Main gantée qui tend un appareil de paiement par l'ouverture d'une vitre de protection.
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Les habitudes des consommateurs canadiens ont tellement changé pendant la pandémie de COVID-19 que la mesure de l’inflation de Statistique Canada est devenue moins fiable, suggère une analyse dévoilée lundi.

L’agence fédérale avait précédemment indiqué que l’inflation annuelle avait fléchi de 0,2 point de pourcentage en avril, puis avait reculé de 0,4 point de pourcentage en mai, alors que les mesures de confinement ont freiné les dépenses des ménages.

Mais une nouvelle analyse vient démontrer que les consommateurs dépensaient davantage pour des articles qui ont moins d’importance dans le calcul de l’indice des prix à la consommation (IPC), qui suit l’inflation. De plus, ceux-ci dépensaient moins pour certaines catégories qui pèsent davantage dans la balance, comme l’essence.

Dans le cadre de son « analyse exploratoire des effets de l’évolution des modes de consommation sur les indices des prix à la consommation », Statistique Canada a constaté que l’inflation annuelle aurait été nulle en avril et aurait été de -0,1 point de pourcentage en mai.

Le document précise que si les habitudes peuvent « prédominer pendant un certain moment », les changements doivent être « soutenus pour qu’il y ait une incidence » sur l’inflation annuelle.

Le document de recherche rendu public lundi a été réalisé en partenariat avec la Banque du Canada, qui vise à maintenir l’inflation à 2 %. La cible est exprimée en fonction du taux d’augmentation sur 12 mois de l’IPC. La banque centrale avait prévenu que la tempête économique déclenchée par la crise sanitaire ainsi que de faibles taux d’intérêt auraient un effet sur l’inflation, qui est en deçà de sa cible.

PLUS D’ÉPICERIE, MOINS D’ESSENCE

Les dépenses pour l’essence ont fléchi, étant donné que le prix à la pompe avait plongé et que la fréquence des déplacements en voiture a baissé. Les Canadiens ont moins voyagé, alors qu’ils ont dépensé davantage pour faire l’épicerie.

Statistique Canada doit dévoiler, la semaine prochaine, les données concernant l’inflation en juin.

La Banque du Canada avait signalé en avril dernier que l’inflation serait pratiquement nulle au deuxième trimestre. En raison du niveau d’incertitude provoqué par la pandémie, la banque centrale avait indiqué que le portrait était moins clair pour la suite des choses.

Mercredi, la banque centrale publiera ses perspectives mises à jour.