Soleil se levant sur la Grande Muraille de Chine.
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Au cours des cinq prochaines années, les actifs sous gestion chinois doubleront quasiment de volume, ce qui fera de la deuxième économie mondiale un véritable eldorado pour les investisseurs, rapportent Les Échos.

Sur la base des prévisions de Morgan Stanley et Oliver Wyman, le quotidien économique indique en effet que d’ici à 2023, les encours sous gestion chinois devraient passer de 5 300 milliards de dollars l’an dernier à quelque 9 300 milliards. Une croissance qui n’existera nulle part ailleurs sur la planète, souligne-t-il.

Ce dernier ajoute que l’essentiel de cette croissance proviendra des encours gérés dans l’empire du Milieu, qui passeront de 3 800 milliards à 7 000 milliards durant cette période, ce qui représente « un rêve pour toute l’industrie ».

UNE OCCASION EN OR

« La Chine est une opportunité immense. Le marché de la gestion d’actifs est voué à s’y développer, car il y a une véritable volonté d’ouverture, notamment pour encourager l’épargne de retraite », affirme Martin Flanagan, président de la firme de gestion d’actifs Invesco. Toutefois, expliquent Les Échos, plus que l’importance de cette manne, c’est l’intérêt grandissant des épargnants chinois pour la gestion active et ses marges élevées qui attirent les gestionnaires.

En effet, relève le journal, « l’évolution de la réglementation ouvre des opportunités nouvelles pour les gestionnaires d’actifs internationaux ». Plus précisément, alors que durant longtemps ceux-ci ont été contraints de s’en tenir à un rôle de partenaires minoritaires dans des coentreprises locales, ils ont aujourd’hui la possibilité d’y accroître leur poids et même d’en prendre le contrôle.

JPMorgan Asset Management pourrait ainsi devenir la première compagnie occidentale à atteindre cet objectif après la mise en vente, au début du mois, de 2 % du capital de sa coentreprise par son partenaire chinois.

Et d’autres lui emboîteront le pas, prédisent Les Échos, qui avertit cependant les gestionnaires d’actifs intéressés qu’ils « devront trouver leur place dans un marché largement dominé par des acteurs locaux ». La preuve? L’an dernier, la quasi-totalité (95 %) des encours était gérée par des sociétés chinoises, proportion qui pourrait baisser à 90 % au cours des cinq prochaines années, si l’on en croit Morgan Stanley.

LES RISQUES D’UNE GUERRE COMMERCIALE

Même si cette baisse paraît à première vue modeste, elle équivaut quand même à environ 500 milliards de dollars de nouveaux encours et à un chiffre d’affaires de quelque quatre milliards de dollars, comparativement à un milliard aujourd’hui, indique Morgan Stanley. La banque d’investissement ajoute néanmoins que l’augmentation du nombre de gestionnaires d’actifs internationaux sur le marché chinois ne se fera pas du jour au lendemain. Le secteur « a encore du pain sur la planche, en particulier pour assurer son accès aux circuits de distribution », note le groupe financier.

Un autre facteur qui pourrait freiner l’essor des gestionnaires d’actifs dans l’empire du Milieu est que les entreprises chinoises font désormais davantage preuve d’énergie et d’innovation pour défendre leurs parts du marché national.

Enfin, l’environnement réglementaire actuel, encore en pleine évolution, représente un autre défi important pour les groupes occidentaux désireux de s’implanter dans le pays. Malgré tout, Morgan Stanley fait le pari que les nouvelles réglementations à venir et le goût croissant des investisseurs chinois pour les actifs étrangers entraîneront une croissance du marché. À condition, bien sûr, que la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ne dégénère pas.