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Les activités du secteur bancaire parallèle, ou shadow banking, n’ont jamais été aussi florissantes, au point de présenter aujourd’hui un risque pour la stabilité du système financier mondial, rapporte Le Monde.

Le quotidien français s’inquiète notamment du fait qu’un nombre croissant d’actifs financiers « échappent aux acteurs traditionnels » tels que les banques ou les compagnies d’assurances, pour « venir garnir les portefeuilles » de l’univers opaque qu’est le shadow banking system.

Réalisé aux trois quarts par des fonds non traditionnels, des fonds spéculatifs (hedge funds), des fonds d’investissement ou des fonds monétaires, ce secteur a enregistré une progression de 7,6 % entre la fin de 2015 et le 31 décembre 2016, constatait un rapport du Conseil de stabilité financière (Financial Stability Board, ou FSB) publié en mars dernier. À cette époque, les activités du secteur bancaire parallèle pesaient entre 45 000 et 99 000 milliards de dollars américains.

« RISQUE SYSTÉMIQUE CROISSANT »

Or, souligne Le Monde, certaines des activités de ce « monde de la finance fantôme » présentent des risques systémiques importants en cas de nouvelle crise. Un phénomène d’autant plus préoccupant, explique le journal, que ce secteur pèse désormais quelque 45 200 G $US , voire jusqu’à 99 000 G $US , soit 30 % de l’actif financier mondial, si l’on inclut l’ensemble de l’actif financier hors banques, assureurs et fonds de pension.

Surtout présents aux États-Unis (31 %), en Chine (16 %), au Japon (6 %) et dans des paradis fiscaux, en particulier les îles Caïmans (10 %), ces « fonds fantômes » représentent aujourd’hui 13 % du total de l’actif des systèmes financiers des 29 pays qui relèvent de la compétence du Conseil de stabilité financière.

Dans un article publié l’an dernier, la rédactrice en chef du magazine économique suisse Bilan et ex-banquière estimait pour sa part que le risque de crise financière est aujourd’hui largement concentré dans la « finance de l’ombre », à la fois en raison de son poids et du fait qu’elle n’est pas assujettie aux mêmes règles prudentielles que le secteur bancaire traditionnel.

« Toutes ces institutions brassent de plus en plus de dette, sur des bases moins strictes que les banques, corsetées par Bâle III. Pourquoi le font-elles? Parce que les taux d’intérêt bas incitent plus d’un investisseur institutionnel à emprunter bas, pour prêter haut, empochant la différence », expliquait alors la spécialiste.

EN LÉGÈRE BAISSE AU CANADA

« Cette masse de crédits peu ou pas régulés crée un risque systémique croissant », ajoutait-elle, car « toute une cascade de fonds à levier et d’entreprises endettées se retrouveraient insolvables si les taux d’intérêt remontaient » de façon importante.

Au Canada, la part de la « finance de l’ombre » s’élèverait à environ 3 900 G $US (5 338 G $CAN) pour l’année 2016, soit une baisse de 13 % par rapport à l’année précédente. Malgré tout, les institutions qui la composent continuent de posséder plus de 40 % de l’actif détenu par des institutions financières au pays (44,1 % en 2015, comparativement à 45,1 % en 2014).