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Les élections de mi-mandat aux États-Unis inquiètent les clients américains quant aux conséquences sur leurs portefeuilles de retraite, mais elles sont aussi l’occasion de discuter de leurs opinions, selon Financial Planning.

Certaines réactions des clients en disent long sur leur façon de penser. « Les émotions entourant les élections peuvent être une sorte d’entrée dans leur vision du monde », signale John Diehl, vice-président d’Hartford Funds. Elles permettent au conseiller d’approfondir sa connaissance de l’histoire des clients, de leurs motivations et des facteurs qui influencent leurs décisions.

Cette connaissance est importante, alors que près de 90 % des investisseurs sondés par Hartford Funds en octobre dernier croient que les élections de mi-mandat affecteront leurs portefeuilles et qu’un peu plus du tiers (38 %) prévoient apporter des changements à leurs placements en réponse aux résultats des élections.

Les craintes des clients face aux conséquences d’un changement de garde politique sur les retraites ne devraient pas affecter les stratégies de placement, estime le dirigeant. L’idée ici n’est pas de privilégier une stratégie en fonction des opinions politiques du client, selon qu’il est démocrate ou républicain.

PARLER DES PLACEMENTS ESG

En revanche, le conseiller pourrait saisir la balle au bond pour engager la discussion avec le client autour de sujets politiques qui ouvrent des pistes intéressantes. Ainsi, il pourrait en profiter pour évaluer son intérêt à investir dans des placements reflétant son engagement politique, par exemple dans des fonds répondant à des principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Le rôle du conseiller, face aux inquiétudes des clients à la perspective d’un changement de gouvernement, est aussi d’agir comme un « disjoncteur », suggère John Diehl. Il peut permettre aux clients d’exprimer leurs préoccupations sur certains sujets, par exemple concernant l’impact de nouvelles politiques fiscales sur des entreprises qu’ils ont dans leur portefeuille.

VOLATILITÉ ET IMPRÉVISIBILITÉ

Une autre crainte répandue touche la volatilité et l’imprévisibilité qui suivent une période d’élections, en particulier en l’absence d’une majorité clairement établie. C’est le cas lors des élections du 8 novembre. Les républicains ont gagné quelques sièges supplémentaires à la Chambre des représentants, mais pas autant que les sondages le laissaient présager, ce qui risque d’engendrer une instabilité politique propre à inquiéter les investisseurs.

Des analyses montrent cependant que les épargnants ont tendance à être moins inquiets lors des élections de mi-mandat que lors d’autres types de scrutin, surtout lorsque les candidats à la présidence sont en lice, car l’attention se concentre alors davantage sur les politiques des candidats vedettes.

Qu’elles soient présidentielles ou de mi-mandat, les élections font rarement une grande différence pour les portefeuilles des investisseurs, tempère John Diehl, en particulier lorsque la probabilité d’un gouvernement divisé réduit le risque de voir apparaître des changements radicaux au niveau fédéral.

ÉCONOMIE ET INFLATION

Ce sont principalement l’économie et l’inflation qui monopolisent l’attention des consommateurs. Selon un sondage Ipsos/Reuter mené en octobre, la situation économique était la première source d’inquiétude d’un électeur sur trois ayant voté lors des élections de mi-mandat de cette année.

John Diehl considère plutôt cela d’un bon œil. Il estime que les clients ont raison de se demander comment des éléments comme l’inflation, la politique de la Réserve fédérale en matière de taux d’intérêt et les perspectives de récession affecteront leurs portefeuilles.

Malgré ces sources de stress, il met en garde les clients contre la tentation de modifier leurs placements de manière impulsive, car les émotions et les décisions d’investissement ne font pas bon ménage. « La meilleure approche en période d’incertitude et de volatilité reste la diversification. C’est pourquoi nous voulons nous assurer que les clients abordent cette saison électorale avec un portefeuille bien réparti », souligne-t-il.

Une bonne stratégie consiste selon lui à inciter les clients à maîtriser leurs émotions et à se concentrer sur les fondamentaux des entreprises qu’ils possèdent déjà ou qu’ils aimeraient acheter. Un conseil qui reste toujours pertinent, que l’on soit en période d’élections ou non.