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Après un rebond très prononcé des marchés et de l’économie, l’optimisme est à l’ordre du jour, mais les économistes ne s’accordent pas tous sur les prévisions, quoi qu’ils soient devenus « assez bons pour suivre la crise de la COVID-19 en temps réel », note le Financial Post.

Frances Donald, économiste en chef mondiale et responsable de la stratégie macroéconomique à Gestion de placements Manuvie, a déclaré lundi que la divergence entre les perspectives de sa profession et les résultats réels n’a jamais été aussi grande.

Par exemple, en avril, la Banque TD a vu l’économie du Canada s’effondrer de 7,5 %. En juin, elle a reporté ces perspectives à une baisse d’environ 6 %, les embauches ayant rebondi plus rapidement que prévu.

L’économiste conseille cependant à ses clients de se préparer à une phase de « décrochage » à partir de la fin de l’été, qui pourrait durer de 6 à 18 mois, selon la rapidité avec laquelle le soutien budgétaire s’amenuise, et en supposant qu’un traitement efficace contre la COVID-19 n’arrive pas plus tôt qu’escompté.

UN CHEMIN TRÈS LONG

La reprise de l’économie mondiale suivra un très long chemin, bien que les mesures de soutien gouvernementales prises par plusieurs pays atténueront le choc, mais ne seront peut-être pas suffisantes pour la reprise à long terme.

« Les faillites d’entreprises s’accéléreront alors que les propriétaires se trouveront à court de moyens pour garder leurs entreprises ouvertes face aux contraintes imposées par la distanciation sociale. Cela pèsera sur l’embauche. Il en sera de même pour les exportations plus faibles et les prix des produits de base plus bas. La reprise mondiale deviendra agitée, à mesure que de nouvelles [éclosions] de COVID-19 imposeront de nouvelles restrictions, comme cela se produit actuellement aux États-Unis », note le quotidien.

Ces évènements surgiront, en partie, à la suite de l’arrêt de certaines mesures prises par le gouvernement pour soutenir l’économie durant la pandémie. La Prestation canadienne d’urgence devrait prendre fin en octobre, alors que les subventions salariales se tariront en décembre. Ceci aura pour effet de ralentir la consommation des ménages et l’investissement des entreprises, tout en causant une croissance du taux de chômage.

UN REBOND EN FORME DE V

« À notre avis, de nombreux économistes sous-estiment la férocité de ce rebond initial en forme de V parce que le discours macroéconomique existant [sous-évalue] l’incidence des politiques budgétaires mises en œuvre, tout en mettant trop l’accent sur les défis qui n’arriveront que plus tard dans l’année », analyse Frances Donald dans une mise à jour économique de mi-année.

La menace d’une deuxième vague pèse aussi sur les pronostics. Même si la fermeture totale de l’économie est improbable, un reconfinement, même local, pourrait causer un report de la reprise et plonger l’économie canadienne et mondiale dans une récession prolongée.