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Les signes de récession s’accumulent sur la planète. Mais le plus inquiétant est plutôt l’endettement mondial, qui risque de mettre de l’huile sur le feu et de transformer la récession en crise de liquidités. 

La récession est proche, comme en témoigne l’inversion des courbes de rendement obligataire aux États-Unis et au Royaume-Uni, conjuguée à une baisse du produit intérieur brut en Allemagne et au ralentissement de la croissance en Chine.

Il y a plus d’une chance sur deux qu’une récession intervienne d’ici la fin 2020 si Donald Trump met à exécution ses menaces de tarifs douaniers contre la Chine, selon la firme de notation Moody’s.

À LA MERCI DE LA DETTE…

Mais la question n’est plus de savoir quand aura lieu la prochaine récession… elle est plutôt de se demander quelle sera son intensité, souligne le Financial Post.

Si les décisions politiques peuvent contribuer à déclencher une récession, son intensité dépendra surtout de l’endettement international, affirme le média financier. Celui-ci rappelle que la dette mondiale s’élevait à un record de 184 billions de dollars américains en 2017 – la dernière année pour laquelle ce chiffre est disponible. Ce montant représente 225 % des produits intérieurs bruts… soit 11 points de plus qu’en 2009.

Ainsi, cette lourde dette pourrait servir de carburant à la récession et en empirer les conséquences. Le déclenchement de la future récession pourrait engendrer des défauts de paiement de la part d’entreprises et de gouvernements. Il s’ensuivrait une ruée sur le crédit, provoquant à son tour une crise des liquidités : plus personne ne voudrait acheter quoi que ce soit.

… ET DE LA CRÉATIVITÉ DES BANQUES CENTRALES

L’issue de cette crise pourrait être à l’image de ce que vit le Japon depuis trente ans : une intervention permanente des banques centrales pour contrer la crise de liquidités… avec comme meilleur scénario une expansion économique modérée, voire stagnante.

Cela signifierait que les banques centrales parviennent à être plus créatives que jamais pour éviter une spirale négative, souligne le Financial Post. Or, elles ne disposeront plus de leur arme favorite depuis dix ans, à savoir les bas taux d’intérêt, puisqu’elles n’ont pas réussi à les relever à temps pour affronter la prochaine récession.