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Photo : Somsak Chidchawange / 123RF

L’endettement d’Evergrande, géant chinois de l’immobilier, ne manque pas d’inquiéter les marchés mondiaux. Les places boursières jouent dans le rouge, inquiètes de revoir un nouveau scénario à la Lehman Brothers. 

« L’effondrement d’Evergrande serait le plus grand test auquel le système financier chinois ait été confronté depuis des années », notait Mark Williams, économiste en chef pour l’Asie du groupe Capital Economics, dans un document publié au début de septembre. Malgré cela, plusieurs experts et le président du groupe se montrent apaisants, rapporte La Presse.

« La connexion entre les marchés financiers chinois et les autres est moins grande que ce que nous voyons dans le monde occidental », a déclaré la cheffe économiste de l’OCDE, Laurence Boone, récemment.

« L’impact serait relativement limité, mis à part pour certaines entreprises », a-t-elle ajouté précisant que les autorités chinoises avaient la « capacité budgétaire et monétaire pour amortir le choc ». Pour le moment, le gouvernement chinois ne s’est pas prononcé quant à sa possible intervention pour aider le conglomérat avec ses presque 400 milliards de dollars (G$) de dette.

« Un défaut ou une faillite de [China Evergrande Group] ne constitue pas une menace de type Lehman pour la Chine, mais c’est toujours une mauvaise nouvelle pour l’économie, renchérit Art Woo, économiste à la Banque de Montréal, cité par Le Devoir. Cela constituera un frein supplémentaire à la reprise économique du pays, qui souffre de nouvelles épidémies de COVID-19 ces derniers temps ».

Xu Jiayin, président d’Evergrande, a assuré de son côté, sans fournir davantage de précisions, que le groupe « sortirait bientôt de sa période la plus sombre ». Selon lui, les chantiers devraient reprendre rapidement, rassurant ainsi acheteurs, investisseurs, partenaires et institutions financières.

Malgré ce ton rassurant, Laurence Boone a toutefois ajouté qu’une baisse éventuelle de la croissance chinoise impacterait l’économie mondiale, même si ce n’est pas au point de la faillite de Lehman Brothers à l’époque.

VERS UNE AMÉLIORATION 

Malgré la menace de défaut de paiement, Evergrande est parvenu à un accord avec des porteurs d’obligations sur une petite partie de sa dette. Sa filiale, Hengda Real Estate, a ainsi négocié un plan de remboursement d’intérêts sur une obligation à échéance 2025. Cela permettrait au conglomérat d’honorer une échéance de plus de 46 M$ de dollars (232 millions de yuans) sur cette obligation à 5,8 % limitée au marché obligataire intérieur.

Évidemment, il ne s’agit que d’une fraction de la colossale dette auquel le géant de l’immobilier fait face. Evergrande a déjà admis qu’il ne pourrait peut-être pas honorer tous ses engagements. D’autres échéances sont attendues prochainement, mais il est possible que l’annonce de ce remboursement partiel réduise un peu la volatilité et la baisse des marchés, selon Gary Dugan, du cabinet de conseil en investissement Global CIO Office à Singapour.

« Mais pour que la confiance revienne pour de bon, il faudrait que le marché puisse entrevoir des perspectives de restructuration chez Evergrande », a-t-il ajouté à l’intention de Bloomberg.