particuliers qui n’en avaient jamais eu auparavant.

D’après le WSJ, Acorns se rémunère en percevant des commissions sur la gestion des comptes et des investissements de ses clients, à hauteur d’un à trois dollars par mois en fonction du nombre de services qu’ils utilisent. La compagnie gagne en outre « des dizaines de millions de dollars par an » grâce aux ententes qu’elle a conclues avec environ 350 entreprises, qui versent chacune de l’argent sur les comptes des utilisateurs lorsqu’ils effectuent un achat chez elles (1 % chez Walmart, 1,2 % chez Apple et 4 % chez Expedia, par exemple, selon Les Échos).