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La Banque du Canada (BdC) est en voie de perdre de l’argent pour la première fois de son histoire, a reconnu Tiff Macklem, le gouverneur de celle-ci, le 23 novembre dernier. Ainsi, le revenu net, soit la différence entre les revenus d’intérêt provenant des actifs et le coût du service des passifs, deviendra bientôt négatif, rapporte Financial Post.

« Après une période de revenus supérieurs à la moyenne, nos revenus nets d’intérêts deviennent maintenant négatifs, résume le gouverneur de la BdC en affirmant toutefois que la dynamique s’inverserait assez vite.

« L’ampleur et la durée des pertes dépendront en fin de compte d’un certain nombre de facteurs, notamment la trajectoire des taux d’intérêt et l’évolution tant de l’économie que du bilan », détaille-t-il.

Tiff Macklem soutient toutefois que la situation ne changera pas les décisions de la BdC qui seront guidées par ses mandats de stabilité financière et des prix.

Loin d’être inquiétés par la situation, la plupart des économistes rappellent que l’institution n’a pas pour mission de gagner de l’argent.

Pour le moment, le ministère des Finances et la Banque du Canada n’ont pas encore fourni de détails sur la façon dont ils prévoient régler le problème, mais Tiff Macklem reste positif en affirmant qu’il s’attendait à trouver une solution.

Carolyn Rogers, la première sous-gouverneure, temporise la situation en rappelant que nombre d’autres banques centrales sont dans le même cas de figures. Elle envisage déjà de potentielles moyen de régler la situation.

« Ce que (la Réserve fédérale américaine) fait, c’est qu’elle prend les fonds propres négatifs, les transforme en actifs différés et les réduit au fur et à mesure que les bénéfices reviennent », commente-t-elle.

Deux autres options seraient d’étendre la portée de l’indemnité ou de modifier la législation dans la Loi sur la Banque du Canada afin de lui permettre de conserver ses gains pour couvrir les pertes au lieu de les retourner au gouvernement.

Pour le moment, aucune option n’est encore privilégiée, la banque centrale canadienne restant plutôt concentrée sur le retour à l’équilibre des pressions sur les prix.

« Le travail de la Banque du Canada consiste à faire en sorte que l’inflation soit faible, stable et prévisible, souligne Tiff Macklem. Nous sommes encore loin de cet objectif. Nous considérons que les risques entourant notre prévision de l’inflation sont raisonnablement équilibrés. Mais avec une inflation qui dépasse de si loin notre cible, nous sommes particulièrement préoccupés par les risques à la hausse. »