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Guy Cormier, le PDG du Mouvement Desjardins, prône une alliance entre les acteurs économiques québécois pour garder les sièges sociaux de grandes entreprises au Québec.

En marge d’une allocution devant la Chambre du commerce de l’Est de Montréal, le grand patron de Desjardins a déploré le fait que plusieurs grosses entreprises québécoises soient vendues à l’international.

C’est ainsi le cas de Camso, de Magog, une entreprise de 6500 employés, vendue aux Français, et plus récemment Walter Technologies, fondée en 1952, qui a été vendue à des intérêts ontariens le 21 septembre dernier.

D’autres entreprises québécoises sont susceptibles de connaître le même sort. C’est ainsi le cas de Metro, SNC-Lavalin, CAE et Dollarama, dont seule la moitié des dirigeants a leur bureau au siège social.

Guy Cormier rappelle que Desjardins Capital investit déjà des millions de dollars afin que ces sièges sociaux restent dans la belle province, rapporte le Journal de Montréal. « On identifie nos entreprises à grand potentiel de croissance et on met tout en œuvre, avec des partenaires, pour les garder ici », explique-t-il.

Il se demande si d’autres gros acteurs économiques pourraient également mettre la main à la pâte pour en faire davantage.

« Il y a des Fonds de solidarité, des Caisse de dépôt et placement du Québec, des Investissement Québec, des Mouvement Desjardins. Est-ce qu’on est capable de travaille encore mieux ensemble, avec le gouvernement du Québec, pour se donner une stratégie afin d’être proactif quand arrivent des situations comme ça? » a-t-il demandé lors de son allocution.

OPTIMISTE FACE À L’ALENA

Au cours de la même allocution, Guy Cormier a affirmé penser que les négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) allaient aboutir à une entente, rapporte Le Devoir.

Rappelons que, depuis des mois, les négociations achoppent sur la question de la gestion de l’offre en vigueur au Canada. Considérée comme un irritant par les États-Unis, il s’agit d’un sujet sensible pour les producteurs québécois, d’autant plus qu’ils estiment que celle-ci a été malmenée lors des négociations de libre-échange avec l’Europe quelques années plus tôt.

Les Producteurs laitiers affirment ainsi que l’accord avec l’Europe et le Partenariat transpacifique ont eu comme impact de réduire de 250 millions les revenus du secteur.

La gestion de l’offre contrôle la production de lait, de poulets, de dindons et des œufs tout en limitant les importations. Ce système sert à protéger les producteurs contre les variations de prix.

« Le secteur agricole est extrêmement important pour [Desjardins], affirme Guy Cormier, sensible à la problématique. On a plus de 40 % de parts de marché, une ferme sur deux fait affaire avec le Mouvement Desjardins. Mais je fais confiance au fait que nos gens, au Québec, vont se relever et passer à travers ça. Je demeure positif quant au fait qu’on aura quelque chose de concluant, même pour le secteur agricole. »