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Photo : Andriy Popov / 123RF

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à son niveau actuel mercredi, alors qu’elle s’affaire à mesurer l’ampleur des dégâts attribuables à l’intensification des conflits commerciaux sur les économies nationale et mondiale.

La décision de mercredi, qui était largement attendue par les observateurs, laisse le taux directeur de la banque centrale à 1,75 % et fait suite à un solide rebond de l’économie canadienne au deuxième trimestre.

Cependant, dans la déclaration politique qui accompagnait sa décision, la banque a fait valoir qu’une partie de la vigueur observée au début de l’année serait probablement temporaire, ce qui l’incite à prédire un ralentissement de l’activité économique au second semestre de 2019. En outre, elle a souligné certaines faiblesses, notamment une contraction marquée de l’investissement des entreprises canadiennes coïncidant avec l’accroissement des tensions commerciales.

L’intensification de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pèse davantage sur l’élan économique mondial que ce que la banque avait prédit lors de sa réunion du 10 juillet, a précisé la banque.

« L’économie du Canada tourne près de son potentiel et l’inflation est à la cible », a-t-elle affirmé dans son communiqué, qui contenait ses premiers commentaires publics depuis son rapport de politique monétaire de juillet.

« Cependant, l’escalade des conflits commerciaux et l’incertitude qui en découle pèsent sur les économies mondiale et canadienne. »

Le niveau actuel des mesures de relance reste approprié et la banque continuera à surveiller l’évolution de la situation internationale avant sa réunion du 30 octobre, a-t-elle poursuivi dans le communiqué.

« Pendant que la banque s’emploie à mettre à jour sa projection à la lumière des nouvelles données, le conseil de direction portera une attention particulière à l’évolution de la situation mondiale et à son incidence sur les perspectives de croissance et d’inflation au Canada », a-t-elle conclu dans ses déclarations au sujet de sa décision prévue à la fin du mois prochain.

La banque centrale a souligné que la vigueur inattendue du deuxième trimestre avait été alimentée par les rebonds de la production et des exportations d’énergie. L’activité du secteur du logement a également rebondi plus rapidement que prévu, bien que la banque ait averti que cela pourrait accentuer davantage le niveau d’endettement des ménages, déjà surmenés.

La déclaration a aussi noté que, bien que les salaires aient augmenté, les dépenses de consommation étaient étonnamment faibles au deuxième trimestre.

UNE BAISSE EN OCTOBRE?

Les économistes s’attendaient généralement à que le gouverneur Stephen Poloz laisse le taux inchangé, même si d’autres banques centrales ont commencé à effectuer ou à signaler des réductions.

De nombreux d’entre eux s’attendent en outre à ce que la banque baisse les taux lors de sa prochaine annonce à ce sujet, le 30 octobre, principalement en raison de l’accroissement des risques commerciaux et de la détérioration de l’économie mondiale.

Jeudi, le sous-gouverneur de la Banque du Canada Lawrence Schembri expliquera plus en détail la pensée du conseil de direction lors d’un discours et d’une conférence de presse à Halifax.

Avec sa décision de mercredi, la banque centrale établissait son taux directeur à 1,75 % pour une septième fois de suite. L’économie canadienne a connu une décélération brutale au cours de l’hiver, qui l’a presque vu s’immobiliser.

Dans un rapport publié la semaine dernière, Statistique Canada a indiqué que l’économie avait progressé à un rythme annualisé de 3,7 % au deuxième trimestre, ce qui était supérieur à la prévision de 2,3 % établie par la Banque du Canada.